Le Président de la Finlande a officiellement ratifié la nouvelle loi sur les jeux d’argent, scellant la fin du monopole d’État. Dès le 1er juillet 2027, le marché s’ouvrira à la concurrence pour les casinos en ligne et les paris sportifs.
La signature présidentielle apposée ce 16 janvier 2026 sur le Gambling Act, la nouvelle loi sur les jeux d’argent, marque la fin définitive du processus législatif. Après l’approbation du Parlement, cette ratification était la dernière formalité nécessaire pour transformer le projet de loi en réalité juridique. Le texte sera publié prochainement dans les Statuts de la Finlande, l’équivalent finlandais de notre Moniteur belge[CB1] .
Cette réforme met un terme à une incertitude réglementaire. Pour les opérateurs internationaux (Betsson, Kindred, Entain, etc.) le signal est désormais clair : la Finlande n’est plus une forteresse fermée, mais un futur marché régulé à fort potentiel.
Bien que l’ouverture officielle soit fixée à juillet 2027, certaines dispositions fiscales entreront en vigueur dès le1er mars 2026, ce qui va obliger les acteurs du marché à anticiper leur conformité comptable bien en amont.
Un modèle hybride : Ce qui ouvre et ce qui reste
Au lieu d’une libéralisation totale, la Finlande opte pour un modèle hybride pragmatique. L’objectif est de canaliser les joueurs vers une offre légale tout en protégeant les revenus de l’État sur les segments les plus traditionnels.
Le monopole historique, Veikkaus, ne disparaît pas mais voit son périmètre réduit. Voici la nouvelle répartition du marché :
| Segment | Statut après juillet 2027 | Opérateurs autorisés |
| Casino en ligne (Slots, Live) | Concurrentiel | Veikkaus + Opérateurs privés licenciés |
| Paris sportifs en ligne | Concurrentiel | Veikkaus + Opérateurs privés licenciés |
| Loterie & Jeux de grattage | Monopole | Veikkaus uniquement |
| Machines à sous physiques | Monopole | Veikkaus uniquement |
| Casinos terrestres | Monopole | Veikkaus uniquement |
Fiscalité et Licences : Les chiffres clés
Le nerf de la guerre pour les opérateurs reste la fiscalité. Selon les détails du projet validé, le taux d’imposition sur les revenus bruts des jeux (GGR) est fixé à 22 %. Ce taux est considéré comme compétitif en Europe, se situant dans la moyenne haute mais restant viable pour assurer la rentabilité des opérateurs privés.
Le calendrier de mise en œuvre
La transition sera progressive pour permettre à la nouvelle autorité de régulation de se mettre en place :
- Début 2026 : Ouverture de la fenêtre de dépôt des dossiers de licence.
- 1er Mars 2026 : Entrée en vigueur des amendements fiscaux.
- 1er Juillet 2027 : Ouverture officielle du marché.
- 1er Juillet 2028 : Obligation pour les opérateurs B2C d’utiliser uniquement des fournisseurs B2B licenciés.
Une régulation musclée : AML et Protection des joueurs
L’ouverture du marché s’accompagne d’un durcissement des règles. La nouvelle loi intègre des outils de surveillance renforcés pour lutter contre le blanchiment d’argent (AML) et le financement du terrorisme.
Une nouvelle Agence de Supervision (remplaçant le rôle actuel du National Police Board) disposera de pouvoirs étendus pour :
- Bloquer les transactions financières vers les opérateurs illégaux.
- Imposer des amendes administratives lourdes.
- Surveiller les pratiques marketing.
Sur ce dernier point, la Finlande se montre stricte. Si la publicité est autorisée, elle sera très encadrée : interdiction formelle du marketing d’influence, restrictions sur les bonus agressifs et interdiction de cibler les mineurs ou les personnes vulnérables. Un registre centralisé d’auto-exclusion sera également mis en place, obligatoire pour tous les licenciés.
L’échiquier est en place. La course aux licences finlandaises est officiellement lancée.
[CB1]Belgisch Staatsblad en néérlandais