New York s’en prend à Roblox et aux jeux d’argent cachés
Sous l’impulsion de la gouverneure de l’État de New York Kathy Hochul, des propositions législatives ambitieuses cherchent à encadrer ou à interdire certaines pratiques similaires aux jeux d’argent au cœur de plateformes comme Roblox.
Une législation née d’inquiétudes concrètes
La plateforme Roblox, qui attire des millions d’utilisateurs mineurs à travers le monde, est aujourd’hui sous le feu des critiques de la gouverneure de New York. Selon le projet présenté début janvier 2026, les pratiques jugées problématiques incluent notamment les loot boxes. Ces achats, souvent effectués avec des devises virtuelles, sont assimilés par certains à une forme de jeu d’argent déguisé, surtout lorsqu’ils sont réalisés par des mineurs sans contrôle parental.
Cette proposition s’inscrit dans une série d’initiatives déjà entreprises par l’administration, visant à renforcer la sécurité en ligne des plus jeunes. Elle évoque notamment des obligations strictes de vérification d’âge, ainsi que des contrôles renforcés des transactions financières pour les utilisateurs de moins de 18 ans. L’objectif est de redonner aux parents le contrôle sur les dépenses de leurs enfants dans les jeux en ligne, en plaçant la responsabilité sur les plateformes elles-mêmes.
Dans plusieurs juridictions à travers le monde, des régulations similaires ont déjà été adoptées ou sont à l’étude, souvent pour les mêmes raisons : protéger les mineurs contre des mécanismes jugés proches du jeu d’argent. Par exemple, plusieurs pays européens exigent des mesures de protection strictes ou des informations transparentes sur les probabilités d’obtention des récompenses dans les loot boxes. De nombreux jeux comme Pokémon Trading Card Game Pocket sont indisponibles en Belgique en raison de leurs mécanismes proches des jeux de hasard.
Au-delà des loot boxes : des mesures pour protéger les enfants
Les préoccupations exprimées par l’État de New York ne se limitent pas aux systèmes de récompenses aléatoires. L’Attorney General de l’État, Letitia James, a également pointé du doigt des risques liés à la sécurité des mineurs lorsqu’ils interagissent sur des plateformes numériques. Selon elle, des environnements tels que ceux proposés par Roblox peuvent devenir insécurisés pour les enfants, en raison notamment des possibilités de contact non supervisé avec des utilisateurs inconnus.
Les mesures proposées incluent des interdictions de contact direct entre mineurs et utilisateurs non liés à leur réseau, ainsi que la désactivation des fonctions de partage de localisation pour tous les utilisateurs de moins de 18 ans. Ces dispositions visent à limiter l’exposition à des comportements potentiellement dangereux, en particulier l’interaction avec des inconnus ou des prédateurs en ligne.
Cette proposition s’appuie également sur des lois antérieures promulguées par l’État, comme celles limitant la collecte et l’utilisation des données personnelles des mineurs ou imposant des étiquettes d’avertissement comparables à celles suggérées par les services de santé publique pour alerter sur les risques potentiels pour la santé mentale.
Pour l’instant, le texte de loi doit encore être présenté à l’Assemblée de l’État de New York avant d’être débattu et éventuellement adopté. Jusqu’à présent, les géants du secteur, y compris Roblox Corporation, n’ont pas publiquement apporté de commentaires détaillés sur ces mesures spécifiques.

