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DMCA : comment des casinos disparaissent de Google 

Une page stratégique peut continuer à apparaître comme indexée dans les outils de suivi de Google tout en ayant déjà disparu des résultats de recherche. Ivana Flynn, cofondatrice de DMCABoss et spécialiste du référencement, décrit un système où une procédure destinée à protéger les créateurs peut être détournée pour faire disparaître les pages de concurrents. 

Une page rentable peut disparaître sans avertissement clair 

Selon Ivana Flynn, une page peut ne plus être visible dans les résultats de Google alors que l’outil de suivi de l’indexation indique toujours qu’elle est indexée. Les notifications ne seraient par ailleurs pas systématiques : certaines suppressions sont signalées, tandis que d’autres peuvent intervenir sans que l’éditeur comprenne immédiatement leur origine. 

Face à une baisse soudaine du trafic, les responsables du référencement peuvent d’abord rechercher une pénalité, une modification de l’algorithme ou un problème technique. Or, d’après Flynn, une plainte liée au droit d’auteur peut être à l’origine de la disparition. 

Flynn explique que les sites d’opérateurs disposent souvent d’un nombre relativement limité de pages particulièrement rentables, notamment autour des paris sportifs, du casino ou du casino avec croupiers en direct. Une attaque ciblant ces pages peut donc provoquer des dommages importants. Les sites d’affiliation possèdent généralement davantage de pages, ce qui oblige à élargir l’attaque pour produire un effet comparable. 

Une loi de protection du droit d’auteur détournée 

Le mécanisme repose sur le Digital Millennium Copyright Act, loi américaine adoptée en 1998 afin de protéger les œuvres diffusées sur internet contre leur reproduction non autorisée. Dans son principe, la procédure permet à un titulaire de droits de signaler l’utilisation illicite de son contenu. Le problème décrit dans l’entretien apparaît lorsque quelqu’un revendique frauduleusement la propriété d’un contenu afin d’obtenir la suppression d’une page concurrente. 

Un individu peut transmettre à Google une demande affirmant qu’un contenu lui appartient alors que ce n’est pas le cas. Si la demande entraîne le retrait de la page des résultats, le propriétaire légitime doit ensuite contester la plainte afin d’obtenir son rétablissement. 

Les plaintes frauduleuses seraient parfois extrêmement rudimentaires. Flynn affirme avoir observé des dossiers utilisant des adresses sans véritable rapport avec l’œuvre prétendument copiée. Elle décrit même des situations où une page serait accusée d’avoir copié une autre page appartenant au même site. Malgré l’incohérence apparente de ces dossiers, des suppressions pourraient tout de même être appliquées. 

Pourquoi cette méthode attire les attaquants 

Les attaques contre le référencement ne sont pas nouvelles. Liens nuisibles, attaques par déni de service ou manipulation des signaux de clic font partie des méthodes évoquées dans l’entretien. Elles peuvent cependant demander des ressources et produire des résultats incertains. Une fausse plainte pour violation du droit d’auteur présente, selon Flynn, une caractéristique autrement plus inquiétante : elle peut être déposée très rapidement et pratiquement sans coût. 

« La visibilité disparaît », explique en substance Flynn lorsqu’elle décrit les conséquences d’un retrait.  

Elle estime également que les attaquants ciblent les adresses les plus importantes plutôt qu’une page choisie au hasard. 

Le véritable piège commence après la première récupération 

Récupérer une page une première fois ne signifie pas nécessairement que l’incident est terminé. Les attaquants peuvent empiler plusieurs plaintes contre la même adresse. La page revient dans Google après une contestation, puis une autre plainte est traitée et elle disparaît à nouveau. Selon Flynn, ces cycles répétés peuvent laisser une page indisponible plus souvent qu’elle n’est visible et dégrader progressivement son classement. 

Le deuxième retrait révèle également une faiblesse du processus de contestation. Flynn affirme qu’après avoir déjà obtenu le rétablissement d’une adresse, le système peut indiquer de ne pas soumettre une nouvelle fois une adresse précédemment traitée. L’attaquant pourrait donc recommencer sa plainte alors que la victime rencontrerait davantage de difficultés pour répéter sa contestation. 

« Si les attaques répétitives sont autorisées, il faut aussi permettre les récupérations répétitives », réclame en substance la spécialiste.  

Elle dit avoir trouvé une méthode pour traiter ce cas, mais refuse d’en dévoiler publiquement le fonctionnement afin d’éviter que les attaquants ne cherchent à la contourner. 

Douze heures ou plusieurs mois : le temps devient de l’argent 

Dans cette bataille, la durée de l’indisponibilité est déterminante. Une page absente pendant douze heures peut limiter les dégâts. Une page stratégique invisible pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois peut en revanche faire perdre une partie considérable de son trafic et de ses revenus. 

