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Gambling club interview andreas ditsche

Le PDG d’iGaming.com met en garde : « Le Far West n’est qu’à un clic » 

Lors du salon Gaming in Holland à Amsterdam, le Dr Andreas Ditsche s’est exprimé de manière particulièrement positive sur son expérience au Canada. Cet entrepreneur, investisseur, professeur et PDG du groupe iGaming.com d’origine allemande y observe une approche qui, selon lui, diffère fortement de ce qui se passe dans de nombreux pays européens. 

Lors d’un entretien approfondi avec Gambling Club, M. Ditsche a abordé les thèmes de la réglementation, de la fiscalité, de la canalisation, du rôle des affiliés et de l’avenir du marché réglementé des jeux d’argent en ligne aux Pays-Bas, en Belgique et au-delà

Canada 

Lors du salon Gaming in Holland, vous avez parlé en termes élogieux de vos expériences au Canada. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué là-bas ? 

« Ce qui m’a le plus marqué, c’est une déclaration d’un homme politique canadien : « Nous n’avons pas de gros bouton rouge qui nous permettrait d’arrêter les jeux d’argent. C’est pourquoi nous essayons d’en tirer le meilleur parti : investissements, emplois et recettes fiscales. Et nous le faisons de manière responsable. » 

Cette déclaration témoigne d’un certain pragmatisme. J’ai également eu l’impression que les autorités de régulation et les responsables politiques collaborent avec le secteur dans un esprit de partenariat et de confiance. » 

Vous avez également raconté qu’un ministre canadien vous avait même donné son numéro de téléphone direct. Qu’est-ce que cela révèle de la relation entre les autorités de régulation et le secteur ? 

« Même si les autorités de régulation et le secteur ont des rôles différents dans le monde des jeux d’argent, j’ai perçu une forte volonté de collaborer. Il y a une ouverture d’esprit pour écouter toutes les parties concernées, ainsi qu’une volonté de donner suite concrètement à ces observations. » 

« On comprend que les autorités de régulation soutiennent un marché sain et que le marché légal doit être suffisamment attractif pour y retenir les joueurs. Sinon, ils se tournent vers le marché noir. » 

Pays-Bas 

Comment comparez-vous cette expérience à vos contacts avec les autorités de régulation néerlandaises ? 

« Les contacts avec les autorités de régulation aux Pays-Bas sont agréables et professionnels. La communication est ouverte. Les autorités de régulation ont une excellente compréhension du fonctionnement du marché. 

En même temps, ils ne font pas les lois et ne déterminent pas non plus la politique fiscale. Je les considère comme un pivot entre le marché et le législateur. » 

L’Autorité des jeux de hasard a-t-elle une compréhension suffisante du fonctionnement réel du marché des jeux de hasard en ligne ? 

« Absolument. Mais faire respecter les règles et les élaborer sont deux choses totalement différentes. » 

Selon vous, quelle est la plus grande erreur commise par les décideurs politiques dans la réglementation des jeux d’argent en ligne ? 

« Tout d’abord, je crois que les décideurs politiques agissent dans le but de protéger les joueurs et de créer un marché ordonné. Cependant, les bonnes intentions ne mènent pas toujours à de bons résultats. 

Je vois deux points faibles. 

Le premier est la fiscalité. Lorsque les taxes sur le marché légal deviennent trop élevées, les joueurs se tournent vers l’offre illégale, non taxée. La baisse du taux de captation aux Pays-Bas indique que les taxes sont trop élevées. 

Le deuxième problème est le niveau élevé de réglementations et de restrictions au sein du marché légal. Cela aussi peut pousser les joueurs vers le marché noir. 

Le Far West n’est qu’à un clic. » 

Vous avez précédemment décrit la canalisation comme un test moral. Pourquoi, selon vous, tant de régulateurs acceptent-ils malgré tout des taux de canalisation faibles ? 

« Mettez-vous à la place d’un régulateur ou d’un homme politique. Imaginons que vous réduisiez les taxes, que vous rendiez le marché légal plus attractif et que cela s’avère efficace. 

Dans notre secteur, nous célébrerions une canalisation plus élevée et des recettes accrues. Mais que voit le grand public ? Plus de jeux d’argent. 

Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour un homme politique. Cela nécessite au minimum une stratégie de communication solide. Il n’est pas facile d’expliquer que l’on souhaite rendre les jeux d’argent plus attractifs. » 

Si vous pouviez modifier un élément de la réglementation néerlandaise demain, quel serait-il ? 

« Je réduirais la taxe. 

Cela rendrait immédiatement le marché légal plus attractif. Davantage de joueurs resteraient dans l’environnement protégé et les recettes fiscales totales pour les Pays-Bas pourraient même augmenter. 

Même si les scientifiques en débattent, je pense que les principes généraux de la courbe de Laffer sont justes. À partir d’un certain niveau d’imposition, les recettes diminuent. Dans le monde des jeux d’argent en ligne, cela se traduit souvent par une augmentation des jeux illégaux. » 

Pensez-vous que les Pays-Bas deviennent trop restrictifs ? 

« Si vous n’aimez pas la cuisine d’un restaurant, vous ne mangez pas moins pour autant. Vous cherchez un autre restaurant. 

Lorsque le marché légal devient peu attractif en raison des restrictions, les joueurs iront chercher ailleurs ce qu’ils veulent. Si les restrictions actuelles sont trop sévères, cela deviendra visible dans les mois à venir. » 

Y a-t-il un risque que les autorités de contrôle renforcent au contraire le marché noir ? 

