BAGO alerte sur la chute du jeu légal
Le rapport 2024 de la Commission des jeux de hasard révèle un recul du marché légal. BAGO y voit un signal d’alarme face à la montée des sites illégaux et appelle à agir rapidement.
« Les statistiques parlent d’elles-mêmes »
L’association BAGO, qui représente les opérateurs légaux du secteur, salue la transparence des chiffres du rapport financier 2024 de la CJH. Pourtant, elle y voit surtout la confirmation d’un constat préoccupant qu’elle formule depuis plusieurs mois : le marché légal des jeux de hasard est en recul.
Selon les données de 2024, l’activité globale a chuté de près de 5 %. Une baisse qui touche à la fois les établissements physiques et les plateformes en ligne. Pour BAGO, ce recul marque un déséquilibre croissant dans l’écosystème du jeu en Belgique. L’association met en avant un phénomène qu’elle juge particulièrement alarmant : le transfert des joueurs vers des sites illégaux.
« Les statistiques parlent d’elles-mêmes, » souligne-t-elle.
Parmi les 25 sites de jeux les plus consultés en Belgique, 64 % ne disposent pas de licence officielle. Une proportion qui, selon BAGO, illustre l’ampleur du problème. La politique de canalisation, censée orienter les joueurs vers une offre légale sécurisée, ne remplirait plus son rôle.
Une faille structurelle dans le modèle belge
Au fil de son analyse, BAGO évoque une faille structurelle dans la politique actuelle.
Le principe de canalisation repose sur un équilibre : proposer une offre légale suffisamment attractive pour détourner les joueurs des circuits illégaux. Lorsque l’offre réglementée devient moins compétitive, le risque est immédiat. Les joueurs migrent vers des alternatives plus accessibles, souvent plus visibles en ligne, mais dépourvues de toute protection.
Cette évolution inquiète particulièrement BAGO. Elle ne concerne pas uniquement le chiffre d’affaires des opérateurs légaux, mais aussi la sécurité des joueurs.
Une prudence sur l’interprétation des données
Malgré son ton critique, BAGO appelle toutefois à une lecture nuancée des chiffres. L’association rappelle que les données analysées concernent l’année 2024. Or, plusieurs réformes importantes, notamment celles issues de la loi Van Hecke, ne sont entrées en vigueur qu’à partir du 1er septembre 2024. Leur impact réel n’apparaît donc pas encore pleinement dans les statistiques.
BAGO se projette déjà vers les prochaines publications. Les chiffres de 2025 seront, selon elle, déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures récentes.
Les priorités de BAGO
Face à ces constats, BAGO ne se contente pas d’alerter. Elle formule également des propositions concrètes. Au cœur de ses recommandations figure un renforcement de la Commission des jeux de hasard. L’association insiste sur la nécessité de lui donner les moyens d’agir efficacement contre les opérateurs illégaux.
Mais pour BAGO, la réponse ne peut pas être uniquement répressive. L’association plaide également pour une modernisation en profondeur de la législation. Le secteur des jeux de hasard évolue rapidement, notamment sous l’effet du numérique. Une réglementation inadaptée risque de pénaliser l’offre légale.
Un appel à un cadre « équilibré et tourné vers l’avenir »
Pour BAGO, l’avenir du secteur passe par un cadre réglementaire renouvelé.
« Seul un cadre réglementaire équilibré et tourné vers l’avenir permettra de garantir, à terme, un marché des jeux de hasard sûr, contrôlé et durable en Belgique, » affirme l’association.

