Une étude publiée en janvier 2026 par la Keurmerk Verantwoorde Affiliates (KVA) analyse le comportement de recherche en ligne autour de l’expression « casino sans limite ».
Une expression de recherche qui en dit long
Une nouvelle étude publiée en janvier 2026 par la Keurmerk Verantwoorde Affiliates (KVA), organisme spécialisé dans la promotion d’affiliations responsables dans le secteur des jeux d’argent, met en lumière un phénomène d’ampleur : les recherches associées aux casinos sans limite dirigent massivement les utilisateurs vers des offres de jeu illégales.
Les résultats, issus d’une mesure spécifique menée en janvier 2026, montrent que cette requête et ses variantes génèrent un volume de trafic considérable. Plus inquiétant encore, une part importante de cette visibilité profite à des sites qui promeuvent des opérateurs ne respectant pas le cadre légal.
Les chercheurs ont identifié 44 domaines qui répondent en tout ou en partie à la recherche liée aux casinos sans limite. Ces sites apparaissent de façon répétée dans les résultats des moteurs de recherche. Ils orientent tous les internautes vers des offres de jeux d’argent non autorisées. Selon les chiffres publiés, ces domaines cumulent environ 1,39 million de recherches mensuelles uniques provenant des Pays-Bas. Ce volume correspond à une demande active et répétée d’utilisateurs cherchant explicitement des plateformes sans restriction de jeu.
Ce phénomène n’est plus un marché marginal, mais un flux massif de visiteurs exposés à des environnements qui échappent aux garde-fous réglementaires. Dépôts non plafonnés, absence de mécanismes de protection, contrôles d’identité parfois insuffisants : les risques pour les joueurs sont bien réels.
Pourquoi ces sites dominent-ils les résultats ?
La visibilité durable de ces plateformes ne doit rien au hasard. Les sites identifiés utilisent des stratégies de référencement ciblées sur les requêtes liées à l’absence de limites de jeu. Ils produisent des contenus orientés vers les joueurs à la recherche de moins de contraintes : pas de plafond de dépôt, pas de restriction stricte, accès élargi.
Cette stratégie répond à une demande existante, mais elle exploite aussi les failles du classement des moteurs de recherche. Lorsqu’un utilisateur formule une requête précise, l’algorithme privilégie la pertinence apparente. Si les sites illégaux ont optimisé leurs pages autour de ces mots-clés, ils remontent mécaniquement dans les résultats.
Le premier contact de l’utilisateur avec l’offre de jeu passe souvent par un acteur hors cadre. Sans avertissement clair, sans contextualisation réglementaire, sans rappel des risques.
Des effets mesurables des mesures correctives
Tout n’est pourtant pas négatif dans les conclusions du rapport. Les auteurs mettent aussi en avant l’impact de certaines initiatives lancées depuis octobre 2024. La KVA a en effet encouragé ses affiliés et les titulaires de licences partenaires à créer des pages d’avertissement spécifiquement dédiées aux recherches autour des casinos sans limite.
L’objectif est double : occuper l’espace dans les résultats de recherche et fournir une information claire aux internautes. Ces pages ne font pas la promotion du jeu illégal. Elles expliquent le cadre réglementaire, les dangers potentiels et les différences entre offres autorisées et non autorisées.
Selon l’étude, plusieurs affiliés et titulaires de licence liés au KVA apparaissent désormais de manière visible dans les résultats de recherche sur ces requêtes sensibles. Cette présence accrue a un effet concret : elle réduit la part de visibilité des acteurs illégaux et améliore l’information disponible pour les consommateurs. Le rapport note que ces pages informatives contribuent à rééquilibrer le paysage numérique. Lorsqu’un utilisateur cherche une solution « sans limite », il peut désormais tomber aussi sur un contenu d’avertissement structuré plutôt que sur une simple promesse commerciale.
L’approche mise en avant par la KVA ne repose pas uniquement sur la restriction ou le blocage. Elle privilégie aussi la pédagogie. Plutôt que de laisser le terrain libre aux plateformes non autorisées, l’idée est d’investir les résultats de recherche avec des contenus responsables. Des pages explicatives, des avertissements et des ressources neutres peuvent jouer un rôle de filtre informationnel. Elles ne suppriment pas le risque, mais elles redonnent au joueur un contexte pour décider.
Une responsabilité partagée entre acteurs
L’étude insiste sur la nécessité d’une approche combinée. Elle repose sur trois piliers : une politique publique attentive, un suivi actif des résultats de recherche et l’engagement volontaire du secteur lui-même.
La seule réglementation ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée d’une surveillance continue de la visibilité en ligne. Les résultats de recherche évoluent rapidement. De nouveaux domaines apparaissent, d’autres disparaissent, certains changent de stratégie. Sans mesure régulière, le diagnostic devient vite obsolète.
De leur côté, les acteurs du secteur légal disposent d’un levier : produire des contenus fiables, transparents et bien référencés. Cela demande des investissements, mais l’étude montre que l’impact est réel.
La KVA souligne que la coopération entre affiliés responsables et titulaires de licence est un facteur clé. Plus ces acteurs publient des pages d’information solides, plus ils peuvent concurrencer la présence des sites illégaux sur les requêtes sensibles.
Le consommateur au cœur du problème
Au centre de cette dynamique se trouve l’utilisateur final. C’est lui qui formule la recherche. C’est lui qui clique. C’est lui qui prend le risque.
L’étude rappelle que de nombreux joueurs ne distinguent pas clairement, à première vue, un site autorisé d’un site illégal. L’habillage, le langage marketing et les promesses peuvent se ressembler. Sans indicateur clair, la confusion est fréquente, d’où l’importance d’une information accessible dès la page de résultats. Un contenu pédagogique bien positionné peut agir comme une balise. Il ne bloque pas la liberté de choix, mais il éclaire la décision.
Et après ?
La mesure publiée correspond à un instant précis : janvier 2026. Elle offre une photographie détaillée de la situation à ce moment-là. Mais les auteurs reconnaissent que l’écosystème numérique évolue en permanence. De nouvelles mesures seront nécessaires pour suivre les tendances : variation du nombre de domaines visibles, évolution du volume de recherche, progression ou recul des pages d’avertissement, déplacement des stratégies de référencement.
Le rapport met en garde contre toute lecture statique. La lutte pour la visibilité est continue. Les acteurs illégaux adaptent leurs méthodes. Les acteurs responsables doivent en faire autant.
Une chose est sûre : avec plus d’un million de recherches mensuelles menant potentiellement vers des offres non autorisées, le sujet ne peut plus être considéré comme secondaire. Il touche directement à la protection des joueurs et à la qualité de l’information en ligne.