« Oui, ce risque existe. 

Ce qui aggrave le problème, c’est que les amendes infligées aux opérateurs illégaux sont souvent pratiquement impossibles à recouvrer. 

Au lieu d’imposer toujours plus de règles au marché légal, les autorités de contrôle devraient au contraire s’associer au secteur légal pour lutter contre le marché noir. » 

À quoi ressemblera le succès pour le marché néerlandais dans cinq ans ? 

« Un taux de canalisation supérieur à 90 %. 

À cela s’ajouteront une satisfaction élevée des clients et un secteur qui respecte les règles sans qu’une répression sévère soit constamment nécessaire. » 

Belgique 

La Belgique a relevé l’âge minimum de 18 à 21 ans. Cela permettra-t-il de mieux protéger les joueurs ? 

« J’ai lu que de nombreux jeunes joueurs font leurs premières expériences sur le marché noir. 

Reste à voir si un jeune de 18 ans attendra trois ans pour accéder au marché légal ou s’il se tournera directement vers des prestataires offshore. 

Je suis sceptique, car la mise en application de la loi sera difficile. Le fruit défendu n’est qu’à un VPN et un clic de distance. » 

Comment voyez-vous la Belgique par rapport aux Pays-Bas et à l’Allemagne ? 

« La Belgique semble plus restrictive que les Pays-Bas et l’Allemagne et opte clairement pour la protection des joueurs. 

Même l’Allemagne, qui est déjà très strictement réglementée, cherche désormais des moyens de rendre le marché légal plus attractif afin d’améliorer la canalisation. » 

La Belgique a-t-elle trouvé un meilleur équilibre entre protection et attractivité ? 

« Sur le papier, la Belgique offre une protection plus forte. 

En réalité, selon des études récentes, le taux de canalisation se situe autour de 62 %. Ce chiffre est inférieur à la moyenne européenne de 74 %. 

La Belgique fait toutefois mieux que les Pays-Bas (55 %) et l’Allemagne (47 %). 

Ces chiffres varient selon les sources, il faut donc les considérer avant tout comme une indication. » 

La Belgique applique certaines des restrictions publicitaires les plus strictes d’Europe. Est-ce une réussite ? 

« En théorie, les restrictions publicitaires permettent de réduire l’exposition des personnes aux jeux d’argent. 

Dans la pratique, les personnes qui souhaitent tout de même jouer ne sont pas automatiquement orientées vers le marché légal. 

Le marché noir ne respecte pas les règles en matière de publicité. 

Trop de restrictions peuvent donc avoir un effet contre-productif. » 

Êtes-vous préoccupé par la canalisation belge ? 

« Oui. Nous avons également observé ce phénomène dans d’autres pays. 

Il faut également reconnaître que la fiscalité joue un rôle important dans la canalisation. » 

Quel conseil donneriez-vous à la Commission des jeux de hasard ? 

« Inspirez-vous des pays qui affichent un taux de canalisation élevé et de faibles chiffres en matière de jeu problématique. » 

Recherche, affiliés et avenir 

Pourquoi la collaboration entre chercheurs, psychologues, autorités de contrôle et secteur reste-t-elle si sensible ? 

« J’ai le sentiment que les chercheurs, les psychologues et les autorités de régulation souhaitent délibérément garder leurs distances avec le secteur afin de garantir leur indépendance. 

C’est en soi une bonne chose. 

Je suis moi-même professeur et chercheur. J’ai rencontré de nombreux chercheurs ouverts d’esprit. 

Je crois fermement que nous pouvons collaborer en toute transparence pour améliorer encore le jeu responsable. » 

Quel rôle les affiliés doivent-ils jouer ? 

« Les affiliés amènent des joueurs vers les opérateurs. Ils constituent le pont entre les joueurs et les opérateurs. 

C’est pourquoi ils doivent fournir des informations transparentes et informer les joueurs sur le jeu responsable. 

La compréhension de ce rôle par les décideurs politiques varie fortement d’un pays à l’autre. » 

Selon vous, quel pays dispose actuellement de la meilleure réglementation ? 

« L’Angleterre et le Danemark sont deux bons exemples de réglementation efficace. » 

Quel serait votre message principal à l’intention de la KSA, de la Commission des jeux de hasard belge et des autorités de contrôle allemandes ? 

« Nous sommes tous dans le même bateau. 

Les opérateurs et les affiliés du marché légal, les autorités de contrôle et les législateurs ont le même adversaire : le marché offshore illégal. 

Luttons ensemble contre les vrais méchants, au lieu de nous perdre dans un dédale de règles toujours plus nombreuses pour le marché légal. » 

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Dans le monde de Gambling Club, Ron est un journaliste dévoué spécialisé dans l'actualité des casinos aux Pays-Bas. Il allie son regard aiguisé sur l’industrie du jeu vidéo à une passion profonde pour le sport.

Grâce à sa nature curieuse et son souci du détail, Ron se concentre sur la description des tendances et des transformations au sein de l'industrie des casinos néerlandaise, intégrant parfaitement son expertise sportive.

Fort d’années d’expérience dans le journalisme, allant du reportage local aux projets d’enquête à grande échelle, il propose à ses lecteurs des analyses nuancées et approfondies. Il révèle ainsi les fascinantes intersections entre le jeu et le sport.

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