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“J’ai tout perdu” : témoignage choc de Jean-Michel Kowalski

L’addiction aux jeux d’argent progresse en Belgique, portée par l’accessibilité croissante des plateformes et une exposition précoce des jeunes. Derrière les chiffres, des parcours de vie brisés, comme celui de Jean-Michel Kowalski.

Une première victoire… puis la chute

Jean-Michel Kowalski, instituteur à l’époque, a commencé par un gain modeste : 1000 francs, soit environ 25 euros.

“Ces 25 € là-bas m’ont fait découvrir un enfer qui a duré plus ou moins 25 ans,” confie-t-il aujourd’hui.

Comme beaucoup d’anciens joueurs, il évoque une période initiale marquée par la chance.

“Sur six ou sept mois, j’ai gagné l’équivalent d’une demi-année de salaire.”

Mais il ne s’est pas arrêté.

“J’ai fait énormément d’emprunts, j’ai eu des crédits auprès de personnes peu fréquentables. En quatre jours, j’ai tout perdu : ma femme, mon boulot, ma passion, des amis, de la famille… Je me suis retrouvé dans les bois durant trois nuits.”

Au-delà des pertes financières et sociales, un autre facteur aggrave la situation : le regard des autres.

“Le gros problème, c’est justement ça : le regard des gens, le jugement, les menaces”, explique Jean-Michel.

Jean-Michel Kowalski fait partie de ceux qui ont réussi à sortir de l’addiction. Il évoque un élément clé : le soutien.

“J’ai eu la chance d’avoir mon beau-fils qui m’a dit les mots qu’il fallait.”

Mais tout le monde n’a pas cette opportunité. C’est pourquoi il a choisi de témoigner, notamment à travers son livre “Garçon, l’addiction !”.

“Au départ, ça devait être un exutoire pour moi. Puis je me suis rendu compte que beaucoup de personnes ne connaissaient pas le problème du jeu. Ce livre a permis d’aider pas mal de personnes, après m’avoir aidé moi.”

L’engrenage invisible de l’addiction

L’histoire de Jean-Michel n’est pas isolée. L’addiction aux jeux d’argent s’installe souvent de manière progressive, presque imperceptible.

Mélanie Saeremans, psychologue et responsable de la Clinique du jeu et des addictions comportementales au CHU Brugmann, décrit ce processus :

“Dans un premier temps, vous êtes curieux, vous êtes tentés via une publicité ou une recommandation. Très vite, il peut y avoir des gains, ce qui génère de l’excitation et donne envie de recommencer. Petit à petit, l’engrenage s’installe, les pertes s’accumulent et la personne développe un lien particulier avec le jeu.”

Le jeu active le système de récompense. Les stimuli visuels, sonores et émotionnels déclenchent la libération de dopamine, une molécule associée au plaisir.

“Les récompenses intermittentes créent des pics de dopamine très élevés, ce qui rend le jeu très addictif”, précise Mélanie Saeremans.

Autrement dit, l’incertitude du gain renforce encore plus l’addiction que le gain lui-même. Le cerveau apprend à rechercher ces sensations. À l’inverse, les pertes provoquent du stress, avec la libération de cortisol. Ce déséquilibre pousse le joueur à rejouer pour retrouver la sensation agréable.

Une réalité qui touche toute la société

Contrairement aux idées reçues, l’addiction aux jeux d’argent ne concerne pas un profil unique.

“Des hommes, des femmes, des personnes aisées ou précarisées, de tous les âges. Ça touche vraiment tout le monde”, insiste la psychologue.

Cependant, une tendance inquiète particulièrement les professionnels : le rajeunissement du phénomène.

“Les jeunes sont beaucoup plus sensibles, plus impulsifs, plus sujets à l’influence des pairs, avec un besoin de récompense immédiate. Beaucoup de jeunes y sont confrontés très tôt, notamment sur les réseaux sociaux. Ils testent, ils tentent… et l’addiction peut s’installer.”

Les données confirment l’ampleur du problème. Au 1er novembre 2025, 135.383 Belges étaient inscrits sur la liste des interdits de jeux. À cela s’ajoutent près de 59.000 personnes soumises à une interdiction professionnelle. Au total, 194.108 individus sont concernés.

Une prise en charge de plus en plus précoce

Au CHU Brugmann, l’accompagnement repose sur une approche globale.

“On fait d’abord le point sur les conséquences, psychologiques et financières. Ensuite, on travaille sur la fonction du jeu dans leur vie. Beaucoup jouent pour échapper à des émotions négatives ou à des difficultés.”

Le travail consiste alors à remplacer cette “béquille” par d’autres ressources : gestion des émotions, objectifs de vie, reconstruction personnelle.

“Avant, un joueur mettait en moyenne huit ans avant de consulter. Aujourd’hui, les gens viennent plus rapidement.”

L’addiction aux jeux d’argent ne peut plus être considérée comme un problème individuel. Elle interroge la place du jeu dans notre société, la régulation de la publicité, la protection des plus jeunes.

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Alex explore le monde des casinos à travers des articles informatifs et divertissants. Nourri par une passion profonde pour l'art et la télévision, chaque texte témoigne d'une attention particulière aux détails et d'une quête d’équilibre entre rigueur et créativité. Que ce soit pour démystifier des stratégies de jeu ou raconter l’histoire fascinante des casinos, son objectif est d'informer tout en captivant ses lecteurs.

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