La Belgique est-elle pionnière dans la lutte contre la publicité pour les jeux de hasard ou est-elle à la traîne ? Alors que les pays voisins durcissent leurs règles, notre pays a opté pour des restrictions strictes en matière de parrainage et de visibilité. La question se pose de plus en plus souvent : la Belgique fait-elle figure de pionnière ou répond-elle simplement plus rapidement à la même pression ?
Les règles du jeu ont radicalement changé ces dernières années. Alors que les sociétés de jeux d’argent avaient l’habitude d’être très présentes dans le sport et en ligne, le gouvernement a resserré les rênes. La publicité a été sévèrement restreinte et le sponsoring est sous le feu des critiques. Cette situation place la Belgique au centre d’un mouvement européen plus large.
Comparaison entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie
Aux Pays-Bas, la promotion des jeux d’argent via les influenceurs est totalement interdite. La Belgique est sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit de réduire le marketing visible. L’accent est clairement mis sur la protection des mineurs et des jeunes adultes.
L’Italie est allée encore plus loin en interdisant presque totalement la publicité pour les jeux d’argent. Seules les loteries d’État en sont exemptées. La Belgique n’a pas opté pour une politique de tolérance zéro, mais a imposé des restrictions strictes au parrainage et à la visibilité commerciale. À cet égard, elle se situe entre les Pays-Bas et l’Italie.
Le débat ne s’arrête pas là. Des clubs et des sociétés de jeu en Belgique ont intenté une action en justice pour contester l’interdiction de la publicité. Ils affirment qu’une interdiction totale ne dissuadera pas les joueurs, mais pourrait les pousser vers des fournisseurs non agréés.
Le Royaume-Uni et le contrôle en ligne
Le Royaume-Uni est connu pour sa réglementation étendue en matière de jeux d’argent en ligne. L’accent y est mis sur la supervision, le respect des règles et la clarté des conditions d’octroi des licences. La publicité est autorisée, mais selon des règles strictes et avec des avertissements clairs.
La Belgique suit une ligne similaire en termes de contrôle, mais l’associe à des restrictions plus strictes en matière de visibilité dans le sport. Cette politique est donc remarquablement stricte par rapport à d’autres marchés.
Pression européenne et libre circulation
Le débat prend une dimension supplémentaire en raison des règles européennes sur la libre circulation des services. Au sein de l’Union européenne, les opérateurs titulaires d’une licence dans un État membre ne peuvent pas être traités différemment dans un autre État membre. Cela crée une tension juridique lorsque la Belgique impose des restrictions plus strictes.
La pression internationale et les préoccupations sociales concernant les jeunes jouent un rôle majeur. Les médias sociaux, le marketing d’influence et la publicité en ligne font l’objet d’un examen minutieux. Les gouvernements veulent montrer qu’ils prennent des mesures.
La Belgique n’est pas la seule à agir de la sorte. Le pays s’aligne sur une tendance européenne plus large, mais opte pour des limites claires. La question de savoir s’il s’agit d’un travail de pionnier ou d’une réponse logique aux développements internationaux reste un sujet de débat.