Les joueurs belges en danger : l’IA recommande des casinos illégaux
Le débat autour du marché noir des jeux d’argent a pris une nouvelle dimension cette semaine. iGaming.com a mis en avant une précédente enquête conjointe menée par The Guardian et Investigate Europe, qui a révélé que plusieurs chatbots IA populaires redirigent régulièrement les utilisateurs vers des casinos en ligne non agréés.
Au cours de cette enquête, ChatGPT, Meta AI, Grok, Gemini et d’autres assistants IA ont été testés à l’aide de questions portant sur les casinos en ligne, les bonus et les opérateurs, sans vérification d’âge ni d’identité. Dans une grande partie des réponses, les systèmes ont orienté les utilisateurs vers des opérateurs ne disposant pas de licence européenne ou ont fourni des informations sur les moyens de contourner les registres nationaux d’auto-exclusion. Il semble désormais que ce phénomène ait pris une ampleur alarmante depuis la dernière enquête.
L’IA remplace le moteur de recherche traditionnel
Selon divers experts, cette situation est préoccupante, car l’IA remplace le moteur de recherche traditionnel pour un nombre croissant de consommateurs. Alors que les casinos réglementés doivent se conformer à des règles strictes en matière de protection des joueurs, de jeu responsable et de vérification d’identité, bon nombre de ces casinos offshore opèrent en dehors de la supervision des régulateurs européens.
Selon le cabinet d’études de marché Yield Sec, le marché des jeux d’argent en ligne illégaux en Europe générait déjà des dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires dès 2024. Cela accentue la pression exercée tant sur les entreprises technologiques que sur les régulateurs pour qu’ils protègent davantage les systèmes d’IA contre la promotion d’opérateurs illégaux.
Un signal important pour la Belgique également
Ces conclusions concernent non seulement le Royaume-Uni, mais aussi la Belgique. La Commission des jeux met en garde depuis longtemps contre la prolifération des casinos illégaux qui ciblent les joueurs belges via les moteurs de recherche, les programmes d’affiliation et les réseaux sociaux.
Selon les experts, si les chatbots basés sur l’IA commencent à recommander ces mêmes opérateurs non agréés, un nouveau canal de distribution verra le jour, contournant largement les réglementations existantes. Cela risque de compromettre en partie les efforts des opérateurs légaux, des régulateurs et des affiliés qui ne font la promotion que des casinos agréés.
L’IA devient le nouveau SEO
Alors que la bataille en ligne s’est concentrée pendant des années sur les résultats de recherche de Google, elle semble désormais s’orienter progressivement vers l’IA générative. Les consommateurs posent de plus en plus souvent des questions telles que « Quel est le meilleur casino en ligne ? » ou « Où puis-je obtenir le bonus le plus élevé ? » directement à un chatbot.
Si, ce faisant, les systèmes d’IA recommandent par inadvertance des opérateurs illégaux, cela crée un nouveau risque pour les consommateurs et pour le marché réglementé des jeux d’argent. La question qui se pose avec de plus en plus d’acuité au sein du secteur des jeux d’argent en ligne est donc de savoir qui en est responsable : les plateformes d’IA, les développeurs des modèles ou les régulateurs chargés d’adapter la réglementation.

