«Les sites illégaux mettent les joueurs en danger» – Arno Rutte tire la sonnette d’alarme
Le marché légal des jeux d’argent est sous pression, tandis que le marché illégal croît. Le secrétaire d’État néerlandais Arno Rutte s’inquiète. Les gros parieurs, en particulier, cherchent leur salut en dehors de l’offre autorisée.
Dans ses réponses aux questions parlementaires, Arno Rutte, secrétaire d’État néerlandais, parle d’une menace sérieuse pour la politique néerlandaise des jeux de hasard.
Des règles strictes poussent les joueurs vers le marché noir
Selon Rutte, la régulation au sein du marché légal fonctionne en partie comme prévu : les joueurs perdent en moyenne moins d’argent et le nombre d’interventions augmente. Mais ces mêmes mesures poussent aussi certains joueurs à décrocher. Les limites de jeu, les contrôles plus stricts et les taxes plus élevées rendent le jeu légal moins attrayant pour eux.
Une partie de ce groupe se tourne vers des fournisseurs illégaux, où les règles sont quasi inexistantes. Et c’est précisément ce que Rutte veut éviter.
La Kansspelautoriteit (Ksa), l’homologue néerlandais de la Commission des jeux de hasard belge, constate que seul un faible pourcentage de joueurs est actif chez des parties non autorisées, mais qu’ils y perdent de grosses sommes. Les risques d’addiction, de fraude et d’abus y sont bien plus élevés.
L’application de la loi court après les faits
Le problème n’est pas seulement que les joueurs partent ailleurs, mais aussi que le gouvernement a trop peu de moyens pour s’attaquer efficacement aux sites de jeux illégaux. Les parties étrangères, surtout, sont difficiles à arrêter. La Ksa ne dispose guère de possibilités juridiques pour mettre des sites hors ligne.
Les sites web avec des domaines .nl peuvent être déconnectés via le SIDN sous certaines conditions. Mais pour les sites étrangers, c’est pratiquement impossible sans législation supplémentaire.
C’est pourquoi Rutte travaille sur un projet de loi qui doit donner plus de force de frappe à la Kansspelautoriteit. L’objectif est que le régulateur puisse bientôt bloquer une offre illégale en une journée. Il prévoit de présenter les premiers contours de ce plan ce trimestre.
Les jeunes et les joueurs à risque particulièrement vulnérables
Les inquiétudes vont au-delà de l’argent. Le secrétaire d’État pointe aussi l’accessibilité des sites de jeux illégaux pour les jeunes. Le contrôle de l’âge fait souvent défaut. Les jeunes et les groupes vulnérables peuvent y jouer sans entraves.
Il met également en garde contre la publicité clandestine via des termes de recherche comme «meilleur casino sans Cruks» et le recyclage d’anciens domaines en pages de jeux illégales. La Ksa ne se concentre donc pas seulement sur les fournisseurs eux-mêmes, mais aussi sur les sociétés de marketing, les services de paiement et les services d’hébergement.
Selon Rutte, il est temps d’adopter une approche large : moins d’espace pour les fournisseurs illégaux, une meilleure protection au sein de l’offre légale et une coopération avec d’autres pays. Ce n’est qu’ainsi que la politique néerlandaise des jeux de hasard restera debout.
Qu’en est-il de la Belgique ?
Les sites de jeux illégaux continuent de défier la Belgique, mais le pays fait désormais de grands pas dans la lutte contre ce phénomène.
Le gouvernement opte pour ce que l’on appelle des injonctions dynamiques (dynamic injunctions) : des ordonnances judiciaires qui ne visent pas seulement un site web, mais peuvent aussi bloquer automatiquement de nouvelles variantes. En 2025, cela a abouti à 753 URL bloquées. Un record, et un signal que la bataille est encore loin d’être terminée.

