Drake et le streamer Adin Ross sont visés par une class-action fédérale déposée en Virginie, les accusant de racket organisé (RICO) via la plateforme Stake.us.
Une nouvelle action collective a été déposée devant le tribunal fédéral de Virginie. Elle ne se contente pas d’attaquer la légalité de Stake.us mais accuse également Drake et Adin Ross d’activités présumées de racket et de fraude à grande échelle.
Le modèle « sweepstakes » au banc des accusés
Au cœur du litige se trouve le mécanisme de double devise utilisé par Stake.us pour opérer aux États-Unis. Contrairement à un casino en ligne classique (interdit dans la plupart des États), Stake.us se présente comme une plateforme de « concours » (sweepstakes).
Pour participer, les joueurs achète des Gold Coins (une monnaie virtuelle) sans valeur réelle. A chaque achat de Gold Coins ils reçoivent des Stake Cash en bonus. Cette monnaie virtuelle peut ensuite être misée et échangée contre des cryptomonnaie réelle.
Les plaignants, deux résidents de Virginie ayant subi des pertes financières, arguent que cette structure est un écran de fumée. Selon eux, Stake.us opère de facto comme un casino illégal, déguisant des mises en argent réel sous des termes juridiques complexes pour contourner les interdictions étatiques.
L’accusation RICO : blanchiment et fermes à clics
Ce qui distingue cette affaire des précédents litiges, c’est l’invocation de la loi fédérale RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act), un texte conçu à l’origine pour lutter contre la mafia.
La plainte allègue que la fonctionnalité de « tipping » (pourboires entre utilisateurs) de Stake a servi de canal financier occulte. Drake, Adin Ross et un associé basé en Australie auraient utilisé ce système pour déplacer des fonds hors de tout contrôle bancaire traditionnel.
L’accusation la plus explosive concerne la destination présumée de ces fonds. Ils auraient été redirigés pour financer des opérations de streaming artificiel, utilisant des bots et des fermes à clics pour gonfler artificiellement les écoutes de Drake sur les plateformes de streaming musical.
Si ces allégations sont prouvées, elles lieraient directement les revenus du jeu d’argent non régulé à une manipulation des algorithmes de l’industrie musicale, créant un précédent juridique dévastateur pour l’artiste.
Le rôle des influenceurs : De la promotion à la complicité ?
Adin Ross, figure controversée du streaming sur Kick, est décrit comme un partenaire clé de cette stratégie.
Ses livestreams, montrant des sessions de jeu à enjeux vertigineux (high-stakes), sont accusés de :
- Banaliser le risque : En présentant des gains massifs souvent financés par la plateforme elle-même.
- Cibler les jeunes : En convertissant une audience jeune et impressionnable en joueurs actifs.
- Créer une fausse perception : En minimisant les risques d’addiction et de pertes financières réelles.
Les plaignants soutiennent que ces actions ne relevaient pas de la simple publicité, mais d’une participation active à une entreprise illégale.