2026 : l’année d’une régulation plus cohérente pour les jeux européens
À mesure que les États européens durcissent leurs cadres nationaux, une dynamique commune émerge : normes techniques partagées, outils de contrôle similaires, usage croissant de l’intelligence artificielle et coopération renforcée entre régulateurs.
Des normes transversales
Pour comprendre la direction prise, il faut d’abord constater que la politique de jeux en Europe ne se déroule plus seulement dans un cadre sectoriel isolé. Les opérateurs européens doivent aujourd’hui se conformer à un ensemble de réglementations horizontales qui ne sont pas spécifiques aux jeux, mais qui influencent profondément leur manière d’opérer :
- Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) qui encadre l’utilisation des données des joueurs.
- Les règles anti-blanchiment d’argent, désormais renforcées dans plusieurs juridictions.
- La loi sur les services numériques (Digital Services Act) qui impose de nouvelles responsabilités aux plateformes en ligne.
- Le futur règlement sur l’Intelligence artificielle (IA Act), qui traitera notamment des systèmes automatisés d’évaluation des risques et des recommandations personnalisées.
Ces normes façonnent déjà un cadre commun, standardisant des éléments clés de la compliance sans pour autant être des lois dédiées au secteur des jeux.
“L’expérience européenne dans les secteurs réglementés montre que l’harmonisation réglementaire aboutit rarement à des mesures politiques descendantes. L’harmonisation juridique est nécessaire, mais insuffisante.”
Des standards volontaires qui deviennent incontournables
La norme EN 17531, par exemple, a été approuvée pour permettre un reporting commun dans la supervision des jeux en ligne. Cette norme n’est pas, à l’origine, obligatoire ; pourtant, elle pourrait devenir une référence incontournable si les autorités de régulation l’intègrent dans leurs processus.
Bjorn Fuchs :
“Lorsqu’il existera suffisamment de normes communes pour les éléments relatifs à la détection des dommages, les systèmes d’IA pourraient très certainement devenir une base pour l’application future de la loi et l’octroi de licences.”
Taxer, contrôler, mais pour quel résultat ?
En 2026, les débats continueront de tourner autour des taxes et de la lutte contre le marché noir, mais plusieurs acteurs insistent sur un fait nouveau : la protection des joueurs et le devoir de vigilance des opérateurs sont devenus indissociables de ces sujets.
L’idée est simple : si les produits légaux deviennent trop contraignants ou moins attractifs, les joueurs pourraient se tourner vers des offres non réglementées, aggravant ainsi le problème que les politiques cherchent à résoudre. Ce mouvement s’observe déjà dans des marchés matures comme la Grande-Bretagne ou le Danemark, où des mesures sévères peuvent désavantager les acteurs autorisés face au marché illégal.
Un autre enjeu majeur tient à la visibilité des offres légales sur Internet. Dans de nombreux pays européens, les joueurs ont encore du mal à distinguer clairement un site agréé d’une plateforme non régulée, en particulier lorsque ces dernières utilisent des formats hybrides pour contourner les définitions traditionnelles du jeu.
Bjorn Fuchs :
“Une réglementation excessive et une fiscalité trop lourde paralyseront les opérateurs légaux, ce qui réduira la protection nette des consommateurs.”
Plusieurs fils se rejoignent aujourd’hui pour montrer que l’Europe va vers une harmonisation technique, opérationnelle et culturelle de la régulation. Standards communs, données partagées, IA et coopération renforcée entre superviseurs représentent les nouveaux leviers d’un marché plus cohérent.

