Parier n’est pas sans danger : La CJH veut protéger les joueurs
À l’approche de la Coupe du Monde de football 2026, la Commission des jeux de hasard (CJH) rappelle que les paris sportifs, en forte progression en Belgique, ne sont pas sans danger. Dans un communiqué daté du 10 juin 2026, l’autorité de régulation appelle les joueurs à la prudence, insiste sur l’usage exclusif des sites légaux et met en avant les outils d’exclusion disponibles.
Une popularité qui grandit en Belgique
Les paris sportifs occupent une place de plus en plus importante dans les habitudes de jeu en Belgique. Rien que sur les sites de paris agréés, près de 500.000 comptes joueurs actifs sont recensés. Ce chiffre montre l’ampleur du phénomène, mais aussi l’enjeu de protection qui l’accompagne.
86 % du revenu brut des jeux lié aux paris concerne les paris sportifs. Parmi eux, trois quarts portent sur le football. Autrement dit, ce sport concentre à lui seul une grande partie de l’activité de pari dans le pays.
Chaque grand rendez-vous footballistique provoque une hausse spectaculaire de l’activité. L’expérience récente de l’EURO 2024 l’a montré : pendant cette compétition, 109.029 comptes joueurs ont été créés et 31.481 nouveaux joueurs se sont inscrits. À l’approche de la Coupe du Monde de football 2026, la Commission des jeux de hasard anticipe donc un nouveau pic d’activité.
La présidente de la Commission des jeux de hasard, Magali Clavie, souhaite rappeler que les paris sportifs ne doivent pas être banalisés. Dans le communiqué, elle insiste sur la nécessité de préserver leur caractère récréatif.
« Si les paris sportifs peuvent être amusants, ils comportent également des risques réels, financiers comme personnels et ils doivent impérativement être pratiqués de manière responsable. Notre priorité est et reste la protection des joueurs. À l’occasion de la Coupe du Monde, nous voulons faire passer un triple message pour que les paris puissent rester purement récréatifs et que le jeu ne devienne pas problématique. »
1 : jouer uniquement sur des sites belges légaux
Le premier message de la Commission des jeux de hasard est simple : les joueurs doivent utiliser uniquement des sites belges légaux. La Belgique compte 25 sites de paris sportifs agréés.
Ces sites sont soumis à des obligations strictes destinées à protéger les joueurs. Leur activité est encadrée, surveillée et régulée. La liste des sites autorisés est disponible sur le site de la Commission des jeux de hasard.
Cette précision est essentielle, car tous les autres sites sont illégaux en Belgique. Certains peuvent paraître attractifs, proposer une interface soignée ou donner l’impression d’être fiables. Mais selon la Commission, y jouer expose à des risques importants.
2 : Miser seulement ce que l’on peut perdre
La Commission insiste sur une règle de base : ne miser que des montants que l’on peut perdre sans difficulté. Le pari ne doit pas mettre en danger un budget personnel, familial ou professionnel. Il ne doit pas non plus devenir un moyen espéré de compenser une difficulté financière.
La Commission rappelle aussi un point important pour les amateurs de football : connaître le sport ne permet pas de déjouer le hasard. Même une excellente connaissance des équipes, des joueurs ou des compétitions ne garantit jamais le résultat d’un match.
3 : Quand le jeu devient problématique
Selon la Commission, plusieurs signes peuvent indiquer qu’un jeu devient problématique. Dépenser plus que prévu en fait partie. Ce signal est particulièrement important, car il montre que le joueur perd le contrôle de la limite qu’il s’était fixée.
La culpabilité est un autre indicateur. Si une personne ressent un malaise après avoir parié, si elle cache ses mises ou si elle regrette régulièrement ses décisions, le pari n’est peut-être plus une activité récréative. Les remarques de proches constituent aussi un signal à prendre au sérieux. L’entourage perçoit parfois plus rapidement les changements de comportement, les tensions ou l’obsession grandissante autour du jeu.
Enfin, la Commission évoque le fait de privilégier les paris au détriment d’autres activités. Lorsque le pari prend la place des loisirs, du travail, de la famille, des relations sociales ou d’autres obligations, le déséquilibre devient préoccupant.
Les outils de protection
Les opérateurs légaux permettent aux joueurs de s’auto-exclure temporairement de leurs plateformes. La Commission des jeux de hasard met également en avant EPIS, son outil d’exclusion. Cet outil permet de bloquer, en quelques clics, l’accès aux jeux et aux paris partout en Belgique.
La Commission des jeux de hasard renvoie aussi vers son site arretezvousatemps.be. Ce portail rassemble les informations utiles sur les sites légaux, le jeu responsable, les risques liés aux sites illégaux, les possibilités d’exclusion et les services d’aide disponibles.
Le message envoyé par la Commission des jeux de hasard avant la Coupe du Monde 2026 est clair. Les paris sportifs peuvent être perçus comme un divertissement, mais ils comportent des risques réels. Le succès du football, la popularité des compétitions internationales et la facilité d’accès aux plateformes en ligne peuvent renforcer ces risques.

