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Bruxelles alerte sur le marché illégal des jeux

Le 24 février dernier, à Bruxelles, les Dialogues économiques européens, organisés par CommStrat en partenariat avec le MEDEF, ont réuni responsables politiques, industriels et experts autour d’une question devenue stratégique : l’avenir du secteur des jeux en ligne en Europe.

Un secteur stratégique encore sous-estimé

Réunis à Bruxelles lors des Dialogues économiques européens organisés par CommStrat – Communication Stratégique et le MEDEF, responsables politiques, industriels et experts ont alerté sur les défis majeurs auxquels fait face l’industrie des jeux en ligne. Le constat partagé par les intervenants était clair : l’Europe possède les ressources technologiques et industrielles nécessaires pour s’imposer, mais peine encore à transformer ce potentiel en puissance économique durable.

Les chiffres présentés lors des discussions ont provoqué un électrochoc parmi les participants. Selon les données évoquées par l’AFJEL, près de 71 % du marché européen des jeux en ligne serait aujourd’hui contrôlé par des acteurs illégaux. Le produit brut des jeux concernés atteindrait 80 milliards d’euros, entraînant un manque à gagner fiscal estimé à 20 milliards d’euros pour l’Union européenne.

Réglementer sans affaiblir : l’équation européenne

La première table ronde était consacrée à la simplification économique. Aux côtés de Markus Beyrer et de l’économiste Sylvie Matelly, Isabelle Djian Lignon a plaidé pour un juste équilibre entre réglementation et compétitivité. Selon les représentants du secteur, une sur-réglementation ou une fiscalité excessive risquerait paradoxalement de renforcer les opérateurs illégaux, capables d’échapper aux contraintes européennes.

Les discussions ont également mis en lumière la pression internationale croissante. Face à des acteurs numériques mondiaux souvent implantés hors d’Europe, les entreprises européennes doivent composer avec des cadres réglementaires multiples et parfois contradictoires.

Cybersécurité et données : un enjeu de souveraineté

Lors de la seconde table ronde consacrée à la souveraineté économique, réunissant notamment Fabrice Le Saché, Sophie Batas et l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, un consensus s’est dégagé : la souveraineté numérique européenne dépend aussi de secteurs inattendus. Le jeu en ligne en fait désormais partie.

Lorsque les données financières et comportementales des citoyens européens transitent vers des plateformes non régulées, c’est toute la sécurité numérique du continent qui se fragilise.

Passer du diagnostic à l’action

Tous les intervenants ont reconnu que les analyses existent déjà. Les risques sont identifiés, les solutions connues : coopération transfrontalière, harmonisation réglementaire, lutte coordonnée contre les plateformes illégales et soutien à l’innovation européenne. Mais la mise en œuvre reste lente.

Pour l’European Gaming and Betting Association, qui a relayé les conclusions de l’événement, la compétitivité européenne passe désormais par une coopération renforcée entre États membres.

Sarah C.: Sarah a un regard aiguisé sur les tendances du monde du jeu. Passionnée de sport, elle couvre tous les sujets, du jeu responsable à la législation sur les casinos. Ses articles rendent les sujets complexes accessibles aux lecteurs.
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