FDJ United freinée par le Royaume-Uni et les Pays-Bas
FDJ United a présenté ses résultats financiers du premier semestre 2026. Si le groupe enregistre un recul de son activité et de son chiffre d’affaires, il estime que ces résultats sont principalement liés à des facteurs externes, notamment la hausse de la fiscalité sur les jeux et plusieurs évolutions réglementaires.
Un premier semestre marqué par un recul des revenus
Le premier semestre 2026 n’a pas répondu aux attentes de FDJ United. Le groupe français spécialisé dans les jeux d’argent a enregistré un produit brut des jeux (PBJ) de 4,3 milliards d’euros, soit une baisse de 1,3 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Le chiffre d’affaires suit la même tendance. Il atteint près de 1,8 milliard d’euros, en recul de 4,5 % sur un an.
La hausse des taxes devient un véritable frein
L’entreprise attribue l’essentiel de cette baisse aux augmentations de la fiscalité sur les jeux d’argent dans certains pays européens.
Le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont les deux marchés les plus touchés par ces évolutions. Selon FDJ United, ces nouvelles contraintes fiscales et réglementaires ont fortement pesé sur les performances du groupe durant les six premiers mois de l’année.
Le groupe souligne d’ailleurs que, sans l’impact de ces deux marchés, la situation aurait été sensiblement différente. Son produit brut des jeux aurait progressé de 6,6 % tandis que son chiffre d’affaires aurait enregistré une légère hausse de 0,6 %.
La France reste le principal moteur de l’activité
Le marché français demeure de loin le pilier de FDJ United.
Les activités de loterie et de paris réalisées en France ont généré un produit brut des jeux de 3,4 milliards d’euros au premier semestre, soit une baisse de 2 %. Leur chiffre d’affaires s’établit à 1,2 milliard d’euros, en recul de 3,9 %.
La loterie représente toujours la majeure partie de cette activité. À elle seule, elle affiche un produit brut des jeux proche de 3 milliards d’euros et un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard d’euros.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Le premier concerne EuroMillions. Durant le premier semestre, les très gros jackpots ont été moins nombreux et leurs montants ont été moins élevés que l’année précédente. Or, ces cagnottes exceptionnelles attirent traditionnellement un nombre très important de joueurs et stimulent fortement les ventes. À cela s’ajoute un épisode de fortes chaleurs qui a réduit la fréquentation des points de vente physiques.
Pour autant, tous les indicateurs ne sont pas orientés à la baisse. En excluant EuroMillions, les autres jeux de loterie affichent une progression de 1 % dans le réseau physique et de 6 % sur Internet, signe que le reste du portefeuille continue de bien résister.
Les paris sportifs connaissent une évolution contrastée
Le marché des paris sportifs n’a pas évolué de manière homogène tout au long du semestre. Le premier trimestre s’est révélé relativement lent pour les points de vente physiques. La situation s’est néanmoins améliorée durant le deuxième trimestre.
Au total, les paris sportifs affichent un produit brut des jeux de 450 millions d’euros, en baisse de 1,1 %, tandis que leur chiffre d’affaires atteint 218 millions d’euros, soit un recul de 2,9 %.
Les activités de paris et de jeux en ligne présentent une autre dynamique. Leur produit brut des jeux reste stable à 702 millions d’euros. En revanche, le chiffre d’affaires diminue de 7,4 % pour atteindre 431 millions d’euros, une évolution que le groupe considère conforme à ses prévisions.
La Coupe du monde apporte un soutien ponctuel
FDJ United indique que la Coupe du monde a généré environ 700 millions d’euros de mises. Même si cet apport n’a pas suffi à compenser l’ensemble des effets négatifs liés aux nouvelles taxes et aux évolutions réglementaires, il a constitué un élément favorable pour les performances du groupe.
Une rentabilité qui reste solide
Malgré la baisse des revenus, FDJ United conserve des indicateurs financiers robustes.
L’entreprise affiche un EBITDA récurrent de 404 millions d’euros, correspondant à une marge de 22,7 %, en ligne avec ses objectifs annuels. Le bénéfice net ajusté atteint 180 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année. Le groupe poursuit également ses efforts de maîtrise des dépenses. Les coûts fixes ont été réduits de 2,8 %.
À la fin du deuxième trimestre, FDJ United disposait par ailleurs d’une structure financière que l’entreprise qualifie de « très solide », avec une dette financière nette avoisinant les 2 milliards d’euros.
Malgré les difficultés rencontrées durant le semestre, la présidente-directrice générale de FDJ United refuse de céder au pessimisme :
« Soutenu par des fondamentaux solides et une structure financière robuste, FDJ UNITED continue d’investir dans l’innovation, l’attractivité de son portefeuille de produits et l’accélération de sa transformation afin de retrouver une trajectoire de croissance durable, rentable et créatrice de valeur. »
Une nouvelle équipe dirigeante prépare la prochaine étape
FDJ United prépare déjà les prochaines années.
La nouvelle équipe de direction travaille sur plusieurs plans d’action destinés à restaurer progressivement la performance du groupe tout en améliorant l’allocation de ses ressources.
Parmi les mesures annoncées figure une revue du portefeuille de marchés de la division consacrée aux paris et aux jeux en ligne. L’entreprise prévoit également d’examiner certains actifs considérés comme non stratégiques au sein de sa division Paiement et Services.
Des objectifs maintenus pour la fin de l’année
FDJ United ne modifie pas ses perspectives pour 2026.
Le groupe vise toujours une stabilité du produit brut des jeux pour ses activités françaises de loterie et de paris sportifs ainsi que pour ses activités de paris et jeux en ligne.
L’objectif de marge d’EBITDA récurrent demeure compris entre 23 % et 24 %.
Enfin, la société confirme son intention de proposer une augmentation du dividende au titre de l’exercice 2026, illustrant la confiance de sa direction dans la solidité financière du groupe malgré un premier semestre plus difficile que prévu.

