Les Pays-Bas envisagent de relever progressivement l’âge légal des jeux de hasard afin de mieux protéger les jeunes adultes et de lutter contre le marché noir. Lors d’une session parlementaire, le Secrétaire d’État Teun Struycken a proposé une mise en œuvre échelonnée pour éviter que les joueurs ne se tournent vers des plateformes illégales. La montée en puissance du marché noir inquiète les autorités, avec des opérateurs non licenciés captant une part croissante des dépenses des joueurs. Les députés ont également dénoncé le rôle des moteurs de recherche, notamment Google, accusé de tirer profit des publicités pour des casinos illégaux. Une force d’intervention dédiée est en discussion pour mieux encadrer le secteur. Ces mesures s’inscrivent dans une réforme plus large des lois sur les jeux de hasard, avec des ajustements attendus d’ici 2027.
Aux Pays-Bas, le débat sur l’âge légal pour les jeux de hasard s’intensifie. Actuellement fixé à 18 ans pour la plupart des jeux, certains législateurs envisagent de relever progressivement cette limite afin de mieux protéger les jeunes adultes et de lutter contre le marché noir.
Un relèvement progressif de l’âge légal envisagé
Lors d’une session parlementaire tenue le 28 mars 2025, le Secrétaire d’État à la Protection Juridique, Teun Struycken, a proposé une augmentation graduelle de l’âge légal pour certains jeux de hasard, notamment les machines à sous. Cette approche vise à éviter que les jeunes joueurs ne se tournent vers des plateformes illégales. Struycken a souligné qu’une mise en œuvre échelonnée permettrait aux joueurs actuels de continuer à jouer légalement tout en introduisant progressivement des restrictions pour les nouveaux joueurs.
Inquiétudes concernant le marché noir
La croissance du marché noir des jeux de hasard est une préoccupation majeure. Selon des données de la Kansspelautoriteit (Ksa), les opérateurs non licenciés pourraient désormais capter une part significative des dépenses des joueurs, dépassant parfois celles des plateformes réglementées. La députée Rosemarijn Dral du Parti populaire pour la liberté et la démocratie a insisté sur la nécessité d’un renforcement des mesures d’application de la loi, soulignant que les joueurs se tournent vers des plateformes illégales en raison des restrictions imposées aux sites licenciés.
La députée Marieke Wijen-Nass du Mouvement agriculteur-citoyen a mis en lumière le rôle des moteurs de recherche et des entreprises technologiques dans la facilitation des jeux de hasard illégaux. Elle a cité une estimation selon laquelle Google gagnerait environ 20 millions d’euros par an grâce aux publicités pour des casinos en ligne non licenciés.
« Ces plateformes doivent être sensibilisées aux dangers qu’elles font courir aux consommateurs », a-t-elle déclaré.
Proposition d’une force d’intervention dédiée
L’idée de créer une force d’intervention dédiée à la lutte contre les jeux de hasard illégaux a également été discutée. Plusieurs organisations professionnelles ont exprimé leur soutien à cette initiative. La députée Dral a appuyé cette proposition, et Struycken a confirmé que des discussions internes étaient déjà en cours pour établir une telle force.
Ces débats s’inscrivent dans le cadre d’une révision plus large des lois sur les jeux de hasard aux Pays-Bas. Une version actualisée de la loi sur les jeux à distance est attendue au Parlement avant la fin de l’année 2025, avec d’autres réformes prévues jusqu’en 2027. Struycken a réaffirmé que la réforme des licences reste une priorité pour le gouvernement.
Il déclare que « la grande majorité des obligations que nous allons appliquer sont liées à la structure des licences ».