Les casinos de Paris et de Cannes sont le moteur de la forte croissance de Partouche
Le Groupe Partouche a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 360,7 millions d’euros au cours des neuf premiers mois de l’exercice 2026. Ce chiffre est en hausse de 3,7 % par rapport aux 347,8 millions d’euros enregistrés au cours de la même période l’année précédente. La croissance s’est particulièrement accélérée au troisième trimestre. L’opérateur de casinos français a bénéficié de ses récents investissements à Paris et à Cannes, tandis que ses filiales à l’étranger ont affiché des résultats plus mitigés.
Ces chiffres nécessitent toutefois quelques précisions. Dans l’URL du rapport original, « 3,7 % » pouvait être lu par erreur comme 37 %. La hausse est donc de 3,7 %. Par ailleurs, le chiffre d’affaires de 360,7 millions d’euros ne correspond pas au produit brut des jeux. Ce dernier s’est élevé à 571,1 millions d’euros au cours des neuf premiers mois.
Selon le rapport trimestriel officiel du Groupe Partouche, le produit brut des jeux a également progressé de 3,7 %. À périmètre constant – c’est-à-dire en excluant l’impact total des récents changements au sein du groupe –, la croissance s’est établie à 2,8 %. La France est restée de loin le marché le plus important, avec un produit brut des jeux de 510,7 millions d’euros. Les activités internationales ont représenté 60,4 millions d’euros.
Accélération de la croissance au troisième trimestre
Le Groupe Partouche fonctionne selon un exercice comptable décalé. La période désormais publiée s’étend de novembre 2025 à juillet 2026 inclus. Le troisième trimestre comprend les mois de mai, juin et juillet.
Au cours de ces trois mois, le chiffre d’affaires s’est élevé à 120,3 millions d’euros, contre 114,5 millions d’euros un an plus tôt. Cela représente une hausse de 5,1 %. La croissance a donc été plus forte qu’au premier trimestre, où le chiffre d’affaires avait progressé de 3,5 %, et qu’au deuxième trimestre, qui avait enregistré une hausse de 2,5 %.
Le produit brut des jeux a également connu une accélération. Il a progressé de 5,8 % au troisième trimestre pour atteindre exactement 200 millions d’euros. À périmètre constant, la croissance a atteint 6,1 %. Dans ce calcul, Partouche exclut, entre autres, l’acquisition du Casino Partouche Cannes 50 Croisette et l’ouverture du casino de Cotonou. Cette amélioration n’est donc pas uniquement due à de nouveaux établissements ou à un périmètre de consolidation élargi. Les activités existantes ont également affiché de meilleurs résultats.
Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large sur le marché français. Comme Gambling Club l’avait précédemment signalé, plusieurs grands groupes de casinos européens investissent massivement en France. Le marché français des casinos terrestres reste attractif en raison de sa taille et de l’offre numérique limitée. Les jeux de casino en ligne sont toujours interdits aux opérateurs privés, ce qui signifie que les établissements terrestres, les clubs de jeux et les licences à long terme conservent une importance stratégique.
Les jeux de table enregistrent la plus forte hausse
Les activités en France ont généré un produit brut des jeux de 181,1 millions d’euros au troisième trimestre. Ce chiffre est en hausse de 7,1 % par rapport aux 169,1 millions d’euros enregistrés un an plus tôt. Les jeux de table non électroniques se sont particulièrement distingués : leur chiffre d’affaires a bondi de 76 %, passant de 16 millions d’euros à 28,2 millions d’euros.
L’évolution des machines à sous a été beaucoup plus modeste. Le produit brut des jeux a légèrement augmenté, passant de 130,4 millions d’euros à 130,9 millions d’euros. Les jeux de table électroniques, en revanche, ont légèrement reculé, passant de 22,6 millions d’euros à 22,1 millions d’euros. La croissance trimestrielle n’a donc pas été répartie de manière homogène entre toutes les catégories de jeux. Les tables traditionnelles ont représenté la part du lion de cette croissance.
