La polémique autour des blind boxes
Les blind boxes, ces boîtes surprises contenant un objet aléatoire, connaissent un succès fulgurant. Mais s’agit-il d’une forme de jeu de hasard comparable aux jeux d’argent ? Un professeur spécialisé apporte un éclairage sur ce phénomène.
Hasard ou jeu d’argent ?
Le principe des blind boxes est simple : le consommateur achète une boîte sans savoir précisément ce qu’elle contient. À l’intérieur, une figurine, un gadget ou un objet de collection, dont la rareté varie selon une distribution préétablie. Les cartes à collectionner, les pochettes surprises ou encore les jouets dans les confiseries ont longtemps exploité cette mécanique. Mais aujourd’hui, le phénomène a pris une ampleur inédite, notamment grâce aux réseaux sociaux où les vidéos d’ouverture (unboxing) attirent des millions de vues.
Selon Niels Van de Ven, professeur de psychologie de la consommation à l’université de Tilburg, les blind boxes ne sont pas un jeu d’argent. Dans la plupart des cas, ces produits ne remplissent pas les critères juridiques définissant le jeu d’argent. Contrairement à un pari, à une machine à sous ou même à une loot box virtuelle, l’acheteur d’une blind box reçoit systématiquement un produit.
Une frontière pourtant floue
Mais tout n’est pas si simple. Si la majorité des blind boxes échappent à la définition du jeu d’argent, certaines pratiques se situent dans une zone grise.
Le problème surgit lorsque la valeur des objets varie fortement. Une figurine rare peut valoir bien plus que son prix d’achat, tandis que les modèles courants ont une valeur marchande faible. Ce déséquilibre introduit une dimension spéculative.
Niels Van de Ven reconnaît que dans certains cas spécifiques, notamment lorsque l’accent est mis sur la rareté et la valeur, la comparaison avec le jeu devient plus pertinente.
Un autre élément clé réside dans les stratégies marketing. Les fabricants mettent souvent en avant les objets les plus rares, créant une attente disproportionnée chez les consommateurs. Les probabilités d’obtenir ces objets sont parfois indiquées, mais rarement mises en avant.
Les plateformes numériques amplifient ce phénomène. Les vidéos d’ouverture, les réactions enthousiastes et la mise en scène du hasard contribuent à renforcer l’attrait des blind boxes.
Un public vulnérable ?
Les critiques pointent du doigt l’impact potentiel sur les mineurs. Niels Van de Ven reste prudent. Il estime que, bien que des similitudes existent avec certains mécanismes de jeu, les blind boxes ne doivent pas être assimilées automatiquement à des jeux d’argent.
Cependant, il reconnaît que la répétition des achats, motivée par la recherche d’un objet rare, peut poser problème.
Entre passion et controverse
Pour de nombreux consommateurs, les blind boxes représentent avant tout un loisir. Le plaisir de collectionner, d’échanger et de découvrir de nouveaux objets reste au cœur de l’expérience. Mais pour d’autres, elles soulèvent des inquiétudes légitimes. Le mélange entre hasard, marketing et valeur perçue crée une dynamique qui mérite d’être surveillée.

