La consigne devient une loterie aux Pays-Bas
Depuis le 15 août 2026, les consommateurs néerlandais peuvent utiliser l’argent récupéré grâce à la consigne de leurs bouteilles et canettes pour acheter des billets de loterie à 0,25 euro. Une formule inhabituelle qui associe recyclage, incitation comportementale et jeu d’argent, avec une récompense maximale de 10 000 euros nets.
Un choix simple : récupérer 25 centimes ou tenter sa chance
Que faire des 25 centimes récupérés après avoir rendu une bouteille ou une canette consignée ? Aux Pays-Bas, une nouvelle possibilité est désormais proposée : transformer cette somme en billet de loterie. Le consommateur peut conserver son argent, l’accumuler dans son portefeuille numérique ou l’utiliser pour participer à une loterie mensuelle. Pour chaque tranche de 0,25 euro, il est possible d’acheter un billet.
Jusqu’à 10 000 euros nets à gagner
La récompense la plus importante annoncée atteint 10 000 euros nets.
Mais elle n’est pas la seule. Plusieurs niveaux de gains sont prévus, avec des sommes de 1 000 euros, 500 euros, 250 euros, 50 euros, 25 euros, 10 euros et 5 euros.
Le détail exact des récompenses doit être annoncé avant chaque tirage.
Le montant des récompenses prévu pour un tirage n’est pas automatiquement modifié en fonction du nombre de billets vendus. Les récompenses annoncées doivent donc être attribuées même lorsque le nombre de billets vendus est relativement faible.
Pourquoi le nombre de participants sera décisif
Pour l’instant, aucune probabilité fixe du type « une chance sur cent » n’est annoncée.
La raison est simple : les gagnants sont tirés parmi les billets réellement vendus. La probabilité dépend donc simultanément du nombre de billets en circulation et du nombre de récompenses disponibles lors du tirage concerné.
Si 100 000 billets participent, les chances ne sont évidemment pas les mêmes que si un million de billets sont enregistrés.
Acheter plusieurs billets augmente également le nombre de participations au tirage. Une personne possédant 100 billets dispose de 100 numéros participants, contre un seul pour quelqu’un qui n’en a acheté qu’un.
Une loterie pensée pour encourager le retour des emballages
Les Pays-Bas ont pour objectif de collecter 90 % des bouteilles de boissons en plastique et des canettes concernées. Or cet objectif n’est pas atteint.
Face à cette situation, différentes mesures ont été envisagées, parmi lesquelles une augmentation possible du montant de la consigne.
La loterie s’inscrit finalement dans un autre type de réponse : plutôt que d’augmenter uniquement la somme remboursée, elle cherche à rendre le retour des emballages plus attractif grâce à la possibilité d’obtenir un gain supérieur.
Au moins 40 % des recettes pour des associations
L’argent dépensé dans les billets ne sert pas uniquement à financer les gains. Au moins 40 % des recettes sont destinées à des organisations engagées contre la pollution plastique et les déchets abandonnés dans l’environnement.
Deux organismes sont notamment cités : la fondation Plastic Whale et la fondation Plastic Soup.
Une formule prévue initialement pour six mois
Le programme doit pour l’instant fonctionner pendant six mois, avec un tirage chaque mois. Cette durée lui donne également une dimension expérimentale.
Le véritable enjeu ne se limite pas au nombre de gagnants. Il faudra surtout déterminer si l’existence d’une récompense potentielle pousse effectivement davantage de consommateurs à rapporter leurs bouteilles et leurs canettes.
Une idée séduisante, mais encore difficile d’accès
Sur le plan conceptuel, le dispositif est relativement simple : utiliser la perspective d’un gain pour rendre le retour des emballages plus attractif, tout en reversant au moins 40 % des recettes à des organisations engagées contre la pollution plastique.
Sur le terrain, son principal point faible semble actuellement être le nombre limité de machines permettant de transférer directement la consigne vers l’application. Sans ce transfert, impossible d’utiliser le remboursement pour acheter un billet. La réussite du programme dépendra donc probablement autant de l’accessibilité technique que de l’attrait du gain de 10 000 euros.

