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L’IA cite des sites de jeux illégaux : pourquoi l’étude du KVA concerne aussi la Belgique 

Un joueur belge demande à un assistant IA quels casinos en ligne sont fiables. La réponse apparaît sous la forme d’une liste claire, avec de courtes descriptions et peut-être même l’assurance que les opérateurs disposent d’une licence. Mais qui a vérifié cette licence ? Et pour quel pays est-elle réellement valable ? 

Ce sont les questions soulevées par une nouvelle étude néerlandaise sur l’IA générative. Le Keurmerk Verantwoorde Affiliates (KVA) a constaté que les dix outils testés citaient, au cours des tests, des opérateurs ne disposant pas d’une licence néerlandaise. Certaines réponses allaient plus loin : des marques non agréées étaient présentées comme légales, ou l’absence de mesures de protection des joueurs était décrite comme un avantage. 

L’étude porte sur les Pays-Bas. Elle est toutefois aussi pertinente pour la Belgique, où la protection des joueurs dépend également des licences, du contrôle d’identité et d’un registre d’exclusion. Une réponse erronée d’une IA peut masquer ces différences. Pour la Belgique, la question pratique est donc la suivante : un joueur peut-il faire confiance à une recommandation lorsque l’assistant n’applique pas correctement les règles locales ? 

Dix outils d’IA testés, aucun n’a totalement évité de citer des opérateurs 

Le KVA a examiné ChatGPT, Google AI Mode, Google Gemini, Microsoft Copilot, Perplexity, Claude, Grok, DeepSeek, Mistral Le Chat et Meta AI. Les chercheurs ont utilisé trois séries de questions : des demandes générales sur les casinos, des questions orientées vers des offres sans le registre néerlandais Cruks, et des questions formulées dans un cadre de recherche. 

Les dix outils ont cité au moins une fois, dans une conversation testée, un opérateur ne disposant pas d’une licence néerlandaise. Huit l’ont déjà fait dans la série de questions neutres ou orientées. Avec Google AI Mode, Mistral Le Chat, DeepSeek et Grok, la première question orientée a suffi. Claude et Meta AI se sont montrés plus prudents dans les deux premières séries, mais ont finalement cité des opérateurs dans le cadre de recherche. 

L’étude complète du KVA sur l’IA générative et les jeux de hasard illégaux en ligne a été publiée le 30 septembre 2026. Elle repose sur un échantillon limité. Les chercheurs ont vérifié si des noms ou des domaines étaient mentionnés ; ils n’ont pas testé s’il était ensuite possible d’ouvrir un compte ou de déposer de l’argent. 

Cette distinction est importante. Les résultats prouvent que des opérateurs non agréés sont apparus dans les réponses étudiées. Ils ne prouvent pas que chaque utilisateur reçoit les mêmes réponses, que tous les outils recommandent constamment des casinos illégaux, ni que des joueurs belges ont effectivement commencé à jouer à la suite de ces réponses. 

Citer le nom d’un casino n’est pas toujours une recommandation 

Dans le tableau récapitulatif, le résultat semble simple : dix outils, dix cas d’offres non agréées. Mais derrière ce total se cachent différents types de réponses. Certains outils présentaient positivement certaines caractéristiques d’opérateurs. D’autres faisaient référence à des affaires publiques de sanction, en citant des entreprises visées par le régulateur néerlandais. 

Un nom cité dans un avertissement n’a pas la même signification qu’un nom figurant dans une liste de casinos recommandés. Le KVA a comptabilisé les deux situations dès qu’un opérateur non agréé était cité concrètement. Pour évaluer le comportement d’un outil d’IA, il faut donc aussi tenir compte du contexte, des sources mentionnées et de la formulation. 

Cette nuance rend encore plus préoccupantes les affirmations erronées concernant les licences. Un assistant qui résume une affaire de sanction peut fournir une information légitime. Un assistant qui présente le même opérateur non agréé comme contrôlé et légal donne en revanche au consommateur une fausse raison de lui faire confiance. 

Pour la Belgique, une éventuelle étude complémentaire devrait préserver cette distinction. Elle devrait mesurer quels opérateurs sont cités, comment ils sont décrits et si leurs sites exacts disposent de la licence belge requise. Le simple nombre de noms mentionnés ne raconte pas toute l’histoire. 

En Belgique, il s’agit d’EPIS et non de Cruks 

Les questions néerlandaises portaient en partie sur des casinos sans Cruks. Ce registre vise à empêcher les joueurs exclus de participer aux jeux proposés par des opérateurs agréés aux Pays-Bas. La Belgique utilise son propre système : EPIS, l’Excluded Persons Information System. 

Une analyse belge ne peut donc pas simplement remplacer le mot Cruks et reprendre les conclusions néerlandaises. Les licences, les institutions et les obligations diffèrent. Notre explication des différences entre EPIS en Belgique et Cruks aux Pays-Bas fournit davantage de contexte sur les deux registres. 

