La Ksa renforce drastiquement sa collaboration avec les fédérations sportives et les clubs professionnels pour faire face aux zones grises persistantes.
L’autorité néerlandaise des jeux (Ksa) continue son travail pour la régulation publicitaire. Elle a renforcé drastiquement sa collaboration avec les fédérations sportives et les clubs professionnels pour lutter plus efficacement contre la persistance de zones grises, notamment lors des rencontres internationales. Le régulateur impose désormais une vigilance absolue sur les maillots et les panneaux publicitaires, traquant la moindre apparition d’opérateurs illégaux, du direct jusqu’aux résumés vidéo.
La Ksa a officiellement notifié l’ensemble des acteurs du sport professionnel néerlandais d’un changement concernant la surveillance des publicités pour les jeux d’argent. Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction de la publicité non ciblée, le régulateur constate que si les titulaires de licence respectent globalement le cadre, les zones de friction se multiplient lors des confrontations européennes impliquant des équipes étrangères.
Une collaboration forcée par la complexité du terrain
Le nerf de la guerre se situe désormais dans la prévention. La Ksa ne se contente plus de surveiller ; elle a adressé des courriers formels à toutes les fédérations sportives pour leur rappeler leurs responsabilités pénales et éthiques.
L’objectif est double :
- éradiquer la promotion des offres illégales,
- et clarifier les situations ambiguës.
Le régulateur a en effet identifié un point de douleur spécifique, de nombreux clubs étrangers arborent sur leur maillot des sponsors légaux dans leur pays d’origine, mais interdits aux Pays-Bas. Pour éviter les sanctions, l’autorité de régulation a mis en place un canal d’assistance pour aider les organisations sportives à interpréter ces règles strictes avant le coup d’envoi.
Les bons élèves : Olympiacos et AZ Alkmaar
L’impact de cette politique coercitive porte déjà ses fruits, comme en témoignent plusieurs rencontres récentes citées en exemple par l’autorité. La conformité technique est devenue un enjeu majeur pour les directions juridiques des clubs.
- Le cas du Volley-ball (Olympiacos Piraeus) : Lors de leur déplacement à Apeldoorn pour affronter Draisma Dynamo en CEV Cup, les Grecs ont joué le jeu en portant des maillots vierges de tout logo d’opérateur de jeux étranger, se conformant scrupuleusement à la législation locale.
- L’ingéniosité lors d’AZ – Jagiellonia Białystok : Ce match de football du 18 décembre illustre parfaitement le respect des règles attendues. Le club polonais, habituellement sponsorisé par un opérateur de jeux, a modifié son maillot. À la place du sponsor habituel figurait le logo d’un site de scores en direct. Le régulateur a validé cette pratique car le logo et le nom diffèrent suffisamment de la marque de l’opérateur de jeux, et surtout, le site de scores ne contenait aucun lien sortant ou référence vers une offre de paris.
D’autres clubs ont opté pour la sécurité maximale en jouant avec des maillots blancs ou arborant uniquement le logo de leur fondation caritative.
Le piège technologique des matchs internationaux
Malgré ces efforts, la Ksa a dû sévir, envoyant des lettres d’avertissement suite aux affiches Ajax – Internazionale et Go Ahead Eagles – Stuttgart. C’est sur ce dernier match que la complexité technique de la régulation s’est révélée la plus piégeuse.
Lors de la rencontre Go Ahead Eagles contre Stuttgart une bannière faisant la promotion d’un opérateur de jeux non autorisé était physiquement présente dans le stade. Elle était tolérée par la Ksa à condition de ne pas être visible lors de la retransmission.
Le diffuseur a respecté cette condition, et avait correctement utilisé la technologie de publicité virtuelle pour masquer le sponsor illégal lors de la retransmission en direct sur le sol néerlandais.
Mais lors de la diffusion des résumés de match, ce sont les images brutes qui ont été utilisées et le sponsor était visible.
Cette erreur technique a suffi pour déclencher une réaction du régulateur. La Ksa a rappelé que l’interdiction s’applique à toute diffusion de contenu, incluant les formats courts et les replays.
Vers une tolérance zéro
L’excuse de la complexité technique ou de l’inadvertance lors du montage vidéo ne sera plus acceptée par la Ksa. Elle exige une vigilance de tous les instants, depuis la signature des contrats de sponsoring jusqu’au montage final des résumés de matchs.
La protection des consommateurs néerlandais contre l’offre illégale prime sur les contrats publicitaires internationaux et les aléas de la production télévisuelle.