Cette distinction est pertinente au regard de la stratégie de Partouche en matière d’établissements terrestres. Les machines à sous constituent généralement une source de revenus stable et substantielle, mais les tables de jeu en direct permettent à un établissement de se démarquer et d’attirer davantage de visiteurs. En revanche, elles nécessitent davantage de personnel et d’espace au sol. Le fait que Partouche enregistre une forte progression précisément dans ce domaine suggère que les investissements récents ont non seulement accru la capacité d’accueil, mais qu’ils attirent également réellement les joueurs vers les tables.
Le nouvel établissement parisien porte immédiatement ses fruits
Le principal moteur de la croissance a été le club de jeux de Paris, qui a emménagé le 12 mai 2026 avenue de la Grande-Armée, à proximité de l’Arc de Triomphe. Le produit brut des jeux de cet établissement est passé de 0,4 million d’euros à 9,2 millions d’euros au troisième trimestre.
D’un point de vue juridique, cet établissement est un club de jeux plutôt qu’un casino à part entière. La ville de Paris impose des restrictions aux casinos traditionnels, ce qui signifie que ces clubs se concentrent principalement sur le poker et d’autres jeux de table. European Gaming avait déjà rendu compte de l’ouverture et du statut de ce club parisien. Ce nouvel établissement explique donc logiquement la forte croissance des jeux de table traditionnels chez Partouche.
Cannes a également apporté sa contribution. Le Royal Palm Casino, qui a fait l’objet d’une restructuration, a enregistré un produit brut des jeux de 4 millions d’euros pour le trimestre. Un an plus tôt, sa contribution était négative, à hauteur de 0,2 million d’euros. Ce redressement démontre que la croissance trimestrielle résulte non seulement de l’expansion, mais aussi des améliorations opérationnelles apportées à un établissement existant.
Partouche emprunte ainsi une voie différente de celle des groupes qui pénètrent le marché français par le biais d’acquisitions majeures. Par exemple, Gambling Club a récemment rapporté que Merkur avait l’intention d’acquérir sept casinos français. Auparavant, NOVOMATIC avait également accédé au marché français grâce à l’acquisition de Vikings Casinos. Partouche dispose déjà d’un vaste réseau et peut poursuivre sa croissance par le biais de rénovations, de déménagements et de l’amélioration de ses différents établissements.
En dehors de la France, le bilan est mitigé
Le chiffre d’affaires brut des jeux à l’international a reculé de 5,1 % pour s’établir à 18,9 millions d’euros au troisième trimestre. Le principal recul est venu de la Suisse. Au casino de Meyrin, d’importants travaux de rénovation ont pesé sur l’activité. Le chiffre d’affaires des machines à sous y a chuté de 25,4 %, à 6,5 millions d’euros.
Ce recul a été compensé par la croissance des activités en ligne en Suisse. Celles-ci ont généré 7,3 millions d’euros, soit 11 % de plus qu’un an auparavant. Le casino de Cotonou, au Bénin, a également progressé. Le produit brut des jeux a triplé, passant de 0,3 million d’euros à 0,9 million d’euros, même si sa contribution en valeur absolue au groupe reste pour l’instant limitée.
Le tableau international souligne à quel point la France reste importante pour Partouche. Sur l’ensemble des neuf premiers mois, près de 90 % du produit brut des jeux provenait du marché national. La croissance à l’étranger peut offrir au groupe une plus grande diversification, mais au cours de ce trimestre, ce sont principalement les investissements français qui ont tiré les résultats.
Le produit brut des jeux n’est pas le chiffre d’affaires
Dans les rapports financiers consacrés aux casinos, les mises, le produit brut des jeux et le chiffre d’affaires sont souvent confondus. Pour Partouche, cette distinction est importante. Le produit brut des jeux, qui s’élève à 571,1 millions d’euros, correspond au montant restant après le paiement des gains aux joueurs issus des jeux exploités. Les taxes et autres prélèvements sur les jeux sont ensuite déduits, entre autres.
