BAGO explique le business méconnu du jeu
L’association BAGO, qui représente les principaux opérateurs de jeux d’argent légaux, défend sa vision d’une industrie à part entière, à la croisée des enjeux économiques, sociaux et politiques.
Un secteur encadré et structuré
Aujourd’hui, les jeux de hasard ne sont plus simplement une activité marginale. Ils constituent désormais une véritable industrie, structurée, réglementée et génératrice de valeur. L’un des éléments clés qui distingue le secteur belge est son niveau d’encadrement.
Depuis la loi du 7 mai 1999, les établissements de jeux sont classés en quatre catégories : casinos, salles de jeux automatiques, débits de boissons et agences de paris. Ce découpage repose sur des critères précis, comme le type de jeux proposés, les montants misés ou encore les gains possibles. Ce système permet d’éviter une dérégulation du marché et de garantir un contrôle strict des activités.
Autre particularité : le nombre limité de licences. En Belgique, seuls neuf casinos sont autorisés, tandis que les salles de jeux sont plafonnées à 180 établissements. Ce mécanisme crée un marché contrôlé, loin d’une logique de libre concurrence totale.
Une contribution significative à l’économie belge
Le secteur privé des jeux de hasard en Belgique emploie directement plus de 2 600 personnes. Mais ce chiffre ne reflète qu’une partie de l’impact réel. En incluant les emplois indirects – sous-traitants, développeurs, techniciens, agences de communication – ce sont environ 10 000 postes supplémentaires qui dépendent de cette industrie.
Les jeux de hasard participent activement à l’économie nationale. Le secteur contribue au trésor public, soutient des projets culturels et s’inscrit dans un tissu économique plus large.
Les chiffres témoignent de cette importance. Une large majorité des joueurs belges se tourne vers des opérateurs légaux, preuve d’une certaine confiance dans le système régulé.
Si le secteur légal est encadré, une part importante de l’activité échappe encore aux règles. Environ 20 % des joueurs fréquentent des sites illégaux. Ces plateformes posent de sérieux problèmes : absence de contrôle, aucune garantie de paiement, pas de vérification de l’âge. Autant de risques qui fragilisent non seulement les joueurs, mais aussi l’équilibre économique du secteur.
Le basculement vers le SPF Économie
Le transfert de la CJH du SPF Justice vers le SPF Économie marque une rupture majeure dans la manière dont l’État belge appréhende ce secteur. Longtemps rattachés à la sphère judiciaire, les jeux de hasard changent désormais de statut : ils ne sont plus seulement considérés comme un enjeu d’ordre public, mais comme une activité économique à part entière, et BAGO salue ce changement.
Ce changement a été formalisé en octobre 2025, lorsque le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi visant à transférer la compétence des jeux de hasard vers le ministre de l’Économie. Une décision confirmée en seconde lecture en décembre de la même année, signe de la volonté politique d’accélérer cette mutation.
Ce transfert est perçu comme une opportunité. Depuis plusieurs années, la CJH fait face à des difficultés structurelles, notamment en matière de recrutement et de fonctionnement. Le rattachement au SPF Justice, déjà fortement sollicité, limite sa capacité à évoluer rapidement. Selon plusieurs acteurs du secteur, cette réforme pourrait permettre une modernisation en profondeur du régulateur, tant sur le plan des moyens que de l’organisation.
Au fond, cette réforme traduit un changement profond dans la manière dont les pouvoirs publics envisagent les jeux de hasard.

