1 Flamand sur 3 joue aux jeux d’argent
Une synthèse récente de données publiée par le centre d’expertise flamand sur l’alcool et les drogues montre la participation de la population aux jeux d’argent, l’évolution des pratiques et la montée rapide des jeux en ligne.
Une pratique ancrée dans la société flamande
Les jeux d’argent font partie du paysage social depuis longtemps en Belgique, mais leur ampleur réelle reste souvent méconnue. Une récente synthèse statistique publiée par le centre d’expertise flamand sur l’alcool et les drogues révèle l’étendue du phénomène en Flandre et en Belgique.
Selon ces données, plus d’un adulte sur trois a participé à au moins un jeu d’argent au cours de l’année écoulée. Si la plupart des joueurs pratiquent occasionnellement, une minorité développe des comportements problématiques. L’étude montre également que le secteur connaît des transformations rapides, notamment avec l’essor des plateformes en ligne et l’influence des grands événements sportifs.

Un tiers des adultes joue au moins une fois par an
Les données les plus récentes indiquent qu’environ 34 % des adultes ont participé à un jeu d’argent au moins une fois au cours de l’année. Parmi eux, 7 % déclarent jouer chaque semaine. Les hommes sont nettement plus nombreux à participer à des jeux d’argent, et la tranche d’âge la plus représentée se situe entre 45 et 54 ans.
Loteries et jeux traditionnels dominent encore
Malgré l’explosion du numérique, les formes de jeu les plus populaires restent étonnamment traditionnelles. Les loteries arrivent largement en tête : environ 32 % des adultes déclarent y participer. Cela s’explique par le fait qu’elles sont faciles d’accès, souvent peu coûteuses et perçues comme relativement inoffensives.
Les jeux pratiqués dans des lieux physiques — casinos, salles de machines à sous ou points de vente — restent également très présents. Environ 29 % des adultes déclarent avoir joué hors ligne au cours de l’année.
En 2018, environ 10 % des adultes déclaraient avoir joué sur Internet au cours de l’année. Cinq ans plus tard, cette proportion a presque doublé pour atteindre 18 %.
Les grands événements sportifs jouent un rôle déterminant. Lors du championnat d’Europe de football en 2024, plus de 108 000 nouveaux comptes de joueurs en ligne ont été créés. Durant cette compétition, les mises ont atteint des montants considérables : environ 266 millions d’euros ont été pariés en ligne, contre 58 millions d’euros dans les points de vente physiques. Quelques semaines plus tard, les Jeux olympiques ont eux aussi stimulé l’activité. Les parieurs ont misé environ 104 millions d’euros sur Internet et 23 millions d’euros dans les circuits traditionnels.
Les jeunes face aux premiers contacts avec le jeu
La pratique des jeux d’argent ne concerne pas uniquement les adultes. Les enquêtes menées dans les établissements scolaires offrent un aperçu des habitudes chez les adolescents.
Les résultats montrent que certains jeunes expérimentent déjà les jeux d’argent, bien que la loi limite l’accès à ces activités. Dans les enquêtes scolaires récentes, environ 9 % des élèves déclarent avoir acheté un ticket à gratter. Environ 5 % disent avoir participé à une loterie et 5 % ont déjà effectué des paris sportifs.
Les chercheurs observent toutefois une tendance intéressante. La participation des jeunes aux loteries et aux tickets à gratter a diminué par rapport à la décennie précédente, signe que les habitudes évoluent.
Quand le jeu devient un risque
Si la majorité des joueurs ne rencontre pas de problème particulier, les spécialistes rappellent que les jeux d’argent peuvent entraîner des conséquences graves. Les études estiment qu’environ 3 % de la population adulte présente un risque de dépendance au jeu. Les jeunes adultes apparaissent particulièrement vulnérables : chez les 18-24 ans, la proportion de personnes à risque atteint environ 6 %.
Pourquoi cette tranche d’âge est-elle plus exposée ? Les experts évoquent plusieurs facteurs : impulsivité plus élevée, accès facile aux applications de paris et forte présence des jeux d’argent dans l’environnement numérique.
Les spécialistes insistent sur un point essentiel : les problèmes de jeu ne résultent pas d’une seule cause. Selon les chercheurs, ils sont le résultat d’une interaction entre plusieurs facteurs : les caractéristiques du jeu lui-même, le profil psychologique du joueur et l’environnement social dans lequel il évolue.
La conception des jeux, par exemple, peut influencer le comportement des joueurs. Les systèmes de récompense rapides, les notifications sur les téléphones ou les promotions peuvent encourager des sessions de jeu répétées.
De leur côté, les facteurs personnels — stress financier, isolement social ou recherche de sensations fortes — peuvent également augmenter le risque.
Enfin, l’environnement joue un rôle crucial. La visibilité croissante des paris sportifs, notamment lors des compétitions internationales, contribue à banaliser ces pratiques.
Entre divertissement et enjeu de santé publique
Les autorités publiques et les organisations de prévention s’interrogent de plus en plus sur les conséquences sociales des jeux d’argent.
Les campagnes de sensibilisation se multiplient afin de rappeler que les jeux d’argent ne sont pas toujours aussi inoffensifs qu’ils le paraissent. Des chercheurs ont récemment recommandé plusieurs mesures au gouvernement afin de traiter le jeu comme un enjeu de santé publique.

