Les Pays-Bas veulent unir les régulateurs européens
La Kansspelautoriteit continue de plaider pour une coopération renforcée entre les régulateurs européens. Elle souhaite notamment voir renaître le groupe d’experts européen consacré aux services de jeux d’argent, supprimé en 2018.
Les Pays-Bas cherchent une solution hors de Bruxelles
Huit ans après la disparition du groupe européen d’experts consacré aux jeux d’argent, le dossier reste ouvert aux Pays-Bas. Roos Lawant, directrice de la protection des joueurs au sein de la Ksa, explique que son organisation continue de défendre le retour d’une telle coopération européenne.
Face à l’absence de réponse concrète, une autre possibilité est désormais évoquée : ne plus attendre nécessairement une initiative des institutions européennes. Selon elle, les régulateurs pourraient envisager de réunir leurs propres moyens financiers afin de soutenir une nouvelle organisation d’experts.
« En tant que Kansspelautoriteit, nous pouvons par exemple examiner si nous pouvons parvenir, avec d’autres autorités européennes, à un financement destiné à soutenir un nouveau groupe d’experts. »
Un groupe européen disparu depuis 2018
Jusqu’en 2018, un groupe d’experts sur les services de jeux d’argent existait auprès de la Commission européenne. Cette structure réunissait 30 membres provenant de différents États de l’Union européenne. Elle permettait ainsi à des représentants nationaux de se retrouver autour des problématiques liées au secteur des jeux d’argent.
Le groupe a finalement été supprimé en 2018. Trois ans plus tard, en 2021, quatorze autorités européennes de régulation ont demandé son retour. Mais leur demande n’a pas abouti.
Thierry Breton considérait que les jeux d’argent en ligne devaient être réglementés au niveau national. Cette position s’opposait à l’argument avancé par les autorités de régulation, qui insistaient sur la dimension transfrontalière du secteur.
La Kansspelautoriteit maintient la pression
Roos Lawant confirme que la Kansspelautoriteit continue de réclamer activement le retour du groupe d’experts. La démarche s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les échanges entre les autorités chargées de contrôler les marchés nationaux.
L’idée avait également été défendue plus tôt en 2026 par Michel Groothuizen, président de la Kansspelautoriteit. Celui-ci avait utilisé une formule particulièrement évocatrice en estimant que le marché européen des jeux d’argent en ligne avait besoin d’une sorte d’« Interpol des jeux d’argent ».
Une coopération européenne existe déjà sur le terrain
L’absence du groupe d’experts ne signifie toutefois pas que les régulateurs travaillent chacun de leur côté. En attendant une éventuelle nouvelle structure européenne, la Kansspelautoriteit développe déjà des collaborations directes avec ses homologues.
Plus tôt en 2026, l’autorité néerlandaise a notamment conclu un nouvel accord de coopération avec Spillemyndigheden, l’autorité de régulation danoise, ainsi qu’avec six autres régulateurs.

