Le ton a été donné à La Haye, aux Pays-Bas. Alors que la Belgique enquête ouvertement et resserre les liens entre la politique et l’industrie des jeux d’argent, les Pays-Bas sont à la traîne. La députée Mirjam Bikker n’a reçu aucune réponse lorsqu’elle a demandé un débat en plénière sur les contacts entre le gouvernement et le secteur des jeux d’argent.
L’enjeu portait sur près de 1 900 documents contenant des communications entre des fonctionnaires, des ministres et des représentants de l’industrie des jeux d’argent. En Belgique, cela aurait justifié un examen parlementaire. Aux Pays-Bas ? La Chambre a rejeté la demande.
La Belgique va de l’avant, les Pays-Bas hésitent
Le gouvernement belge a récemment introduit une interdiction de la publicité pour les jeux d’argent et s’efforce de réglementer plus strictement les jeux d’argent en ligne. Ce sentiment semble moins présent à La Haye.
Des documents néerlandais rendus publics montrent que l’ancien ministre Sander Dekker a eu des contacts intensifs avec le secteur des jeux d’argent avant la légalisation des jeux d’argent en ligne. Les fonctionnaires parlaient entre eux du ministère des Finances comme d’un « club de lobbying des entreprises publiques ». De telles déclarations suscitent des interrogations en Belgique. Dans ce pays, les contacts officiels avec le secteur sont soumis à des règles plus strictes.
La députée continue d’insister
Mirjam Bikker, du ChristenUnie, s’est dite « choquée » par le contenu des documents lors d’une réunion de procédure. Selon elle, un débat ouvert est le seul moyen d’assumer la responsabilité politique. Cependant, elle n’a pas obtenu la majorité pour une discussion en plénière. La question pourrait plutôt être abordée lors d’une réunion de commission.
Mme Bikker n’a pas cédé. Elle a demandé un débat à 30 membres, un outil permettant à une minorité de mettre une question à l’ordre du jour.
« Je continuerai à mettre en avant ce qui a été révélé », a-t-elle déclaré.
Deux pays, deux vitesses
En Belgique, la Commission des jeux de hasard sévit contre les opérateurs de jeux d’argent illégaux. La liste noire s’allonge et les joueurs sont activement mis en garde. Les régulateurs néerlandais prennent également des mesures, mais le débat politique à ce sujet est plus complexe. La tentative de Mme Bikker d’imposer la transparence a échoué, malgré l’importance des documents.
Alors que la Belgique poursuit ses réformes, les Pays-Bas sont pris entre les intérêts, les divisions et l’austérité politique. Si l’on compare les deux pays, on constate principalement une différence de volonté politique.