Meta travaille sur une application dédiée aux marchés prédictifs alors que la pression juridique s’intensifie
Selon le New York Times, Meta travaille en coulisses sur sa propre application dédiée aux marchés prédictifs. Cette application serait distincte de Facebook et d’Instagram et permettrait aux utilisateurs de faire des pronostics sur des événements futurs.
Le développement de cette application intervient à un moment particulier.
La semaine dernière, l’association professionnelle VNLOK a annoncé qu’elle engageait une action en justice contre Meta pour la diffusion de publicités illégales liées aux jeux d’argent sur Facebook et Instagram. De plus, l’organisation a déposé une plainte auprès de la Commission européenne concernant des violations présumées de la loi sur les services numériques (DSA).
« Arena » devrait devenir la nouvelle plateforme de pronostics de Meta
Selon le New York Times, le projet est connu en interne sous le nom d’« Arena ». Les utilisateurs pourraient faire des pronostics sur un large éventail de sujets, notamment les élections, les rencontres sportives et l’évolution de la situation économique.
Pour l’instant, Meta ne semble pas opter pour un modèle permettant aux utilisateurs de parier avec de l’argent réel, selon le New York Times. L’application fonctionnerait selon un système de points. Selon le journal, Meta n’exclut pas la possibilité d’ajouter des paris en argent réel à un stade ultérieur.
Cette décision permettrait, pour l’instant, à l’entreprise de prendre une certaine distance par rapport aux débats juridiques et réglementaires que les marchés de prédiction suscitent à l’échelle mondiale.
Des plateformes telles que Polymarket et Kalshi ont démontré ces dernières années qu’il existe un intérêt considérable pour les marchés sur lesquels les utilisateurs spéculent sur des événements politiques, économiques et sociaux.
Deuxième tentative de Meta
Le concept n’est pas nouveau pour Meta.
En 2020, l’entreprise avait lancé Forecast, une expérience dans laquelle les utilisateurs pouvaient faire des pronostics, notamment sur la pandémie de COVID-19 et d’autres enjeux sociaux. Ce projet a été abandonné en 2022.
Avec Arena, Meta semble une nouvelle fois chercher à prendre pied sur un marché qui se situe de plus en plus à la croisée des marchés financiers, des paris sportifs et des jeux d’argent en ligne.
La VNLOK intensifie la pression sur Meta
L’annonce concernant Arena intervient alors que Meta fait face à des critiques croissantes de la part du secteur des jeux d’argent aux Pays-Bas.
La VNLOK affirme que les opérateurs de jeux d’argent illégaux utilisent massivement Facebook et Instagram pour atteindre les consommateurs néerlandais. Selon l’association professionnelle, Meta ne fait pas assez pour bloquer ces publicités.
L’organisation souhaite que les tribunaux statuent que Meta manque à ses obligations au titre de la DSA et exige des mesures supplémentaires contre les publicités pour les jeux d’argent illégaux.
À cet égard, la VNLOK fait état d’un marché illégal en pleine expansion qui, selon l’association professionnelle, a désormais atteint une ampleur comparable à celle du marché légal des jeux d’argent en ligne.
Critiques à l’encontre du rôle de Meta
Le débat sur le rôle de Meta dans les jeux d’argent illégaux fait rage depuis un certain temps déjà.
Reuters avait précédemment rapporté, en s’appuyant sur des documents internes, que Meta tirait des milliards de dollars à l’échelle mondiale de publicités pour des jeux d’argent illégaux et d’autres campagnes frauduleuses.
Si Meta décidait à l’avenir d’étendre Arena pour y inclure les paris en argent réel, l’entreprise risquerait de faire l’objet d’une surveillance encore plus étroite de la part des régulateurs et des décideurs politiques.

