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Merkur rachète 7 casinos en France 

Le groupe allemand Merkur prépare son entrée sur le marché français des casinos par le rachat de Casigrangi, maison mère de la Société Française de Casinos. L’opération doit lui permettre de prendre le contrôle de sept établissements situés dans plusieurs régions françaises.  

Merkur choisit une entrée directe sur le marché français 

Plutôt que de construire progressivement un réseau en France, Merkur a choisi une voie beaucoup plus rapide : reprendre un ensemble déjà constitué de casinos disposant de leurs exploitations, de leurs équipes et de leurs implantations locales. 

Le groupe allemand doit acquérir 95 % du capital de Casigrangi. Cette société contrôle elle-même environ 81,21 % de la Société Française de Casinos, entreprise cotée à Paris. L’opération donnera donc indirectement à Merkur le contrôle de cette dernière. 

Au total, le périmètre concerné comprend sept casinos de petite et moyenne taille : Megève, en Haute-Savoie, Granville, dans la Manche, Mimizan, dans les Landes, Gruissan et Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, Collioure, dans les Pyrénées-Orientales, ainsi que Châtel-Guyon, dans le Puy-de-Dôme. 

Les trois premiers établissements sont exploités par Casigrangi. Les quatre autres relèvent de la Société Française de Casinos. L’ensemble des sept casinos représente un produit brut des jeux proche de 35 millions d’euros. 

Un prix qui montre l’intérêt stratégique de l’opération 

Le montant total payé pour Casigrangi et la Société Française de Casinos n’a pas été communiqué. Plusieurs éléments permettent néanmoins de mesurer la valorisation retenue pour la partie cotée de l’ensemble. 

La transaction fait ressortir une valeur de 6,19 euros par action de la Société Française de Casinos. Sur cette base, l’entreprise est valorisée environ 31,5 millions d’euros. 

La valeur de l’opération ne se résume pas aux résultats immédiats de la Société Française de Casinos. Elle tient également à l’accès au marché français, aux autorisations existantes et à la durée des contrats d’exploitation de certains établissements. Les casinos français fonctionnent en effet dans un cadre étroitement lié aux communes. L’exploitation repose sur des délégations de service public, ce qui rend l’entrée sur le marché différente de celle observée dans d’autres pays européens. 

À Collioure, la délégation court ainsi jusqu’au 5 mai 2039. Celle de Port-la-Nouvelle va jusqu’au 31 octobre 2042. Gruissan dispose d’une échéance en février 2032 et Châtel-Guyon en octobre 2031. 

Pourquoi les propriétaires ont-ils décidé de vendre ? 

Casigrangi est actuellement détenue par deux actionnaires. Le Groupe Philippe Ginestet détient 60 % du capital, tandis que Dominique Gortari en possède 40 %. 

La promesse signée avec Merkur prévoit le rachat de 95 % de Casigrangi. Selon les informations publiées, Dominique Gortari doit conserver une participation résiduelle de 5 %, assortie de mécanismes permettant une cession ultérieure. 

Dominique Gortari :  

« Merkur, qui voulait s’implanter en France, nous a approchés. » 

Il souligne également le rapprochement grandissant entre les différentes formes de jeux. Le groupe allemand dispose précisément d’un profil adapté à cette transformation puisqu’il est présent à la fois dans les établissements physiques, les équipements de jeu et les activités numériques autorisées dans certains marchés. 

Casigrangi avait donc atteint, selon son dirigeant, une limite dans son développement autonome. Merkur apporte une puissance financière et industrielle d’une autre dimension. 

Merkur, un groupe de plus de deux milliards d’euros 

En France, le nom de Merkur demeure nettement moins connu que ceux des grands exploitants nationaux. À l’échelle européenne, l’entreprise possède pourtant des dimensions considérables. 

Merkur exploite notamment des centaines de salles de jeux et de bingo en Europe. Il est également présent dans des casinos, sur des navires de croisière, dans les paris sportifs ainsi que dans certaines activités de jeu sur internet là où elles sont légalement autorisées. 

Merkur ne se contente pas d’exploiter les lieux dans lesquels les joueurs se rendent : il conçoit également une partie des équipements utilisés. 

Les casinos français présentent un actif rare : leurs concessions 

Un casino français ne peut pas être considéré comme un simple commerce dont l’activité pourrait être déplacée librement. Les communes interviennent directement dans le cadre d’exploitation, et les contrats de délégation peuvent courir pendant de nombreuses années. 

Cette caractéristique confère une valeur importante aux sociétés déjà implantées. 

Pour un nouvel arrivant, gagner une délégation suppose d’affronter des exploitants en place qui connaissent les collectivités locales et disposent d’une expérience historique du site. L’acquisition d’un groupe déjà titulaire de plusieurs contrats réduit cet obstacle. 

C’est pourquoi des casinos de taille modeste peuvent présenter un intérêt stratégique supérieur à ce que suggèrent leurs seuls résultats financiers

Merkur ne rachète donc pas simplement des bâtiments, des machines ou des recettes. Le groupe acquiert une présence réglementée sur un marché dans lequel les possibilités d’implantation sont étroitement encadrées. 

Le ministère de l’Intérieur doit encore donner son feu vert 

Malgré la signature de la promesse d’achat, l’opération n’est pas encore définitivement réalisée.  

Le rachat est notamment soumis à l’agrément du ministère de l’Intérieur ainsi qu’aux procédures d’information et de consultation prévues pour les salariés concernés. 

La Société Française de Casinos doit également mettre en place un comité particulier et désigner un expert indépendant dans le cadre de l’opération portant sur son capital. 

Si les conditions sont réunies, l’acquisition de Casigrangi doit être réalisée au cours du premier trimestre 2027. Merkur devra ensuite déposer une offre publique d’achat sur les actions de la Société Française de Casinos qu’il ne détiendra pas encore. Cette étape est prévue au premier semestre 2027. 

Sept casinos qui pourraient devenir un point de départ 

Avec sept établissements, Merkur ne deviendra pas immédiatement l’un des plus grands exploitants de casinos français. Mais le nombre d’établissements ne suffit pas à mesurer la portée de l’opération. 

Merkur réalise son premier ancrage structuré en France avec un ensemble déjà opérationnel et des concessions pouvant courir jusqu’en 2042. Le groupe dispose également de ressources financières, industrielles et technologiques bien supérieures à celles d’un exploitant régional. 

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Alex explore le monde des casinos à travers des articles informatifs et divertissants. Nourri par une passion profonde pour l'art et la télévision, chaque texte témoigne d'une attention particulière aux détails et d'une quête d’équilibre entre rigueur et créativité. Que ce soit pour démystifier des stratégies de jeu ou raconter l’histoire fascinante des casinos, son objectif est d'informer tout en captivant ses lecteurs.

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