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Accro aux jeux, il dépouille sa grand-mère de 10 000 €

À Mouscron, une affaire familiale sensible se retrouve devant le tribunal. Un homme dépendant aux jeux de hasard en ligne est poursuivi pour avoir puisé dans les comptes bancaires de sa propre grand-mère, diagnostiquée Alzheimer.

Une confiance familiale transformée en soupçon

Le prévenu, représenté par son avocate et absent à l’audience, est accusé d’avoir siphonné les comptes de sa grand-mère pour un montant d’environ 10 000 euros. Selon la partie civile, l’homme disposait de toutes les données bancaires de la victime sur son téléphone portable. Les opérations financières se seraient multipliées jusqu’à épuiser presque totalement les ressources de l’octogénaire.

L’avocat de la victime a décrit une situation alarmante devant le tribunal :

« On parle de 10 000 €. Il a dilapidé l’intégralité de ce qu’elle possédait. » Il insiste aussi sur la fragilité de la plaignante : « Elle était dans un état de faiblesse manifeste. Elle a été diagnostiquée Alzheimer. Dans les 30 minutes, elle oublie ce que vous lui avez dit. »

À la fin des prélèvements contestés, il ne restait presque rien sur le compte : 48 centimes pour terminer le mois. Une somme devenue symbole de la gravité des faits dénoncés.

C’est le 26 février 2024 que l’affaire prend une tournure officielle. Ce jour-là, la grand-mère se rend à la police avec une assistante sociale. Ensemble, elles constatent des mouvements d’argent répétés au profit du petit-fils.

La procureure retrace la chronologie : des virements sont effectués vers les comptes du prévenu. Les enquêteurs établissent un lien avec son profil financier et son comportement de joueur compulsif. L’argent servirait notamment à régler des dettes auprès de créanciers. Point marquant : les faits ne seraient pas isolés. Un an plus tard, un nouveau dépôt de plainte est enregistré. La situation se répète malgré la première alerte.

L’ombre de l’addiction aux jeux en ligne

Au cœur du dossier se trouve une dépendance aux jeux de hasard en ligne. Le prévenu ne conteste pas cet aspect. Sa défense reconnaît qu’il est accro. Selon le ministère public, cette dépendance a entraîné une spirale financière : pertes d’argent, dettes, pression de créanciers. Dans ce contexte, l’accès aux comptes de la grand-mère aurait constitué une facilité dangereuse.

La procureure ne décrit pas un escroc professionnel, mais un homme pris dans un engrenage. Elle souligne d’ailleurs l’absence d’antécédents judiciaires. Dès lors, elle ne s’oppose pas à une mesure de suspension probatoire ou à une peine de travail, plutôt qu’à une sanction ferme immédiate.

Face aux accusations, la défense dresse le portrait personnel du prévenu. Une enfance compliquée, l’absence du père, une relation difficile avec la mère : le tableau est présenté comme un terrain fragile. Dans ce contexte, la grand-mère aurait joué un rôle clé. Cette relation forte est invoquée pour rappeler qu’on ne parle pas d’un inconnu, mais d’un lien familial ancien. Une proximité qui, selon la défense, rend incompatible l’idée d’une intention frauduleuse froide et calculée.

Autre élément soulevé par la défense : la possible implication de la mère du prévenu. L’avocate affirme que certains virements laissent apparaître qu’elle aurait également eu accès à un des comptes de la grand-mère. Elle évoque aussi un épisode autour d’un véhicule : une voiture appartenant à la grand-mère aurait été récupérée par la mère du prévenu. Pour la défense, ces éléments montrent que l’environnement familial autour des finances de la victime était plus large que le seul petit-fils.

La vulnérabilité de la victime au centre des débats

L’état de santé de la grand-mère occupe une place centrale dans les échanges. Pour la partie civile, il ne fait aucun doute : la victime était en situation de faiblesse. Le diagnostic d’Alzheimer est mis en avant, avec ses conséquences sur la mémoire immédiate et la capacité de suivi des opérations financières.

L’avocate du prévenu soutient que la maladie n’était pas à un stade avancé au moment des premiers faits. Elle rappelle que le diagnostic serait intervenu entre les premiers et les seconds faits reprochés. Elle ajoute un élément destiné à démontrer une certaine autonomie : la grand-mère, âgée de 80 ans, travaille encore quelques heures dans le secteur de la restauration. Pour la défense, parler d’une incapacité totale serait donc excessif. Cette appréciation du degré de vulnérabilité pourrait peser lourd dans la qualification pénale finale.

La demande d’immunité familiale devant le tribunal

La défense s’appuie sur un point juridique précis : l’article 462 du Code pénal, qui prévoit dans certains cas une cause d’excuse absolutoire de parenté en matière de vol. Concrètement, il s’agit d’une forme d’immunité liée au lien familial.

L’avocate demande au tribunal d’appliquer ce mécanisme. Si cette immunité était reconnue, elle pourrait écarter la sanction pénale pour certains faits commis entre proches parents. Et si le tribunal refusait cette interprétation ? La défense sollicite alors une suspension simple, en mettant en avant l’absence d’antécédents, la reconnaissance partielle des faits et le contexte d’addiction.

Un jugement attendu début mars

La grand-mère, selon les déclarations à l’audience, continue d’aimer son petit-fils malgré les faits dénoncés. Une dimension affective qui ne suffit pas à effacer les pertes financières ni le sentiment de trahison, mais qui pèse dans l’atmosphère du dossier.

Le tribunal de Mouscron rendra son jugement le 2 mars.

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Alex explore le monde des casinos à travers des articles informatifs et divertissants. Nourri par une passion profonde pour l'art et la télévision, chaque texte témoigne d'une attention particulière aux détails et d'une quête d’équilibre entre rigueur et créativité. Que ce soit pour démystifier des stratégies de jeu ou raconter l’histoire fascinante des casinos, son objectif est d'informer tout en captivant ses lecteurs.

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