Polymarket interdit en Belgique, mais toujours très visité
Depuis son inscription sur la liste noire de la Commission des jeux de hasard, Polymarket a perdu une grande partie de son audience belge. Mais la plateforme continue pourtant d’attirer environ 70.000 visites par mois.
Une interdiction officielle, mais une présence toujours réelle
En Belgique, Polymarket n’est pas autorisé à opérer. La plateforme figure depuis le 30 janvier 2025 parmi les sites interdits par la Commission des jeux de hasard, faute de disposer de la licence nécessaire pour exercer légalement ses activités sur le marché belge.
Selon les chiffres communiqués par Magali Clavie, présidente de la Commission des jeux de hasard, le trafic belge vers Polymarket est passé d’environ 230.000 visites mensuelles à 70.000 aujourd’hui. La baisse montre que l’inscription sur la liste noire produit un résultat. Mais elle révèle aussi que même interdit, un site peut continuer à conserver une audience significative.
Un défi qui dépasse le seul cas Polymarket
Polymarket n’est pas un cas isolé. D’autres plateformes non autorisées, notamment dans les secteurs des paris sportifs et des casinos en ligne, continuent elles aussi d’attirer des joueurs belges malgré leur présence sur la liste noire de la Commission des jeux de hasard. Les sites de jeux non autorisés représenteraient 60 % du trafic des joueurs belges, malgré les blocages de la Commission des jeux de hasard.
Il y a plusieurs raisons pour expliquer la difficulté à freiner réellement l’accès à ce type de plateforme. Les marchés prédictifs et les sites de jeux illégaux sont souvent basés hors de l’Union européenne. Cette localisation complique l’action des autorités nationales, qui peuvent interdire un site sur leur territoire, mais ne contrôlent pas toujours directement son infrastructure ou ses modes d’accès.
À cela s’ajoutent plusieurs pratiques permettant de contourner les restrictions. L’utilisation d’un VPN peut masquer la localisation réelle d’un utilisateur. Les changements réguliers de noms de domaine peuvent aussi rendre les blocages moins durables. Enfin, l’absence de blocage systématique des flux financiers limite l’efficacité globale de l’interdiction.
La Coupe du monde 2026 pourrait accentuer la pression
Pour les autorités belges, cette période représente donc un moment sensible. L’augmentation de l’intérêt pour les compétitions sportives peut bénéficier aux opérateurs agréés, mais aussi aux sites interdits qui cherchent à attirer des utilisateurs en marge du cadre légal.
La Belgique doit protéger les joueurs, faire respecter la législation et maintenir une offre légale suffisamment attractive pour éviter que les consommateurs ne se tournent vers des plateformes non autorisées.

