Un projet de loi initié par la N-VA vise à modifier substantiellement le traitement fiscal des casinos terrestres en Belgique.
Une initiative politique controversée
Le 25 février 2026, la N-VA, un parti politique flamand influent, a déposé devant le Parlement belge un texte de loi ambitieux. Aux côtés du bourgmestre de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker, les députés souhaitent revenir sur une réforme fiscale du 1ᵉʳ janvier 2024. Jusqu’à cette réforme fédérale, la taxe régionale sur les jeux de hasard pouvait être déduite comme un coût professionnel par les sociétés de casinos. La décision de la rendre non-déductible, prise sous la précédente coalition dirigée par Alexander De Croo, a été décriée par les exploitants car elle a augmenté de manière significative la pression fiscale pesant sur les établissements terrestres.
Pourquoi cette taxe fait-elle débat ?
En Belgique, la fiscalité des jeux de hasard est une compétence régionale, ce qui signifie que chaque région décide de son taux sur la base du revenu brut des jeux généré par les opérateurs implantés sur son territoire. Cette autonomie fiscale découle des réformes institutionnelles qui ont progressivement transféré de nombreuses taxes vers les régions.
La mesure de 2024, qui a retiré la possibilité de déduire cette taxe comme une charge dans le calcul de l’impôt des sociétés, a été interprétée par les exploitants comme une double peine. Non seulement ils paient une taxe régionale, mais ils ne peuvent plus en réduire la base imposable de leur bénéfice imposable. Selon plusieurs acteurs du secteur, cela renchérit artificialement leur coût d’exploitation, en particulier face à des concurrents opérant sans licence ou depuis l’étranger.
Le soutien des villes côtières
L’initiative de la N-VA n’est pas restée isolée. Plusieurs maires de villes côtières, où se concentrent des casinos terrestres, ont apporté leur soutien. Parmi eux, John Crombez, bourgmestre d’Ostende, figure de proue inattendue du soutien à ce texte. Son appui est d’autant plus notable que son parti politique, Vooruit, est traditionnellement critique envers l’industrie du jeu. Selon lui et ses collègues des communes de Knokke-Heist, Blankenberge et Middelkerke, la mesure actuelle place les établissements légaux dans une position désavantageuse.
Ces communes abritent, avec d’autres villes comme Namur, Bruxelles, Spa, Dinant et Chaudfontaine, les neuf casinos terrestres officiellement autorisés en Belgique.
Malgré le soutien de leaders locaux, le texte rencontre une opposition ferme au sein du gouvernement. Rob Beenders, ministre de la Protection des consommateurs et membre du parti Vooruit, a rejeté l’initiative. Selon lui, des allègements fiscaux ne s’accordent pas avec la politique belge actuelle en matière de jeux.
Les analystes politiques et économiques estiment que le projet de loi a peu de chances d’être adopté dans sa forme actuelle.