Scandale : une athlète française suspendue pour un pari
Dans un dossier sans précédent, une athlète française de haut niveau a été sanctionnée pour avoir placé un pari sportif sur une compétition de son sport.
Une championne française dans la tourmente
Aurore Fleury n’était pas une inconnue du monde de l’athlétisme : double championne de France du 1 500 m, elle s’était illustrée sur les pistes nationales et européennes, mais n’avait pas participé aux Jeux olympiques. Mais c’est hors des stades que sa carrière a pris un tournant inattendu.
Selon la décision publiée par l’Athletics Integrity Unit (AIU), l’organisme chargé de faire respecter le code d’intégrité de World Athletics, Fleury a parié sur la victoire de sa compatriote Alice Finot lors de la finale du 3 000 m steeple des Championnats d’Europe d’athlétisme à Rome le 9 juin 2024.
Le pari a été gagnant, puisque Finot est bien sortie victorieuse de l’épreuve, mais les règles sont claires et strictes : tout pari lié à une compétition d’athlétisme, même sans implication directe du parieur dans l’événement, est interdit pour les athlètes.
Une règle d’intégrité face à la tentation des paris
Les autorités de World Athletics et l’AIU rappellent que l’intégrité du sport repose sur la confiance du public dans le résultat des compétitions. Autoriser les participants à parier sur des événements liés à leur discipline – même sans manipulation du résultat – introduit un risque perçu de conflit d’intérêt.
Dans ce contexte, l’AIU a considéré que l’action de Fleury constituait une violation des règles sur la manipulation de compétition, même s’il n’existait aucune preuve qu’elle ait tenté d’influencer le résultat ou de corroder l’esprit de l’épreuve.
La sanction et ses objectifs
La peine infligée à Aurore Fleury se compose de deux volets :
- Une suspension de six mois, qui la tient éloignée des compétitions jusqu’au mois de mars 2026.
- Une amende, dont le montant a été fixé de façon équivalente aux profits réalisés grâce au pari. Cette somme doit être reversée à une œuvre caritative.
Fleury devra également suivre une formation sur la prévention de la manipulation des compétitions, indiquée comme une mesure éducative complémentaire dans la décision de l’AIU.
L’affaire Aurore Fleury restera sans doute dans les annales comme un tournant dans la lutte contre l’impact des paris sportifs sur l’intégrité du sport individuel.

