EPIS : plus de 715 000 tentatives d’accès refusées en 2025
En Belgique, le système EPIS a bloqué 715 373 tentatives d’accès aux jeux de hasard en 2025. Au total, 66 998 personnes étaient inscrites sur la liste des exclusions volontaires à la fin de l’année.
EPIS : plus de 715 000 tentatives d’accès refusées en 2025
Au cours de l’année 2025, 715 373 tentatives d’accès ont été bloquées parce que les personnes concernées figuraient dans le système EPIS.
Une très grande majorité de ces refus concerne les jeux de hasard proposés sur Internet. Selon le rapport annuel de la Commission des jeux de hasard (CJH), 690 074 tentatives d’accès bloquées ont été enregistrées auprès des établissements de jeux de hasard en ligne.
Les autres refus représentent 25 299 tentatives d’accès, soit environ 3,5 % du total. Cette répartition montre à quel point les contrôles effectués dans l’environnement numérique occupent une place importante dans l’application du dispositif.
Une précision est cependant essentielle pour interpréter correctement ces données : 715 373 blocages ne signifient pas que 715 373 joueurs différents ont tenté de contourner une interdiction. Le rapport comptabilise des tentatives d’accès, et non des personnes distinctes. Un même individu peut donc être à l’origine de plusieurs refus.
Pour BAGO, l’association représentant une partie importante des opérateurs belges agréés, ces résultats démontrent que le système ne se limite pas à enregistrer les exclusions. Il permet également de faire appliquer les interdictions au sein de l’offre légale.
Pourquoi les demandes d’exclusion volontaire augmentent-elles ?
Au-delà des tentatives d’accès bloquées, un autre indicateur attire l’attention : le nombre de demandes d’exclusion volontaire traitées par la Commission des jeux de hasard.
En 2025, la Commission a traité 16 358 demandes, contre 12 509 l’année précédente. Cela représente 3 849 demandes supplémentaires, soit une progression d’environ 30,8 % en un an. À la fin de l’année 2025, 66 998 personnes figuraient parmi les exclusions enregistrées à leur propre demande.
Cette évolution témoigne d’un recours plus important aux procédures d’exclusion volontaire. Elle intervient dans un contexte où les démarches ont été progressivement simplifiées. Depuis la fin de l’année 2021, les joueurs disposent notamment de la possibilité d’introduire leur demande d’exclusion directement en ligne, au moyen d’un système d’identification électronique.
Les chiffres de 2025 montrent que cette possibilité occupe désormais une place prépondérante. Selon la Commission, 75,98 % des demandes d’exclusion volontaire ont été introduites par cette voie électronique.
Le rôle des proches devient de plus en plus important
Les statistiques de 2025 révèlent également une évolution dans la manière dont les joueurs peuvent être accompagnés lorsqu’ils demandent leur exclusion.
Depuis juillet 2023, une personne qui effectue une demande d’exclusion volontaire peut désigner une personne de confiance. Il peut s’agir de son partenaire, d’un membre de sa famille ou d’un ami. La personne désignée est informée de la demande d’exclusion et de son éventuelle levée. Elle peut ainsi apporter un soutien supplémentaire à celui ou celle qui souhaite s’éloigner des jeux de hasard.
Le recours à cette mesure a fortement augmenté. En 2024, 2 093 demandes d’exclusion volontaire étaient accompagnées de la désignation d’une personne de confiance. En 2025, ce chiffre est passé à 6 394 demandes. Cela représente 4 301 demandes supplémentaires et un volume plus de trois fois supérieur à celui de l’année précédente.
Les jeux illégaux, une limite pour les dispositifs de protection ?
BAGO souligne que les protections mises en place dans le secteur agréé s’inscrivent dans un environnement réglementé et contrôlé. L’association considère donc que la lutte contre les jeux de hasard illégaux fait partie des conditions nécessaires à une politique de protection efficace. Son raisonnement repose sur la possibilité de faire respecter des obligations communes aux opérateurs autorisés.
Dans un cadre agréé, les établissements concernés sont soumis aux règles applicables aux exclusions et à leur contrôle. À l’inverse, le dispositif EPIS ne garantit pas, à lui seul, qu’une personne exclue ne puisse jamais accéder à une offre de jeux illégale.
Cette distinction explique pourquoi BAGO défend deux priorités complémentaires : renforcer les mesures de protection au sein de l’offre autorisée et lutter contre les opérateurs illégaux.
L’association insiste également sur la nécessité d’orienter les joueurs vers les offres agréées.

