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Casinos : les géants européens misent sur la France 

Depuis le début de 2025, trois groupes de casinos français ont changé de mains, tandis que des acteurs déjà présents dans les jeux numériques en Europe renforcent leur implantation dans l’Hexagone.  

Les casinos français attirent les groupes étrangers 

En l’espace d’un peu plus d’un an, plusieurs opérations ont modifié la propriété des casinos français. Novomatic a ouvert le mouvement le 1er juillet 2025 avec le rachat de Vikings Casinos. 

Fondé à Falaise en 1998, Vikings Casinos exploite plus de dix établissements et environ 1 000 terminaux de jeu. Le groupe emploie plus de 300 personnes. Le montant de son acquisition n’a pas été communiqué. 

Un an plus tard, le 6 juillet 2026, Banijay Gaming, propriétaire de Betclic, conclut un accord pour acquérir la totalité du Groupe JOA auprès de Blackstone et Kings Park Capital. 

JOA exploite 33 casinos et revendique 4,6 millions de clients par an. En 2025, ses établissements ont généré 430 millions d’euros de produit brut des jeux. La finalisation de l’acquisition est attendue au second semestre 2026, sous réserve notamment des autorisations réglementaires et de la consultation des salariés. 

Trois mois avant l’accord concernant JOA, Banijay avait également acquis le spécialiste allemand des paris sportifs Tipico. 

La vague de rachats s’est poursuivie le 28 août 2026. Merkur a accepté d’acquérir 95 % de Casigrangi, société qui détient elle-même 81,21 % de la Société Française de Casinos. 

La transaction est évaluée à environ 31,5 millions d’euros. Les vendeurs sont GPG Groupe Philippe Ginestet et DOFA, cette dernière conservant 5 % de Casigrangi dans le cadre de dispositions prévoyant des options de vente et d’achat. 

L’opération concerne sept casinos. Trois établissements, situés à Megève, Granville et Mimizan, appartiennent au périmètre du groupe Le Stelsia de Casigrangi. Les quatre autres, exploités par la Société Française de Casinos, se trouvent à Châtel-Guyon, Collioure, Gruissan et Port-la-Nouvelle. 

L’offre valorise la Société Française de Casinos à 6,19 euros par action, soit une prime de 196 % par rapport à la moyenne des cours pondérée par les volumes sur 240 jours. 

La finalisation est prévue au premier trimestre 2027. Une offre publique obligatoire doit ensuite être déposée auprès de l’Autorité des marchés financiers durant le premier semestre. L’autorisation du ministère de l’Intérieur est également nécessaire. 

Pourquoi ces rachats interviennent-ils maintenant ? 

Pris séparément, ces dossiers répondent à des stratégies différentes. Observés ensemble, ils présentent toutefois une caractéristique commune : les acquéreurs disposent déjà d’activités dans les jeux de casino en ligne ou les machines de jeu sur d’autres marchés européens. 

Or la France conserve une particularité majeure. Elle autorise les paris sportifs, le poker et les paris hippiques sur Internet, mais pas les jeux de casino en ligne. 

Cette interdiction intervient dans un marché des jeux qui continue de progresser. Selon les chiffres de l’Autorité nationale des jeux, le produit brut des jeux français a atteint 14,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3 % sur un an. Les casinos terrestres ont généré 2,816 milliards d’euros, soit une progression de 3,4 %, avec 31,6 millions d’entrées enregistrées. Les jeux autorisés sur Internet ont, eux, produit 2,617 milliards d’euros, en hausse de 8,5 %. Ils représentaient ainsi 18,5 % du marché français. 

La légalisation des casinos en ligne reste bloquée 

Aucun projet de loi visant à légaliser les casinos en ligne n’est actuellement présenté au Parlement.  

La dernière tentative importante remonte à octobre 2024. L’amendement I-3638 au projet de loi de finances pour 2025 prévoyait d’autoriser les casinos en ligne. Le dispositif envisageait un prélèvement de l’État équivalent à 27,8 % du produit brut des jeux, auquel aurait été ajouté un prélèvement social du même niveau. La charge cumulée aurait donc atteint 55,6 %. Mais l’amendement a finalement été retiré. 