L’enjeu devient encore plus sérieux lorsque plusieurs pages rentables sont visées simultanément. Flynn explique que les attaquants peuvent identifier les adresses les plus importantes d’un site et automatiser de nouvelles plaintes dès qu’elles sont rétablies. 

Après validation d’une contestation, le retour effectif dans l’index ne serait d’ailleurs pas toujours instantané. Flynn évoque généralement un délai de 12 à 24 heures, avec des cas plus rapides, mais aussi des dossiers restant bloqués. Au-delà de 36 à 48 heures, elle considère qu’une intervention supplémentaire peut être nécessaire. 

Après avoir traité un grand nombre d’adresses, Flynn affirme voir régulièrement des équipes rédiger de longues explications juridiques. Or elle recommande des contestations courtes et précises : identifier la page concernée, la plainte correspondante, expliquer qu’il s’agit d’un retrait frauduleux et fournir les éléments permettant d’établir l’antériorité du contenu. Selon elle, quelques lignes suffisent généralement. 

Elle déconseille également d’utiliser certaines voies de contestation qui conduiraient vers des délais beaucoup plus longs. L’entretien rapporte que le mauvais parcours peut transformer une récupération normalement rapide en attente de plusieurs mois. 

Autre recommandation : traiter les adresses individuellement. Flynn explique que les demandes groupées risquent d’être orientées vers un traitement plus lent. Son organisation consiste donc à recenser les pages retirées, associer chacune à la plainte correspondante et conserver un suivi précis des demandes et des réponses. 

Toutes les plaintes visibles ne produisent pas un retrait 

Trouver une plainte ne signifie pas nécessairement que Google l’a appliquée. 

Flynn recommande d’abord d’identifier les pages réellement absentes des résultats avant de lancer des contestations. Un site peut présenter un grand nombre de plaintes enregistrées alors que seule une fraction d’entre elles a effectivement provoqué un retrait. 

Flynn conseille de commencer par les pages plus importantes, mais de traiter ensuite l’ensemble des retraits. Son raisonnement est que l’accumulation de problèmes non contestés pourrait finir par peser sur la confiance accordée au site. 

C’est dans ce contexte qu’a été développé DMCABoss, dont Flynn est cofondatrice. Le service surveille les pages renseignées, recherche les plaintes correspondantes et vérifie leur présence dans Google. Il cherche ainsi à distinguer une disparition liée à une plainte pour droit d’auteur d’un problème de référencement d’une autre nature. 

L’outil peut également préparer certaines informations nécessaires à la contestation et rechercher une version archivée de la page. L’intervention humaine reste cependant nécessaire pour terminer la procédure. 

Google devrait-il vérifier davantage les plaignants ? 

Pour Flynn, la solution durable ne peut pas uniquement reposer sur les victimes. Elle estime que Google devrait renforcer la vérification des personnes déposant les plaintes et permettre clairement de contester plusieurs fois une même suppression lorsqu’une adresse subit des attaques successives. 

Son souhait est explicite : « Vérifiez les attaquants. » 

Elle propose notamment une vérification de l’identité ou des informations professionnelles du plaignant. Flynn reconnaît toutefois ne pas être optimiste quant à une modification rapide du système. Selon son analyse, le mécanisme actuel n’a pas été conçu pour faire face à des campagnes répétitives utilisées comme arme concurrentielle. Elle considère néanmoins qu’une partie des informations nécessaires existe déjà puisque le système sait qu’une adresse a précédemment fait l’objet d’une récupération. 

Après dix ou douze attaques, les campagnes finiraient par ralentir 

Flynn affirme qu’après environ dix, onze ou douze attaques contre une même adresse, les suppressions finissent généralement par s’arrêter ou ralentir fortement. Elle ne prétend toutefois pas connaître la raison exacte. 

Deux explications sont avancées : Google pourrait finir par ne plus traiter de la même manière les nouvelles plaintes après avoir rétabli plusieurs fois la même page, ou l’attaquant pourrait simplement conclure que sa cible est capable de récupérer systématiquement et décider d’en choisir une autre. 

Elle déconseille en revanche de rediriger immédiatement une page attaquée vers une nouvelle adresse. Si l’attaquant détecte cette redirection, il peut simplement viser la nouvelle page, ce qui relance le cycle. 

Pour les casinos en ligne comme pour les sites d’affiliation, la bataille ne se joue donc plus seulement sur la qualité des contenus ou leur position dans les résultats. Elle se joue aussi sur la capacité à détecter qu’une page rentable a disparu, à identifier la raison de cette disparition et à agir avant que quelques heures ne deviennent plusieurs semaines. 

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Alex explore le monde des casinos à travers des articles informatifs et divertissants. Nourri par une passion profonde pour l'art et la télévision, chaque texte témoigne d'une attention particulière aux détails et d'une quête d’équilibre entre rigueur et créativité. Que ce soit pour démystifier des stratégies de jeu ou raconter l’histoire fascinante des casinos, son objectif est d'informer tout en captivant ses lecteurs.

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