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Verlinden accuse les clubs de manquer de responsabilité 

La ministre de la Justice Annelies Verlinden critique l’attitude de certains clubs sportifs belges face au durcissement des règles encadrant la publicité pour les jeux de hasard. Son cabinet leur reproche de ne pas avoir suffisamment profité de la longue période de transition pour chercher de nouvelles sources de financement et dénonce un manque de responsabilité sociale. 

Des noms alternatifs qui relancent la controverse 

Des opérateurs comme Circus et Unibet exploitent des sites consacrés à l’actualité et au sport. Ces marques alternatives peuvent ensuite apparaître dans le cadre de partenariats sportifs. Cette situation permet à ces noms d’être visibles dans les stades, alors que la publicité directe pour les jeux de hasard y est interdite. 

Le cabinet d’Annelies Verlinden ne déclare pas lui-même ces pratiques illégales. Il souligne que cette appréciation relève de la Commission des jeux de hasard. C’est à cette dernière qu’il appartient de déterminer si l’utilisation de noms alternatifs dans des dispositifs publicitaires constitue une infraction à la réglementation. 

L’existence d’un lien entre un média sportif et une entreprise active dans les jeux de hasard ne suffit pas, dans les éléments disponibles, à établir automatiquement une violation de la loi. La question est de savoir si la visibilité obtenue sous une autre appellation revient, dans les faits, à promouvoir l’opérateur concerné. La Commission des jeux de hasard souhaiterait une réécriture de la législation afin de mieux combattre ce qu’elle considère comme de la publicité déguisée. 

La ministre de la Justice cible aussi les clubs 

La réaction du cabinet de la ministre dépasse cependant le seul débat juridique. Annelies Verlinden adresse également un reproche aux clubs sportifs. Ceux-ci disposent d’une période de transition avant la disparition du parrainage des maillots par les opérateurs de jeux d’argent. Pour le cabinet de la ministre, cette période aurait dû être mise à profit afin de rechercher activement d’autres partenaires financiers. 

« Il est particulièrement regrettable que les clubs sportifs, entre autres, ne profitent pas de cette très longue période de transition de quatre ans et demi pour rechercher d’autres sponsors », affirme le cabinet d’Annelies Verlinden. 

La publicité pour les jeux de hasard dans les stades est déjà interdite. Une autre étape importante interviendra en 2028, lorsque le parrainage des maillots par les sociétés de jeux d’argent sera lui aussi interdit. 

D’ici là, ce type de parrainage reste possible, mais uniquement dans le respect de conditions strictes. La taille du logo ne peut pas dépasser 72 cm². Il ne peut pas non plus être placé sur le devant du maillot. 

Ces restrictions instaurent une disparition progressive de la visibilité accordée aux opérateurs de jeux d’argent dans le sport. La période actuelle constitue une phase intermédiaire pendant laquelle certains partenariats restent autorisés, mais dans un cadre beaucoup plus contraignant. 

Pour le cabinet d’Annelies Verlinden, cette transition aurait dû encourager les clubs à préparer leur financement futur plutôt qu’à chercher des moyens de conserver, directement ou indirectement, les partenaires issus du secteur des jeux de hasard. 

« Un manque de responsabilité sociale » 

La critique formulée par la ministre ne se limite pas à une question de respect des règles.  

« Tout cela témoigne d’un manque de responsabilité sociale, notamment envers les groupes vulnérables exposés au risque de dépendance au jeu », estime son cabinet. 

Dans la logique défendue par la ministre, les organisations sportives doivent également prendre en considération les conséquences de la visibilité accordée au secteur des jeux d’argent. Le sujet oppose ainsi deux réalités : les intérêts économiques liés au parrainage et la volonté politique de limiter l’exposition du public aux jeux de hasard. 

Le cabinet de la ministre estime manifestement que la longue période de transition devait permettre de concilier ces deux impératifs en donnant aux clubs suffisamment de temps pour trouver de nouveaux partenaires. Or, les stratégies utilisant des marques alternatives donnent à la ministre le sentiment que cette transition n’est pas utilisée comme prévu. 

Circus Daily rejette l’idée d’un contournement 

Face à ces critiques, la position de Circus Daily est différente. Interrogée sur la nature du site, sa responsable de la communication affirme que « Circus Daily a été développé comme un véritable projet de média sportif ». 

Elle assure également que la législation est respectée et rejette toute volonté de contourner l’interdiction. 

Un professeur de management du sport parle de « couverture » 

L’interprétation de Circus Daily n’est cependant pas partagée par tous les observateurs. 

Bram Constandt, professeur de management du sport à l’université de Gand, adopte une lecture beaucoup plus critique de ces sites. 

« Ce type de site d’information sert de couverture, et nous le constatons de manière de plus en plus flagrante depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction de la publicité pour les jeux d’argent », affirme-t-il. 

Le débat ne concerne donc plus seulement la présence d’un logo associé explicitement aux paris ou aux jeux de hasard. Il porte également sur des marques dont l’activité visible peut être médiatique, mais qui restent liées à des entreprises du secteur. 

Une bataille autour de l’esprit de la réglementation 

La période de transition de quatre ans et demi devait leur laisser le temps de se tourner vers d’autres sponsors. Or, la persistance de partenariats liés, directement ou indirectement, aux entreprises du secteur alimente désormais les critiques. 

Pour Annelies Verlinden, la responsabilité des acteurs sportifs ne s’arrête en tout cas pas au strict respect juridique. Son cabinet leur demande de prendre également en compte les personnes vulnérables face au risque de dépendance aux jeux de hasard. 

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