Le 6 novembre 2024, le ministre du Budget Laurent Saint-Martin a ensuite lancé une consultation structurée avec l’Autorité nationale des jeux. Une cinquantaine de représentants des opérateurs physiques et numériques, d’organismes de santé publique, du Parlement et des collectivités locales devaient participer aux discussions. 

Trois sujets étaient étudiés : la prévention de l’addiction, la protection des personnes et de l’ordre public, ainsi que les conséquences économiques pour le secteur et les communes accueillant des casinos. 

Les conclusions étaient attendues au premier trimestre 2025. La chute du gouvernement Barnier le mois suivant a interrompu le processus. 

Les casinos et les communes pèsent dans le débat 

L’opposition du secteur des casinos terrestres a joué un rôle déterminant dans l’échec de la tentative de 2024. Casinos de France et des maires de communes accueillant des établissements ont notamment défendu les enjeux liés à l’emploi et aux finances locales.  

L’Autorité nationale des jeux rappelle pour sa part que la décision appartient au législateur. 

« Le rôle de l’autorité est d’informer le Parlement si le débat venait à s’ouvrir. Cette légalisation ne pourrait intervenir qu’après une discussion du législateur », a déclaré Pascal Chevremont, président de l’Autorité nationale des jeux. 

Le changement de propriétaires des casinos pourrait néanmoins modifier progressivement les rapports de force. Banijay Gaming possède déjà Betclic, tandis que Novomatic et Merkur exploitent des activités de casino en ligne ou de machines de jeu dans d’autres pays européens. 

FDJ United revoit aussi sa stratégie 

Dans le même temps, FDJ United s’interroge sur une partie de ses activités numériques internationales. 

Le groupe avait finalisé en octobre 2024 le rachat de Kindred Group pour 2,45 milliards d’euros. L’opération lui avait notamment apporté Unibet, 32Red et Relax Gaming, ainsi qu’une présence numérique réglementée dans plusieurs marchés européens. 

Mais lors de la publication de ses résultats du premier semestre 2026, le 30 juillet, FDJ United a annoncé un examen stratégique de ses activités de paris et de jeux en ligne. Celui-ci pourrait conduire à des cessions ou à des retraits de certains marchés. 

Sur les six premiers mois de 2026, le produit brut des jeux du groupe s’est établi à 4,314 milliards d’euros, en recul de 1,3 %. Son chiffre d’affaires a diminué de 4,5 %, à 1,782 milliard d’euros. 

Son excédent brut d’exploitation récurrent s’est élevé à 404 millions d’euros, avec une marge de 22,7 %, tandis que le bénéfice net ajusté a atteint 180 millions d’euros. 

Les activités de paris et de jeux en ligne ont enregistré un produit brut des jeux stable de 702 millions d’euros. 

« La performance du groupe au premier semestre reste affectée par la hausse de la fiscalité, ainsi que par des facteurs propres à l’activité de loterie et par l’impact de vagues de chaleur exceptionnelles qui ont pesé sur la fréquentation des points de vente en France », a déclaré Stéphane Pallez, directrice générale de FDJ United. 

Les hausses de taxes appliquées en France, en Roumanie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ont représenté environ 52 millions d’euros sur le semestre. 

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Caroline est spécialisée dans l'industrie des casinos, où elle allie une connaissance approfondie du secteur du jeu en France et une passion pour les innovations numériques. Elle explore les changements qui révolutionnent cette industrie, depuis l'intégration de l'intelligence artificielle dans l'expérience utilisateur et les analyses de données jusqu'aux technologies de blockchain qui renforcent la sécurité et la transparence des transactions. Curieuse et engagée, elle s’intéresse particulièrement aux solutions de jeu responsable et aux nouvelles régulations, abordant des sujets aussi variés que la protection des joueurs, la gestion des comportements à risque, et l'importance des pratiques éthiques.

Grâce à ses articles fouillés et accessibles, Caroline permet aux lecteurs de mieux saisir les tendances, les innovations et les défis d'une industrie en constante mutation. Elle prend soin de démystifier les nouvelles technologies et de faire le lien entre les avancées techniques et leurs implications concrètes pour les joueurs et les opérateurs. Son objectif ? Offrir une vision éclairée et équilibrée sur un secteur en pleine transition, entre tradition et modernité, tout en contribuant à un dialogue autour d’un jeu plus responsable et sécurisé.

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