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Bruxelles refuse la hausse de taxe et provoque la Flandre 

Bruxelles refuse d’augmenter la taxation des jeux de hasard en ligne, malgré les pressions de la Flandre et de la Wallonie. En maintenant un taux de 11 %, la Région bruxelloise espère attirer des opérateurs et augmenter ses recettes fiscales. 

Bruxelles espère récupérer 20 millions d’euros supplémentaires 

La Région bruxelloise entend profiter de sa politique fiscale pour attirer davantage d’activités liées aux jeux de hasard en ligne. Le ministre bruxellois du Budget, Dirk De Smedt, a confirmé cette orientation lors d’échanges avec les députés régionaux, lundi 12 octobre 2026. Le gouvernement bruxellois prévoit une augmentation de ses recettes fiscales de 15 millions d’euros en 2027, puis de 20 millions d’euros par an en 2028 et 2029 grâce à cette stratégie. 

La stratégie bruxelloise commence à produire des effets concrets. Dirk De Smedt a confirmé devant les députés qu’un opérateur établi en Wallonie avait déjà transféré ses serveurs vers la capitale. Selon plusieurs sources concordantes citées par Le Soir le 14 octobre 2026, il s’agirait de Star Casino, exploitant du casino de Chaudfontaine. L’entreprise n’a toutefois pas souhaité commenter cette information. 

Un autre acteur du secteur, Napoleon Games, a également exprimé son intention d’installer ses serveurs de jeux à Bruxelles. Selon les informations publiées par le quotidien, ce transfert n’était cependant pas encore effectif. 

Ces déplacements présentent un intérêt fiscal majeur. En Belgique, la Région bénéficiaire de la taxe sur les jeux en ligne est déterminée par l’emplacement des serveurs informatiques des opérateurs. Une entreprise qui déplace ses serveurs vers Bruxelles peut donc faire basculer les recettes fiscales correspondantes vers la capitale, au détriment de la Région où ses installations étaient précédemment situées. 

La Flandre perd des millions et s’inquiète 

Cette situation suscite une opposition croissante en Flandre, où les autorités souhaitent augmenter la taxation des jeux numériques. 

L’accord de gouvernement flamand prévoit une hausse de cette taxe, mais sous réserve d’une harmonisation des taux dans les trois Régions du pays. Le refus bruxellois constitue donc un obstacle à cette ambition. 

Selon les chiffres relayés par De Standaard et repris par Le Soir, la Flandre a perçu 75 millions d’euros en 2023 contre 69 millions en 2025, soit une baisse de 6 millions d’euros en deux ans. Cette évolution intervient alors que les joueurs se tournent davantage vers les plateformes numériques, taxées à 11 %, au détriment des établissements physiques, soumis au taux de 15 %. 

La Flandre redoute désormais qu’une partie supplémentaire de ses recettes fiscales disparaisse si les opérateurs choisissent d’installer leurs serveurs sur le territoire bruxellois. 

Le gouvernement flamand dénonce un paradis fiscal 

Le cabinet du ministre flamand du Budget, Ben Weyts, critique ouvertement la position de Bruxelles et espère qu’une partie de la majorité régionale changera d’avis. 

« Nous continuons d’espérer que certains partis du gouvernement bruxellois prendront leurs distances avec cette politique visant à faire de Bruxelles une sorte de paradis fiscal pour les jeux d’argent en ligne. » 

Le cabinet flamand considère les jeux en ligne comme particulièrement dangereux en raison de l’absence de contrôle social direct et des risques auxquels sont exposées les personnes vulnérables. 

Bruxelles conteste cependant l’idée qu’une augmentation de la fiscalité constituerait une réponse efficace à l’addiction. Dirk De Smedt rappelle que la protection des joueurs contre cette dépendance ne relève pas des compétences régionales en matière de taxation. 

« Je ne vois absolument pas de lien entre le niveau de taxation et le degré d’addiction », affirme le ministre bruxellois. 

Il souligne également ce qu’il considère comme une contradiction dans le raisonnement des autres gouvernements régionaux : ceux-ci espèrent augmenter leurs recettes fiscales tout en présentant la hausse de la taxe comme un moyen de réduire les activités de jeu. 

Le dossier du casino de Bruxelles ravive les tensions 

Le différend fiscal s’est également invité dans les discussions entourant l’attribution de la nouvelle concession du casino de la Ville de Bruxelles. 

Plusieurs candidats à cette concession ont mentionné, dans leurs dossiers, leur volonté de transférer leurs serveurs vers la Région bruxelloise. Cette perspective a suscité des questions chez certains députés concernant une éventuelle intervention régionale dans une procédure qui relève de la Ville. 

Dirk De Smedt a fermement rejeté ces insinuations. 

« Je n’ai jamais, à aucun moment, eu le moindre contact avec qui que ce soit dans le but d’intervenir dans une procédure d’attribution », a déclaré le ministre. « Les tableaux budgétaires pluriannuels ne prévoient aucune recette supplémentaire découlant de l’attribution de la nouvelle concession de casino de Bruxelles. » 

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Sarah a un regard aiguisé sur les tendances du monde du jeu. Passionnée de sport, elle couvre tous les sujets, du jeu responsable à la législation sur les casinos. Ses articles rendent les sujets complexes accessibles aux lecteurs.

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