Pourquoi Marc Coucke apparaît dans l’affaire du casino de Bruxelles
Le futur du casino de Bruxelles reste suspendu à une décision de la Ville après l’intervention du Conseil d’État. Au cœur de ce marché estimé à environ 750 millions d’euros sur quinze ans, plusieurs noms prestigieux apparaissent dans l’offre de Napoleon Games, dont ceux de Marc Coucke et de l’ancien champion du monde d’échecs Gary Kasparov.
Une décision suspendue par le Conseil d’État
Le 17 juillet, le collège de la Ville de Bruxelles avait choisi ECK pour reprendre la concession du casino pendant quinze ans. L’offre de Viage, l’exploitant actuel, n’avait pas été retenue. Mais à la fin du mois d’août, le Conseil d’État a suspendu cette décision. Plusieurs éléments utilisés pour évaluer les offres n’avaient pas été suffisamment ou clairement motivés.
La Ville doit désormais choisir entre plusieurs voies : confirmer sa décision en la motivant davantage, procéder à une nouvelle évaluation des candidatures ou recommencer la procédure. Près de 300 emplois sont directement concernés, tout comme d’importantes recettes pour les finances bruxelloises.
Marc Coucke apparaît à plusieurs niveaux dans l’offre
Marc Coucke est indirectement lié à l’offre déposée par ECK, la société mère de Napoleon Games. Le candidat prévoyait notamment de s’appuyer sur la société Het Witte Paard pour organiser une partie des animations du futur casino.
Cette société est détenue à 49 % par Alychlo, la holding de Marc Coucke. Les 51 % restants appartiennent à Ben Van den Keybus, qui a lui-même signé une lettre de soutien à la candidature.
Un autre lien attire l’attention : Marc Coucke détient 70 % du Royal Sporting Club Anderlecht, tandis que Napoleon Games sponsorise le club. Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, en est par ailleurs administrateur. Ces connexions ont alimenté les critiques de ceux qui estiment que le bourgmestre aurait dû se retirer du dossier avant la décision prise en juillet.
Dans l’entourage de Philippe Close, les soupçons de conflit d’intérêts sont rejetés. Une source estime qu’il est difficile pour le bourgmestre de Bruxelles de ne connaître aucun des acteurs concernés par un dossier de cette importance.
« On peut faire ce faux procès à Philippe Close pour quasiment tous les candidats », affirme cette source, rappelant que le bourgmestre connaît également depuis longtemps d’autres groupes actifs dans le secteur.
L’hypothèse d’un lien avec le projet Neo
Une autre théorie a circulé dans certains milieux politiques : la Ville chercherait à rapprocher Marc Coucke du projet Neo, au Heysel, avec l’espoir qu’il puisse un jour y investir. Aucune preuve ne permet de relier cette hypothèse au dossier du casino. Dans l’entourage du bourgmestre, cette idée est même qualifiée de « tirée par les cheveux ».
La Région a accordé un prêt de plus de 50 millions d’euros à la nouvelle version du projet Neo. Mais rien ne permet, à ce stade, d’établir que la Ville aurait besoin de Marc Coucke pour mener ce projet à bien, ni qu’une telle perspective aurait influencé l’attribution du casino.
Gary Kasparov, un soutien inattendu
Un autre nom prestigieux apparaît dans le dossier : Gary Kasparov.
L’ancien champion du monde d’échecs a fourni une lettre de recommandation à Napoleon Games. Dans ce document, il évoque la possibilité d’organiser à Bruxelles une importante compétition internationale d’échecs.
Cette perspective pouvait renforcer l’un des arguments de la candidature : attirer à Bruxelles un public international et générer des retombées touristiques. La présence de Kasparov dans le dossier est d’autant plus remarquée que sa notoriété dépasse largement le monde des échecs.
Philippe Close se retire du premier plan
Face à la polémique, Philippe Close a pris ses distances avec le dossier. C’est désormais l’échevine Nawal Ben Hamou qui en assure le suivi.
Selon son entourage, cette décision vise précisément à mettre fin aux accusations récurrentes de conflit d’intérêts. Le Conseil d’État, saisi en urgence sur la procédure, ne s’est d’ailleurs pas prononcé sur l’existence d’un éventuel conflit d’intérêts.
Une course contre la montre avant le 31 décembre
Derrière les noms de Marc Coucke, Gary Kasparov et les débats politiques, une urgence beaucoup plus concrète demeure : celle des salariés du casino.
Près de 300 personnes attendent toujours de savoir ce qu’il adviendra de l’établissement après l’expiration de la concession actuelle. La date du 31 décembre constitue désormais l’échéance centrale du dossier.
La Ville doit donc résoudre une équation délicate : sécuriser juridiquement l’attribution d’un contrat estimé à 750 millions d’euros sur quinze ans, répondre aux critiques entourant la procédure et éviter qu’une incertitude prolongée ne pèse davantage sur les travailleurs du casino.

