Brut révèle comment l’interdiction volontaire protège un joueur excessif
En diffusant le témoignage d’un joueur excessif ayant choisi l’interdiction volontaire de jeux en partenariat avec l’Autorité nationale des jeux (ANJ), Brut a mis en lumière une réalité encore trop souvent tue.
Un témoignage brut pour dire l’addiction sans détour
La force du témoignage diffusé par Brut tient à sa sobriété. Bilel, un ancien joueur excessif, raconte son parcours et ses difficultés. Ce récit, relayé par l’ANJ, donne à voir ce que vivent de nombreux joueurs confrontés à une addiction : la perte de contrôle, la honte, la solitude, et surtout la difficulté à demander de l’aide.
L’addiction de Bilel commence avec quelques gros gains dans les casinos physiques qu’il visite de plus en plus fréquemment. La honte de souvent croiser des connaissances au casino le pousse à commencer les paris sportifs en ligne, plus discrets car cachés sur son téléphone. C’est après avoir perdu l’entièreté de son salaire en une nuit qu’il se rend compte de la gravité de sa situation et décide de s’interdire de jeu. Cela fait 3 ans qu’il n’a plus joué, et il peut désormais se désinscrire du registre d’interdiction, mais il a décidé d’y rester.
L’interdiction volontaire de jeux, un dispositif de protection
L’interdiction volontaire de jeux est un outil central de prévention et de protection. Elle permet au joueur de se mettre à distance des jeux, en s’inscrivant de son propre chef sur un fichier dédié. Ce choix marque souvent un tournant. Dans le témoignage relayé par Brut, il est présenté comme une décision difficile mais nécessaire, un premier pas vers la reconstruction.
Les chiffres communiqués par l’ANJ témoignent d’une prise de conscience croissante. Aujourd’hui, 88 000 personnes sont inscrites sur le fichier des interdictions volontaires de jeux, soit une progression de 25 % au cours des deux dernières années. Cette augmentation traduit à la fois l’ampleur du phénomène de l’addiction aux jeux d’argent et une meilleure connaissance du dispositif.
Ce mouvement n’est pas uniforme tout au long de l’année. L’ANJ observe que le mois de janvier concentre le plus grand nombre de demandes d’inscription, dans le sillage des bonnes résolutions, où certains joueurs décident de reprendre le contrôle après des périodes parfois marquées par des excès.
Malgré la dureté du récit, le témoignage relayé par Brut porte aussi un message d’espoir. Le choix de l’interdiction volontaire de jeux est présenté comme un acte de protection, une reprise de contrôle sur une pratique devenue envahissante. L’ANJ voit dans cette démarche un levier concret pour accompagner les joueurs excessifs.
Comment s’interdire de jeu en Belgique ?
Le pays s’est doté depuis plusieurs années d’un système centralisé d’exclusion des joueurs nommé le système EPIS, pour Excluded Persons Information System. Ce fichier national recense toutes les personnes interdites de jeux d’argent sur le territoire belge.
La démarche volontaire permet à toute personne estimant avoir perdu le contrôle de sa pratique de demander son exclusion. Cette interdiction ne se limite pas au jeu physique. Elle s’étend également aux plateformes numériques, ce qui renforce considérablement son efficacité. L’exclusion peut aussi être imposée à la suite d’une décision judiciaire ou administrative
Certaines catégories professionnelles sont automatiquement interdites de jeux d’argent, sans démarche volontaire. C’est le cas par exemple des magistrats, des huissiers ou encore des policiers. Cette mesure vise à prévenir les conflits d’intérêts.
Pour s’interdire de jeu, il suffit de visiter le site de la Commission des jeux de hasard et de remplir un formulaire électronique. Ce site contient aussi des ressources utiles pour les personnes souffrant de problèmes de jeux.