Après déduction de 291,5 millions d’euros de taxes, le produit net des jeux pour les neuf premiers mois s’est élevé à 279,5 millions d’euros. À ce montant s’ajoutent 82,2 millions d’euros de revenus hors jeux, tandis que le programme de fidélité a donné lieu à un ajustement de 1,1 million d’euros. Le chiffre d’affaires consolidé s’établit ainsi à 360,7 millions d’euros.
Pour le seul troisième trimestre, les taxes se sont élevées à 110,5 millions d’euros. Le produit net des jeux s’est donc élevé à 89,5 millions d’euros, soit une hausse de 6,9 %. Ajoutés à 31,4 millions d’euros d’autres revenus et à un ajustement de 0,6 million d’euros lié au programme de fidélité, ces éléments ont permis d’atteindre un chiffre d’affaires trimestriel de 120,3 millions d’euros.
Cette ventilation illustre pourquoi le produit brut des jeux ne peut être directement comparé au chiffre d’affaires d’une entreprise classique du secteur de l’hôtellerie ou du divertissement. Dans le cas d’un casino, les impôts représentent un écart très important entre le résultat des jeux en salle et le chiffre d’affaires qui figure finalement dans les comptes consolidés.
Les casinos sont en croissance, les hôtels en recul
La division des casinos a réalisé un chiffre d’affaires de 329 millions d’euros au cours des neuf premiers mois. Ce chiffre est en hausse de 4,4 % par rapport à l’année précédente et représente plus de 91 % du chiffre d’affaires total du groupe. Les autres activités ont progressé de 3,8 % pour atteindre 10,4 millions d’euros.
Les hôtels, en revanche, ont connu une évolution inverse. Leur chiffre d’affaires a reculé de 6,6 % sur neuf mois, pour s’établir à 21,2 millions d’euros. Au troisième trimestre, la baisse a été encore plus marquée : -11,3 %, à 8,8 millions d’euros. Ces chiffres reflètent donc avant tout un trimestre solide pour l’activité des casinos, plutôt qu’une croissance globale de l’ensemble des divisions de Partouche.
Pour les exploitants de casinos terrestres, les hôtels, la restauration et les loisirs font souvent partie d’une même destination. Néanmoins, ces activités peuvent afficher des performances différentes. Les résultats récents montrent que l’attrait des salles de jeux neuves ou rénovées ne se traduit pas automatiquement par le même niveau de croissance pour les hôtels.
Les investissements et les licences déterminent le paysage concurrentiel
Selon la société, le Groupe Partouche exploite 43 casinos et emploie près de 4 050 personnes. La forte contribution de Paris et de Cannes permet à l’entreprise de tirer un retour tangible de ses investissements récents, mais la concurrence s’intensifie en France. Des groupes étrangers acquièrent des réseaux existants afin d’accéder rapidement à des licences, à des emplacements et à des contrats d’exploitation locaux.
Ce dernier point est également un élément que les lecteurs belges reconnaîtront. L’exploitation d’un grand casino terrestre est étroitement liée au gouvernement et à la collectivité locale où il est implanté. L’affaire de Bruxelles portait également sur un contrat à long terme : Gambling Club a expliqué comment la concession du casino de Bruxelles avait été attribuée à Napoleon Games. De tels contrats font d’une entreprise de casino bien plus qu’un simple ensemble de tables de jeu et de machines à sous. L’accès à un site et le droit de l’exploiter pendant de nombreuses années ont une valeur stratégique en soi.
Pour Partouche, l’attention se porte désormais sur le quatrième trimestre et la rentabilité de l’ensemble de l’exercice. En effet, la croissance du chiffre d’affaires ne suffit pas à elle seule à indiquer le niveau de rentabilité généré par les investissements. La prochaine publication des chiffres d’affaires est prévue le 8 décembre 2026, tandis que les résultats annuels sont attendus le 26 janvier 2027 selon le calendrier actuel. Les neuf premiers mois envoient déjà un signal clair : les casinos français, et en particulier les jeux de table traditionnels, sont à nouveau le moteur du groupe.