Pour les joueurs en ligne belges, l’absence du contrôle EPIS requis ne constitue pas une liberté supplémentaire rendant un casino plus attrayant. Cela signifie qu’une mesure importante de protection des joueurs n’est pas appliquée. Pour une personne qui s’est exclue afin de prendre ses distances avec le jeu, une présentation positive de l’absence d’un tel contrôle peut être particulièrement préjudiciable. 

Aucun test belge n’a par ailleurs été réalisé dans le cadre de l’étude du KVA. Sur la base de ces données, nous ne savons donc pas quelles réponses les dix outils donneraient à des questions spécifiques concernant EPIS. Les résultats néerlandais constituent une raison d’étudier cette question, et non une preuve que tous les outils se comportent exactement de la même manière en Belgique. 

Une licence étrangère n’est pas une autorisation belge 

Le principal piège pour les utilisateurs belges concerne le sens du mot « légal ». Un opérateur peut disposer d’une licence dans un autre pays sans être pour autant autorisé à proposer des jeux d’argent en ligne en Belgique. Une référence générale à une licence internationale ne répond donc pas à la question belge. 

Une licence néerlandaise délivrée par la Kansspelautoriteit n’est pas non plus une licence belge de la Commission des jeux de hasard. Une personne qui demande quels casinos sont fiables en Belgique a besoin d’informations valables pour la Belgique et pour l’activité concernée. Un assistant qui mélange les licences étrangères et belges peut fournir une réponse convaincante mais inutilisable. 

C’est pourquoi la vérification doit aller au-delà du nom de la marque. Il faut vérifier l’exploitant, la catégorie de licence et, surtout, l’adresse exacte du site internet. Les registres officiels de licences de la Commission belge des jeux de hasard distinguent plusieurs catégories. Un nom similaire ou un logo professionnel ne suffit pas à établir qu’un site appartient à un opérateur agréé. 

Gambling Club l’explique plus en détail dans son dossier sur la différence entre les opérateurs de jeux de hasard légaux et illégaux en Belgique. La règle pratique reste simple : une affirmation figurant dans une réponse d’IA doit pouvoir être vérifiée auprès du régulateur compétent. 

Des casinos non agréés ont été présentés à tort comme légaux 

Selon les résultats de l’étude, Microsoft Copilot, Mistral Le Chat et Google Gemini ont inclus des marques non agréées dans des listes présentées comme légales ou titulaires d’une licence néerlandaise. Dans l’une de ces listes, Copilot affirmait en outre que les opérateurs cités étaient reliés à Cruks. 

Il s’agit d’un autre problème qu’un simple avertissement incomplet. L’utilisateur peut précisément avoir demandé un opérateur vérifié et recevoir ensuite une réponse qui dissimule l’absence de licence. Des termes comme « agréé » ou « contrôlé » peuvent alors créer à tort l’impression qu’aucune vérification supplémentaire n’est nécessaire. 

Pour les joueurs belges, il s’agit d’un risque concret à prendre en compte. Un tableau présentant des noms de casinos et des affirmations sur leurs licences peut sembler soigneusement élaboré, mais la forme ne dit rien sur l’exactitude du contenu. Même une réponse accompagnée de sources doit être vérifiée : la source confirme-t-elle réellement l’affirmation concernant la licence, et concerne-t-elle le bon site internet ? 

Une clause de non-responsabilité en bas de page ne corrige pas automatiquement une qualification erronée. Lorsqu’un casino est présenté en haut comme disposant d’une licence belge, cela reste une affirmation factuelle importante. L’assistant doit d’abord être en mesure de l’étayer, au lieu de se contenter ensuite de conseiller à l’utilisateur de rester prudent. 

La Belgique connaît déjà des cas de tromperie utilisant des noms de casinos connus 

Le marché belge a déjà été confronté à des informations en ligne qui suggèrent une certaine fiabilité sans réellement l’offrir. Gambling Club a récemment fait état de plus de vingt faux sites utilisant le nom PepperMill Casino. Certaines copies ressemblent au véritable site mais redirigent les visiteurs vers une autre plateforme. 

Ce dossier ne prouve aucune implication de l’IA. Il montre toutefois pourquoi il est important de vérifier le domaine exact. Si un assistant se contente de reconnaître le nom d’une marque connue et de citer un site qui lui ressemble, la vérification n’est pas terminée. L’adresse doit correspondre au véritable exploitant et à sa licence. 

Les réseaux sociaux constituent également déjà un important point d’attention. Selon les informations publiées dans le rapport annuel belge, plus de 8 500 publicités de jeux présumées illégales ont été signalées à Meta en 2025 avec une demande de suppression. Ce nombre de signalements ne doit pas être assimilé à un nombre équivalent de suppressions définitives confirmées. 

Notre article sur la lutte belge contre les publicités illégales pour les jeux d’argent sur Facebook et Instagram évoque également l’utilisation abusive de noms et de logos connus. Un chatbot peut constituer un autre canal d’information. La question est de savoir s’il parvient à distinguer suffisamment les informations trompeuses des données officielles avant de les intégrer dans une réponse. 

