La Belgique lutte contre les jeux d’argent illégaux grâce à des injonctions dynamiques
« Sans une action rapide, nous allons perdre le contrôle », avertissait BAGO en 2025.
La Belgique est en lutte constante contre les sites de jeux d’argent illégaux. Mais des mesures ont été prises pour y remédier.
Le gouvernement prend désormais des mesures avec ce qu’on appelle des injonctions dynamiques : des ordonnances judiciaires qui bloquent non seulement des sites web spécifiques, mais aussi toutes les variantes qui apparaissent par la suite. En 2025, cela a conduit au blocage de 753 URL. Une année record, mais aussi un signal d’alarme.
Une tempête silencieuse sur l’internet belge
Au total, onze ordonnances de ce type ont été rendues l’année dernière par le tribunal de commerce de Bruxelles. Six d’entre elles ont été immédiatement contestées par des tiers : des objections émanant d’entreprises concernées mais qui n’étaient pas parties au procès. Malgré ces procédures, le gouvernement a maintenu le cap.
Près de 60 % des affaires traitées concernaient des jeux d’argent en ligne illégaux. Le reste concernait les droits d’auteur. Selon les chiffres de l’autorité compétente, plus de 265 000 tentatives d’accès à des contenus bloqués par des internautes ont échoué. Ces visiteurs ont été redirigés vers une page d’accueil expliquant les blocages.
L’industrie du jeu actionne le frein d’urgence
Au moment même où le gouvernement prenait des mesures, l’Association belge des opérateurs de jeux (BAGO) avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Selon elle, le secteur légal est sous pression, tandis que les plateformes illégales continuent de se développer sans entrave. Une étude menée l’année dernière montre que 60 % du trafic belge lié aux jeux d’argent en ligne passe par des sites non agréés.
De plus, 20 % des joueurs belges jouent sur ce type de plateformes illégales. Citons par exemple la société de jeux d’argent Stake, qui lance chaque jour de nouvelles URL trompeuses afin de contourner les mesures.
Chez les joueurs vulnérables, ce chiffre est encore plus élevé : 43 % d’entre eux ont indiqué avoir joué illégalement en 2025. Il n’y a ni contrôle d’âge ni limite d’âge. Seuls des bonus alléchants et un clic de souris les séparent du risque.
La législation est en retard sur la réalité
Les prestataires légaux doivent se conformer à des règles de plus en plus strictes. Moins de publicité, des limites plus strictes et pratiquement aucune possibilité de rester visible pour les joueurs. La BAGO avertit que le fait de dissimuler les canaux légaux pousse en réalité les gens vers le marché noir.
Selon le vice-président Emmanuel Mewissen, cette politique manque d’équilibre.
« Un Belge sur cinq joue désormais en dehors du marché réglementé. Demain, ce sera peut-être deux sur cinq. »
Depuis quelque temps, la BAGO réclame un renforcement de la Commission des jeux, une coopération accrue avec le gouvernement et un blocage plus rapide des sites web frauduleux.
La mise en œuvre d’injonctions dynamiques est une mesure positive. Cependant, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.

