« Une amende et une fuite éclair » – L’affaire Qbet met en évidence un problème pour la Commission des jeux de Belgique
On dirait une fuite. À peine un jour après une amende record de près de 25 millions d’euros, la société mère derrière le site de jeux d’argent Qbet a disparu de Curaçao. Cette nouvelle met une nouvelle fois en lumière un problème épineux : les casinos en ligne peuvent déménager à la vitesse de l’éclair, tandis que les autorités chargées de l’application de la loi sont à la traîne. Pour la Belgique aussi, c’est une histoire familière et frustrante.
Une amende de plusieurs millions d’euros et un départ immédiat
En début de semaine, la Kansspelautoriteit a infligé une lourde sanction à Novatech Solutions, la société derrière Qbet. Le casino en ligne opérait sans licence sur le marché néerlandais, bien qu’il détienne une licence de Curaçao.
Ce qui s’est passé ensuite s’est déroulé à une vitesse remarquable. Selon l’expert en jeux d’argent João Mar, Novatech Solutions a été radiée de la Chambre de commerce de Curaçao le 11 mars 2026. C’était juste un jour après que l’amende ait été rendue publique.
Pourtant, Qbet reste actif en ligne. Le site web fait toujours référence à une licence de Curaçao valide. On ignore où la société s’installe désormais. De nouveaux emplacements possibles, tels qu’Anjouan ou le Belize, ont été évoqués, mais il n’existe aucune preuve concrète.
Un schéma familier qui touche également la Belgique
Ce genre de manœuvres n’a rien de nouveau. Les opérateurs de jeux d’argent s’installent souvent dans des pays où la réglementation est plus souple et déménagent dès que les autorités de régulation interviennent. C’est exactement ce qui s’est passé auparavant avec Lalabet, qui a quitté Curaçao à la suite de sanctions et a poursuivi ses activités sous un autre nom.
Cela concerne particulièrement la Belgique. La Commission des jeux de hasard belge applique des règles strictes et tient une liste noire, mais le recouvrement des amendes auprès d’entreprises étrangères s’avère difficile dans la pratique. Dès qu’une entreprise change de juridiction, la surveillance devient floue et l’application de la loi se complique.
Il est frappant de constater que Qbet ne figure pas actuellement sur la liste noire belge. Cela ne signifie pas que le problème n’existe pas, mais plutôt que la réalité des sites de jeux d’argent internationaux évolue plus vite que la réglementation ne peut suivre.
Un système à la traîne
L’affaire Qbet montre à quel point le secteur évolue rapidement. Des entreprises disparaissent, réapparaissent ailleurs et continuent entre-temps à atteindre les joueurs. Les régulateurs réagissent, mais se retrouvent souvent à courir après le temps.
Pour des pays comme la Belgique, où les règles sont strictes mais où les frontières numériques s’estompent, cela reste un problème persistant sans solution facile.

