« Les opérateurs illégaux restent bien visibles » : Steven Vrolijk parle de la faiblesse du contrôle en Belgique
Le marché belge des jeux d’argent est sous pression, tandis que les opérateurs illégaux restent bien visibles. Steven Vrolijk, responsable du label de qualité « Responsible Affiliates » et actif aux Pays-Bas, y voit des opportunités, mais aussi des points faibles évidents.
Dans un entretien avec Gambling Club, il révèle où se situent les frictions et ce qui pourrait être amélioré.
La Belgique part d’une position complètement différente de celle des Pays-Bas
« Aux Pays-Bas, nous avons démarré dès l’ouverture du marché », explique M. Vrolijk. « La Belgique est réglementée depuis des années. Cela rend plus difficile l’entrée sur le marché. »
Il souligne une différence majeure. « Le secteur de l’affiliation est sous pression ici, surtout depuis l’interdiction de la publicité. Cela rend plus difficile d’avoir un impact immédiat. »
Pourtant, c’est précisément sur ce marché mature qu’il voit des opportunités. « Il y a un besoin de structure et de transparence. Cela offre des opportunités pour un label de qualité tel que le QMRA. »
Des règles strictes créent également des angles morts
La Belgique est connue pour être une juridiction stricte en matière de jeux d’argent. Vrolijk l’a également remarqué. « Prenons l’affichage des bonus, par exemple. Cela n’est pas autorisé en dehors des titulaires de licence. »
Selon lui, cela est contre-productif. « Si les sites d’affiliation fiables ne sont pas autorisés à fournir des informations claires, les joueurs iront chercher ces informations ailleurs. Et il s’agit souvent de sources moins fiables. »
Il plaide en faveur d’un espace réglementé. « Les sites optimisés pour le référencement naturel (SEO) ne sont trouvés que par les personnes qui effectuent une recherche active. C’est précisément là que réside leur valeur. »
Les opérateurs illégaux restent visibles, et c’est un problème
La réalité est dure. Les opérateurs illégaux continuent d’atteindre les joueurs. « La QMRA peut aider à mieux faire la distinction », explique M. Vrolijk.
Il explique comment. « Nos membres affichent un logo reconnaissable à côté de leur page de profil. On y trouve les derniers contrôles de conformité. »
De plus, l’organisation met l’accent sur une expertise visible. « Nous associons l’interprétation juridique à des noms et des visages réels. Cela correspond au fonctionnement des moteurs de recherche. »
La Belgique reconnaît les affiliés, et c’est frappant
Sur le papier, la Belgique fait quelque chose que peu de pays font. « La Commission des jeux reconnaît explicitement l’utilité du référencement des affiliés », explique M. Vrolijk.
Il qualifie cela d’exceptionnel. « Dans de nombreux pays, les affiliés sont autorisés, mais rarement identifiés aussi clairement comme faisant partie du système. »
Selon lui, c’est un atout majeur. « Cela montre que des sites web bien conçus contribuent à la protection des consommateurs. »
Le véritable défi réside dans l’application de la loi
Pourtant, tout n’est pas rose. « Le plus grand défi réside dans l’application de la loi », déclare sans détour M. Vrolijk.
Il constate que les opérateurs illégaux restent actifs. « Cela nécessite davantage de moyens. Un budget plus important pour la Commission des jeux serait utile. »
L’autorégulation peut faire la différence
La QMRA souhaite jouer un rôle à cet égard. « Nous ajoutons un niveau d’autorégulation », explique-t-il.
« Les parties affiliées démontrent activement qu’elles respectent les règles. Elles participent aux audits et y investissent. »
Il estime que cela aide les régulateurs. « Cela permet de distinguer plus facilement les opérateurs qui veulent agir correctement de ceux qui ne le veulent pas. »
La coopération avec les régulateurs est cruciale
M. Vrolijk tient à souligner l’importance de la coopération. « Nous aimerions beaucoup engager un dialogue avec la Commission des jeux de Belgique. »
Il y voit des opportunités. « En partageant plus rapidement les renseignements, on peut prendre des mesures plus efficaces contre les réseaux illégaux. »
Google joue un rôle clé dans ce problème
La répression seule ne suffit pas, souligne-t-il. « Les opérateurs illégaux disposent de budgets importants et continuent de s’adapter. »
La solution repose en partie sur les entreprises technologiques. « Des plateformes telles que Google doivent jouer un rôle plus actif. Les opérateurs illégaux doivent devenir moins visibles dans les résultats de recherche. »
La supervision humaine reste primordiale en matière de conformité
Il est frappant de constater que la QMRA ne s’appuie pas entièrement sur la technologie. « Nous effectuons des contrôles manuellement », explique M. Vrolijk.
Il explique pourquoi. « Les règles sont complexes et les risques élevés. C’est là qu’intervient le jugement humain. »
La QMRA aspire à s’imposer comme un acteur incontournable du marché belge
Son objectif pour les années à venir est clair. « Nous voulons nous implanter solidement en Belgique. »
Cela passe par la croissance. « Davantage de partenaires affiliés, un label reconnaissable pour les consommateurs et, idéalement, un partenariat avec la Commission des jeux. »
Il y voit une étape logique. « De cette manière, nous contribuons à la professionnalisation accrue du marché. »

