Ce que la Ksa va révéler à l’EASG 2026
La Kansspelautoriteit (Ksa) participera à la 15e Conférence européenne sur les études et les politiques relatives aux jeux d’argent (EASG 2026), organisée à Copenhague du 8 au 11 septembre 2026. À cette occasion, le régulateur présentera trois travaux portant sur la protection des joueurs, l’interdiction du parrainage sportif par les opérateurs de jeux en ligne et une nouvelle méthode destinée à estimer l’ampleur du marché illégal des jeux d’argent en ligne.
Une conférence consacrée aux grands enjeux du secteur
Chaque année, la conférence de l’Association européenne pour l’étude des jeux d’argent réunit chercheurs, autorités de régulation, opérateurs et spécialistes de la prévention afin d’échanger sur les évolutions du secteur. L’édition 2026 se déroulera sous le thème « Des barrières aux passerelles », avec près d’une centaine d’interventions consacrées notamment au jeu responsable, à la réglementation, à l’intelligence artificielle, aux marchés prédictifs, au trucage de compétitions sportives et aux offres de jeux illégales.
Pour Pieter Remmers, secrétaire général de l’EASG, l’objectif de cette rencontre est de favoriser le dialogue entre l’ensemble des acteurs concernés.
« Il s’agit d’apprendre les uns des autres, sans exclure personne. Il est essentiel de rester en dialogue et que chaque partie assume ses responsabilités. »
Les nouvelles règles néerlandaises au cœur des discussions
L’une des principales interventions de la Ksa portera sur les effets des nouvelles règles de jeu responsable entrées en vigueur aux Pays-Bas le 1er octobre 2024. Leur objectif est de renforcer la protection des joueurs en imposant davantage d’interventions de la part des opérateurs lorsque certains seuils sont atteints.
Les nouvelles dispositions concernent notamment les limites de dépôts. Les opérateurs doivent intervenir lorsqu’un joueur atteint certains niveaux de dépôts nets. Le plafond est fixé à 700 euros, tandis qu’un seuil réduit de 300 euros s’applique aux jeunes adultes.
Afin d’évaluer l’impact de cette réglementation, la Ksa s’appuie sur les données de sa base de contrôle, alimentée obligatoirement par les titulaires d’une licence. Cette base rassemble chaque mois des informations concernant plus d’un million de comptes joueurs.
Les chercheurs analysent notamment les transactions, les modifications des limites de jeu ainsi que les interventions réalisées par les opérateurs. Les travaux portent également sur le respect des nouvelles obligations, l’évolution des pertes des joueurs, le nombre de jours de jeu, la taille du marché légal et la dépendance éventuelle des opérateurs envers une faible proportion de joueurs.
Retour sur l’interdiction du parrainage sportif
Une deuxième présentation sera consacrée à l’interdiction du parrainage sportif par les opérateurs de jeux d’argent en ligne.
Depuis le 1er juillet 2025, ces entreprises ne peuvent plus apparaître sur les maillots des clubs professionnels, dans les stades, ni parrainer les compétitions ou les fédérations sportives. Cette mesure s’inscrit dans le prolongement de l’interdiction plus large de la publicité non ciblée pour les jeux d’argent, introduite en 2023. Le parrainage sportif avait alors bénéficié d’une période transitoire afin de permettre l’extinction progressive des contrats existants.
Mesurer un marché qui échappe aux statistiques
Le troisième sujet présenté par la Ksa porte sur un défi auquel sont confrontées de nombreuses autorités de régulation : comment évaluer la taille du marché illégal des jeux d’argent en ligne lorsque les opérateurs concernés ne publient aucune donnée ?
Pour répondre à cette question, un analyste de la Ksa présentera une méthode reposant sur les volumes de recherches effectuées sur Google.
L’autorité a étudié le lien entre ces volumes de recherche et le produit brut des jeux des opérateurs légaux, en les combinant avec des informations disponibles concernant une partie du marché illégal. Cette approche a permis de développer une méthode visant à estimer la taille globale du marché. Selon les résultats qui seront présentés, le taux de canalisation calculé sur la base du produit brut des jeux était inférieur à 60 % en 2025. La Ksa estime également que plus d’un milliard d’euros sont misés chaque année auprès de casinos en ligne illégaux.
Une participation tournée vers le partage d’expérience
À travers ces trois présentations, la Ksa entend partager les enseignements tirés de ses travaux avec les chercheurs, les autres autorités de régulation et les représentants du secteur présents à Copenhague.
La conférence EASG 2026 devrait ainsi constituer un espace d’échange où les résultats de recherche viendront alimenter les réflexions sur les futures orientations de la régulation européenne des jeux d’argent.

