La CJH publie ses données financières 2024
Le rapport annuel 2024 de la Commission des jeux de hasard (CJH), couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2024 et approuvé le 23 mars 2026, met en évidence une baisse globale de l’activité.
Les chiffres 2024
Une rupture après des années de croissance
“Pour la première fois en 2024, le secteur accuse un recul de presque 5 %,” constate la présidente Magali Clavie.
Après une décennie marquée par une expansion continue (à l’exception de l’année 2020) le marché des jeux d’argent entre dans une phase d’inflexion.
Le produit brut des jeux, indicateur clé du secteur, atteint 1,61 milliard d’euros en 2024, contre près de 1,69 milliard l’année précédente. Une baisse globale de 4,86 % qui interroge.
Le numérique domine, mais ralentit lui aussi
Le rapport confirme que le jeu en ligne domine désormais largement le marché. En 2024, il représente 57 % du produit brut des jeux, contre 43 % pour le secteur terrestre. Mais pour la première fois en cinq ans, le jeu en ligne ne progresse plus. Il enregistre même une légère baisse de 2,70 %.
C’est du côté des établissements physiques que la baisse générale est la plus marquée. Le produit brut des jeux offline recule de près de 8 % en un an.
Les cafés et les établissements de jeux de classe IV sont particulièrement touchés, avec une chute de plus de 21 %. Les bingos, autrefois très populaires, enregistrent à eux seuls une baisse de près de 25 %. Quant aux machines installées dans les agences de paris, leur recul dépasse 30 %.
Les agences de paris elles-mêmes subissent une contraction importante. Leur produit brut diminue de près de 18 %, dans un contexte de fermeture massive de points de vente. En deux ans, leur nombre est passé de 535 à 408.
Les casinos résistent et tirent leur épingle du jeu
Les casinos sont presque les seuls à afficher une croissance globale, avec une hausse de 3,68 % de leur produit brut. Les salles de jeux automatiques voient une hausse de 4,24 %.
Les paris reculent malgré les grands événements
L’année 2024 aurait dû être favorable aux paris sportifs, marquée par des événements majeurs comme l’Euro de football et les Jeux olympiques. Pourtant, le secteur recule de 6,59 %.
La baisse est particulièrement marquée dans les points de vente physiques (-13,58 %), tandis que les paris en ligne restent relativement stables (-2,11 %).
Les paris sportifs demeurent les plus populaires et enregistrent même une légère hausse de 4 %. En revanche, les paris hippiques chutent de plus de 30 %, et les autres types de paris s’effondrent de près de 45 %.
Moins de joueurs, moins de fréquentation
Au-delà des chiffres financiers, une autre tendance se dessine : la baisse du nombre de joueurs actifs. Le rapport évoque une stagnation, voire une diminution du nombre de nouveaux joueurs en ligne. Dans les établissements physiques, la fréquentation est également en recul.
Des règles plus strictes, un impact réel
L’année 2024 marque aussi l’entrée en vigueur de plusieurs mesures fortes. L’âge minimum pour jouer est passé de 18 à 21 ans. Les bonus ont été interdits. La publicité a été restreinte.
Selon la présidente, ces nouvelles règles “ont eu un impact réel sur l’activité des opérateurs légaux et ont freiné la croissance du secteur.”
Une inquiétude majeure traverse le document : celle d’un déplacement des joueurs vers des plateformes illégales.
Une collecte de données encore perfectible
Le rapport met également en lumière les difficultés rencontrées dans la collecte des données. En 2024, l’absence de personnel dédié a empêché la production d’informations pleinement fiables. Ce n’est qu’après le recrutement d’un collaborateur en décembre 2025 que les données ont pu être consolidées.
Depuis, un nouveau système de collecte trimestrielle a été mis en place. Les opérateurs doivent désormais transmettre leurs données dans un délai d’un mois après chaque trimestre.
Les chiffres de 2024 appellent à la prudence. Entre recul de l’activité, transformation des usages et incertitudes réglementaires, le secteur des jeux d’argent entre dans une phase d’ajustement.

