Taxe sur le jeu : fiasco total pour le gouvernement
En Belgique, une réforme fiscale censée rapporter des dizaines de millions d’euros n’a toujours rien produit. Deux ans après son annonce, la taxe sur les jeux de hasard reste inefficace.
Une réforme ambitieuse restée sans effet
En 2024, le gouvernement flamand avait décidé de revoir en profondeur la taxation des jeux de hasard. L’objectif était clair : augmenter les recettes publiques en alignant davantage la fiscalité du jeu en ligne sur celle des autres formes de jeux. Le taux appliqué aux gains en ligne, fixé à 11 %, devait grimper à 20 %.
Sur le papier, la réforme promettait un rendement significatif : environ 40 millions d’euros supplémentaires par an pour les finances flamandes. Mais deux ans plus tard, cette taxe ne rapporte toujours rien.
Selon les données évoquées dans le débat politique, les joueurs flamands miseraient jusqu’à 18 milliards d’euros par an. Pourtant, les recettes fiscales générées par ce secteur restent limitées, à environ 70 millions d’euros. Un déséquilibre qui suscite l’incompréhension.
Vooruit perd patience face à Ben Weyts
Face à cette absence de résultats, la frustration monte au sein de la majorité. Le parti Vooruit a décidé de hausser le ton et interpelle directement le ministre flamand des Finances, Ben Weyts (N-VA), responsable du dossier. Le reproche principal porte sur l’inaction perçue du gouvernement face à une réforme qui, malgré ses promesses, reste lettre morte.
De son côté, Ben Weyts ne remet pas en cause le principe de la réforme. Il continue de défendre l’augmentation du taux comme une bonne idée. Mais il met en avant un risque majeur : celui de voir les entreprises de jeux de hasard déplacer leurs serveurs vers des régions où la fiscalité est plus avantageuse. L’objectif serait d’éviter une concurrence fiscale entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie, qui pourrait profiter aux opérateurs au détriment des finances publiques.
Une autre piste : taxer les mises plutôt que les gains
Mais pour Vooruit, cette approche ne suffit pas. Dans un communiqué, Simon Bekaert propose une alternative : changer complètement la base de taxation. Plutôt que de taxer les revenus des entreprises de jeux, il suggère de taxer directement les mises des joueurs, comme cela se fait en Allemagne. Une idée qui pourrait transformer en profondeur le système.
« On peut ainsi rendre le jeu moins attractif, » explique-t-il.
Cette approche s’inscrirait également dans une politique plus large visant à limiter l’accès au jeu, notamment chez les jeunes.
Une pression politique appelée à s’intensifier
Deux ans après son annonce, la taxe sur les jeux de hasard en Flandre symbolise un échec politique et fiscal. Entre promesses non tenues, désaccords politiques et complexité du secteur, le dossier reste bloqué. Mais la pression politique ne cesse de croître. Vooruit exige des résultats, tandis que le ministre Weyts appelle à la prudence et à la concertation.

