Marchés de prédiction : l’alerte de l’ANJ
Les plateformes de marchés de prédiction connaissent un essor rapide. Mais en France, ces sites ne sont pas autorisés à proposer leurs services. L’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) met en garde contre des opérateurs illégaux qui exposent les joueurs à des risques importants.
Une position claire de l’ANJ
Depuis plusieurs années, les marchés de prédiction séduisent un public curieux de miser sur l’issue d’événements futurs : résultats électoraux, décisions géopolitiques, évolutions économiques ou encore faits de société. Le principe est simple : les utilisateurs achètent des parts correspondant à un scénario donné. Si l’événement se réalise, ils perçoivent un gain proportionnel à leur mise.
L’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) rappelle que ces plateformes, lorsqu’elles proposent aux internautes français de miser de l’argent réel, opèrent en toute illégalité. Le régulateur souligne que ces sites ne disposent d’aucun agrément et échappent donc aux obligations imposées aux opérateurs autorisés.
En France, les jeux d’argent et de hasard en ligne sont strictement encadrés. Seuls certains segments comme les paris sportifs, hippiques ou le poker peuvent être exploités par des opérateurs titulaires d’un agrément délivré par le régulateur. Les plateformes de prédiction non autorisées ne respectent pas ces exigences. Elles ne garantissent ni la protection des données des utilisateurs, ni la sécurité des dépôts, ni la possibilité de recours en cas de litige.
Le premier danger est évidemment financier. En cas de faillite de la plateforme ou de blocage des comptes, les joueurs ne bénéficient d’aucune protection spécifique. Les fonds déposés peuvent être perdus sans possibilité de récupération. Contrairement aux opérateurs agréés, ces sites ne sont pas soumis à des obligations de ségrégation des fonds des joueurs. L’argent versé peut être utilisé pour le fonctionnement interne de la société sans garantie de restitution.
Autre point préoccupant : l’absence de mécanismes de contrôle du jeu excessif. Les opérateurs autorisés doivent proposer des outils d’auto-limitation, d’auto-exclusion et de suivi des comportements à risque. Sur les plateformes illégales, ces garde-fous sont souvent inexistants ou purement symboliques.
Des actions concrètes contre les sites illégaux
L’ANJ ne se contente pas de mises en garde. Elle dispose de pouvoirs lui permettant d’agir contre les opérateurs illégaux. Elle peut saisir le juge afin d’ordonner le blocage des sites concernés ou le déréférencement par les moteurs de recherche. Ces mesures limitent l’accès des internautes français à des offres non conformes à la réglementation nationale. Le régulateur coopère également avec d’autres autorités publiques pour lutter contre le blanchiment d’argent et les flux financiers suspects.
Toutefois, l’efficacité de ces actions dépend aussi de la vigilance des joueurs. Beaucoup de plateformes sont basées à l’étranger et changent régulièrement d’adresse ou de nom de domaine pour contourner les blocages.
La vigilance est essentielle. Un opérateur autorisé en France doit figurer sur la liste officielle publiée par l’ANJ. Il doit afficher clairement son agrément et proposer des dispositifs de protection des joueurs. En cas de doute, il est recommandé de consulter directement le site du régulateur. Miser sur une plateforme non autorisée expose non seulement à des pertes financières, mais aussi à des difficultés juridiques en cas de litige.
Une responsabilité partagée
La lutte contre les offres illégales repose sur une mobilisation collective : autorités publiques, acteurs financiers, fournisseurs d’accès à internet et consommateurs.
L’Autorité Nationale des Jeux, pour sa part, maintient une ligne ferme. Les marchés de prédiction avec mises en argent réel ne sont pas autorisés en France. Et tant que le cadre législatif ne change pas, toute offre en ce sens restera dans l’illégalité.
Les marchés de prédiction en Belgique
La situation est comparable en Belgique. Le secteur des jeux de hasard y est strictement encadré par la Commission des jeux de hasard, qui impose un système de licences obligatoires pour toute offre légale destinée aux résidents belges. Polymarket est inaccessible pour les joueurs belges depuis déjà plus d’un an.
Cependant, certaines plateformes de paris légales belges offrent des paris sur des événements publics comme l’Eurovision. Il est donc quand même possible de parier sur ce type d’événements légalement.

