“Le marché noir double le secteur légal » : l’Europe et la Belgique tirent la sonnette d’alarme sur les jeux d’argent en ligne illégaux
Une économie cachée de plus de 80 milliards d’euros. C’est l’estimation de ce qui circule chaque année en Europe dans le domaine des jeux d’argent en ligne illégaux. Pour la première fois, les régulateurs de Belgique, de France, d’Allemagne, d’Espagne et de Grande-Bretagne, entre autres, tirent conjointement la sonnette d’alarme.
Selon les chiffres, ce marché noir dépasse de plus de deux fois le secteur légal. L’impact ? Des milliards de recettes fiscales perdues, mais surtout des dommages invisibles pour les consommateurs qui pensent jouer en toute sécurité.
La Belgique s’inquiète également
La Commission des jeux de hasard de Belgique se joint à l’inquiétude internationale. Elle a déjà mis en garde contre le nombre croissant de sites web illégaux ciblant les joueurs belges, souvent avec des campagnes publicitaires en néerlandais et sans aucune protection de l’utilisateur.
Bien que la Belgique ait introduit des règles strictes en matière de publicité pour les jeux d’argent, les opérateurs illégaux étrangers les contournent sans difficulté. En coopération avec ses collègues européens, l’autorité de surveillance belge tente à présent de mieux lutter contre ces pratiques transfrontalières.
Les réseaux sociaux, un catalyseur insaisissable
Le rôle des plateformes comme Meta ajoute à la complexité de la situation. On estime que d’ici 2024, environ 10 % de leurs recettes publicitaires proviendront de produits interdits, dont les jeux d’argent. Les autorités belges appellent donc à un contrôle plus strict des publicités pour les jeux d’argent, en particulier lorsqu’elles ciblent les jeunes par l’intermédiaire d’influenceurs.
Les opérateurs illégaux utilisent des personnalités connues sans respecter aucune règle. Alors que les opérateurs belges réglementés doivent respecter des cadres stricts, d’autres s’appuient sur la notoriété et l’obscurité. Cela fausse non seulement le marché, mais aussi la confiance.
Le manque de connaissances fait le jeu des opérateurs illégaux
De nombreux acteurs ne savent pas comment vérifier si un fournisseur est titulaire d’une licence. Selon les régulateurs européens, y compris le régulateur belge, il s’agit d’un problème majeur. Les plateformes légales font parfois l’objet d’une méfiance injustifiée, tandis que les sites illégaux ont le champ libre.
C’est pourquoi l’accent n’est plus seulement mis sur les blocages ou les amendes, mais aussi sur la sensibilisation. Pour protéger les joueurs, il faut d’abord savoir ce qui est légal et ce qui ne l’est pas.