L’absence de protection ne devrait pas figurer dans une liste d’avantages 

Le KVA décrit des réponses dans lesquelles l’absence de contrôle d’identité, l’absence de contrôle Cruks et des bonus plus élevés étaient présentés comme des caractéristiques attractives. Pour un consommateur, cela peut donner l’impression de moins de formalités ou de davantage de liberté pour jouer. Mais l’absence de contrôles obligatoires ne doit pas être confondue avec un meilleur service. 

Dans une évaluation belge, il faudrait commencer par la question inverse : quelles protections doivent faire partie de l’offre légale, et lesquelles manquent ? Un contrôle d’exclusion existe précisément pour protéger certaines personnes contre la poursuite du jeu. Un assistant qui présente positivement son absence donne une image trompeuse de la fonction de cette mesure. 

Cela est d’autant plus pertinent que le régulateur belge met déjà en garde contre la visibilité de l’offre illégale. Gambling Club a relayé l’avertissement de Magali Clavie, présidente de la Commission des jeux de hasard, concernant le marché illégal. Le débat sur l’IA doit donc être relié aux problèmes existants de tromperie et de protection des joueurs. 

L’étude néerlandaise ne mesure toutefois pas combien de joueurs supplémentaires arrivent sur des sites illégaux par l’intermédiaire de l’IA. Elle ne calcule pas non plus les dommages causés en Belgique. De telles affirmations nécessiteraient des recherches supplémentaires. Ce qui est déjà visible, en revanche, c’est un problème d’information qui peut avoir de lourdes conséquences pour les utilisateurs vulnérables. 

Ce que les fournisseurs d’IA devraient vérifier pour la Belgique 

La première amélioration consiste à effectuer un contrôle clair du pays concerné. Une réponse sur les jeux d’argent en ligne doit savoir pour quelle juridiction l’utilisateur cherche des informations. Une question en néerlandais n’est pas automatiquement une question concernant les Pays-Bas. Les utilisateurs belges n’ont aucun intérêt à recevoir une affirmation sur une licence valable uniquement ailleurs. 

L’assistant devrait ensuite vérifier les informations relatives aux licences auprès d’une source officielle et à jour. Cela inclut à la fois l’exploitant et le domaine exact. Si cette vérification fait défaut, la réponse doit mentionner cette incertitude. Une supposition basée sur un nom de marque ne doit pas être transformée en affirmation catégorique selon laquelle un opérateur dispose d’une licence belge. 

Le ton mérite également de l’attention. Une explication factuelle d’une décision de sanction peut contenir des noms sans pour autant inciter les visiteurs à jouer. Une recommandation qui présente l’absence de contrôle d’exclusion comme un avantage doit être évaluée différemment. Cette distinction permet de conserver les informations utiles tout en luttant contre les recommandations trompeuses. 

Un test belge devrait en outre inclure des questions en néerlandais et en français, avec des mesures répétées et des paramètres consignés. Il s’agit d’une proposition pour des recherches ultérieures. Les résultats du KVA restent quant à eux un instantané de conversations portant sur le marché néerlandais. 

Que faire si vous avez déjà atterri sur le mauvais site ? 

Si une recommandation vous a dirigé vers un site suspect, ne déposez pas d’argent supplémentaire pour tenter de débloquer un retrait soi-disant bloqué. Conservez l’adresse exacte du site, les messages pertinents et les informations de paiement. En cas de soupçon de fraude liée au paiement, vous pouvez discuter avec votre banque des mesures appropriées. 

Gambling Club propose un guide expliquant que faire après avoir joué sur un casino illégal en Belgique. Les possibilités qui s’offrent à vous dépendent des circonstances et du moyen de paiement ; un remboursement n’est pas garanti. 

La leçon belge tirée de l’étude du KVA commence encore plus tôt, dès la première réponse affichée à l’écran. Une liste claire et une explication formulée avec assurance ne constituent pas un contrôle de licence. Pour un joueur belge, l’information déterminante doit porter sur l’autorisation belge du site exact. Tant qu’un assistant ne peut pas l’établir de manière fiable, sa recommandation doit encore être vérifiée. 

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Dans le monde de Gambling Club, Ron est un journaliste dévoué spécialisé dans l'actualité des casinos aux Pays-Bas. Il allie son regard aiguisé sur l’industrie du jeu vidéo à une passion profonde pour le sport.

Grâce à sa nature curieuse et son souci du détail, Ron se concentre sur la description des tendances et des transformations au sein de l'industrie des casinos néerlandaise, intégrant parfaitement son expertise sportive.

Fort d’années d’expérience dans le journalisme, allant du reportage local aux projets d’enquête à grande échelle, il propose à ses lecteurs des analyses nuancées et approfondies. Il révèle ainsi les fascinantes intersections entre le jeu et le sport.

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