Les joueurs belges disent stop à l’addiction au jeu, pas moins de 70 000 d’entre eux se sont inscrit volontairement sur la liste EPIS.
Chaque mois, la Commission des Jeux de Hasard publie les statistiques actualisées de la liste EPIS (Excluded Persons Information System). Le constat est sans appel, les joueurs belges ont bien compris que le système était là pour les aider, et ils sont de plus en plus nombreux à s’inscrire chaque mois.
EPIS : le rempart belge contre l’addiction au jeu franchit un cap
Selon les dernières données consolidées en février 2026, l’outil de protection EPIS s’impose désormais comme le pivot central de la politique de jeu responsable. La liste a atteint un nouveau record avec 70 349 citoyens belges inscrits sur base volontaire. Avec 35,8 % de l’ensemble des dossiers, la démarche volontaire devient le premier motif d’inscription sur cette fameuse liste noire.
Au-delà des auto-exclusions, le système totalise près de 200 000 dossiers si l’on inclut les interdictions automatiques liées à la profession ou à la solvabilité financière.
Simplification de la procédure avec Itsme
Le succès des auto-exclusions peut s’expliquer par la simplification des procédures. L’intégration de l’application itsme comme standard d’authentification a permis de lever les barrières administratives qui décourageaient autrefois les joueurs en quête de protection.
Une simple connexion sécurisée permet désormais d’activer un bouclier numérique immédiat, interdisant l’accès aux casinos physiques, aux salles de jeux de hasard (classe II) et aux plateformes de jeux en ligne opérant légalement sur le territoire.
Une protection multiforme : au-delà du volontariat
Si l’auto-exclusion capte l’attention, l’écosystème EPIS repose sur un maillage de critères beaucoup plus vaste. Le système agit également préventivement pour des catégories spécifiques de la population.
| Motif d’exclusion | Nombre de dossiers | Part en pourcentage |
| Demande volontaire (Directe) | 70 349 | 35,8 % |
| Règlement collectif de dettes | 59 899 | 30,4 % |
| Interdiction liée à la profession | 58 754 | 29,9 % |
| Procédures judiciaires | 7 736 | 3,9 % |
Selon les informations publiées sur le site de la CJH, près de 60 000 Belges sont actuellement interdits de jeu en raison d’un règlement collectif de dettes. Cette automatisation garantit que les individus en situation de précarité financière ne puissent pas aggraver leur passif dans les établissements de jeux.
Près de 30 % des inscrits le sont au nom de l’éthique professionnelle, une catégorie qui englobe les magistrats, les notaires et les membres des forces de l’ordre.
L’extension imminente aux librairies : un nouveau défi technique
L’actualité d’EPIS ne s’arrête pas aux casinos et aux salles de jeux. Un changement structurel majeur est prévu pour le 1er mai 2026.
À cette date, les librairies (titulaires de licences de classe F2) devront impérativement intégrer le contrôle EPIS pour chaque parieur. Une mesure mise en place pour combler ce que les régulateurs appelaient « la zone grise », où l’anonymat permettait encore aux joueurs exclus de placer des paris sportifs.
Les opérateurs de terminaux de paris en librairie finalisent actuellement la migration de leurs protocoles de communication, abandonnant les anciens services SOAP pour la version REST, jugée plus robuste et rapide pour traiter les requêtes en temps réel.
Cette transition technique est cruciale car elle doit assurer que le contrôle de l’identité ne devienne pas un frein au commerce de proximité tout en garantissant une étanchéité totale du système.
L’efficacité du modèle belge face au marché illégal
L’explosion du nombre d’inscrits sur EPIS relance le débat sur la canalisation du jeu. Si l’augmentation des auto-exclusions témoigne d’une maturité des joueurs, les associations d’opérateurs comme BAGO s’inquiètent de la migration potentielle des joueurs les plus fragiles vers des sites illégaux.
Ces plateformes illégales, souvent basées à Curaçao ou Malte, ignorent tout simplement la liste EPIS et les limites de dépôt hebdomadaires imposées en Belgique. Les joueurs qui se sont auto-exclus n’y sont pas protégés et pourraient facilement plonger dans l’addiction.