Polymarket change de stratégie en Europe
Interdit en Belgique depuis janvier 2025, Polymarket tente de faire reconnaître ses marchés prédictifs comme des instruments financiers plutôt que comme des jeux de hasard.
Une nouvelle stratégie pour contourner le casse-tête réglementaire
Polymarket tente désormais de convaincre les autorités européennes que ses contrats devraient relever de la réglementation financière.
Dans l’Union européenne, les jeux de hasard restent largement réglementés au niveau national. Une entreprise voulant proposer ses services dans plusieurs pays doit donc composer avec différents régulateurs, licences et législations.
Une reconnaissance comme fournisseur de produits financiers pourrait offrir à Polymarket un environnement réglementaire plus harmonisé. Mais cette solution est loin de garantir son retour auprès des utilisateurs européens.
Pourquoi Polymarket pose un problème aux régulateurs
Le fonctionnement de Polymarket se distingue d’un site de paris classique, même si le résultat financier dépend toujours d’un événement futur incertain.
Sur la plateforme, les utilisateurs prennent position sur la réalisation d’un événement. Celui-ci peut concerner une compétition sportive, une décision économique, une évolution financière ou encore un événement politique. La valeur du contrat évolue ensuite en fonction de l’offre et de la demande. Le prix reflète ainsi la probabilité que les participants au marché attribuent à la réalisation de l’événement.
C’est cette mécanique de marché qui constitue aujourd’hui l’un des principaux arguments de Polymarket pour défendre une qualification financière de son activité.
L’Europe rappelle que changer de statut ne suffit pas
Le 3 juillet 2026, l’Autorité européenne des marchés financiers a publié une mise au point consacrée à l’essor des marchés prédictifs.
Elle décrit les contrats événementiels comme des produits dont le résultat financier dépend d’une réponse binaire à une question concernant un événement futur. Un paiement déterminé est effectué lorsque l’événement se réalise, tandis qu’aucun paiement n’intervient dans le cas contraire.
Mais l’autorité européenne souligne un point déterminant : la qualification juridique dépend de la structure du contrat et de la nature de l’événement concerné. Un même produit peut donc, selon les circonstances, entrer dans le champ des instruments financiers tout en étant également considéré comme un pari selon le droit national.
Le piège des options binaires
Le principal obstacle pourrait venir de la réglementation des options binaires.
Lorsque certains contrats événementiels sont considérés comme des instruments financiers et fonctionnent sur un résultat binaire, les règles européennes relatives aux options binaires peuvent s’appliquer. Or la commercialisation, la distribution ou la vente de certaines options binaires aux clients particuliers fait l’objet de restrictions particulièrement sévères en Europe.
Selon les précisions rappelées par l’autorité européenne, une entreprise distribuant dans l’Union européenne des contrats événementiels considérés comme des instruments financiers doit disposer des autorisations nécessaires en tant qu’entreprise d’investissement. Cette exigence peut également s’appliquer lorsque les produits ne sont pas destinés aux clients particuliers.
En Belgique, Polymarket reste interdit
Le domaine de Polymarket figure sur la liste noire de la Commission des jeux de hasard depuis le 30 janvier 2025. La plateforme ne dispose pas de l’autorisation nécessaire pour proposer légalement ses services aux joueurs belges.
À ce jour, les démarches entreprises auprès des autorités financières européennes ne modifient pas cette situation. Si les contrats de Polymarket continuent d’être considérés comme des jeux de hasard en Belgique, la législation belge reste applicable et les autorisations de la Commission des jeux de hasard demeurent nécessaires.

