Seuls les opérateurs de jeux d’argent publics resteront-ils visibles à l’avenir ?
Les Pays-Bas s’apprêtent à adopter une législation plus stricte en matière de publicité pour les jeux d’argent. Mais qui restera visible une fois que les opérateurs commerciaux auront disparu ?
Le gouvernement néerlandais passe à la vitesse supérieure dans sa lutte contre la publicité pour les jeux d’argent.
Les publicités télévisées ont déjà disparu des écrans. Les publicités radiophoniques ont suivi. La publicité extérieure a été interdite. Le parrainage sportif par les sociétés de jeux d’argent en ligne est sur le point de disparaître complètement. On parle désormais de restrictions encore plus strictes pour les opérateurs de jeux d’argent en ligne.
L’objectif est clair : réduire l’exposition à la publicité pour les jeux d’argent et renforcer la protection des joueurs vulnérables.
Pourtant, une question continue de planer de plus en plus fortement sur le marché.
Si les opérateurs commerciaux agréés ne sont bientôt plus autorisés à être visibles pratiquement nulle part, qui restera-t-il ?
Les loteries s’en sortiront-elles indemnes ?
Pour de nombreux Néerlandais, la réponse est simple.
La Staatsloterij.
La VriendenLoterij.
La Postcode Lottery.
Ces loteries ont traditionnellement été exemptées de bon nombre des restrictions les plus strictes qui s’appliquent aux casinos en ligne et aux bookmakers. La raison est bien connue. Les décideurs politiques considèrent les loteries comme des produits présentant un risque moindre de jeu compulsif.
Cela crée un contraste frappant.
Alors que les casinos en ligne et les paris sportifs disparaissent de plus en plus des centres-villes, les loteries restent bien présentes à la télévision, dans les campagnes en ligne, via le parrainage et d’autres activités marketing.
Cela soulève une question fondamentale.
Si la publicité pour les jeux d’argent est jugée indésirable, pourquoi cela ne s’applique-t-il pas à toutes les formes de jeux d’argent ?
Un débat qui a également lieu en Belgique
Les Pays-Bas ne sont pas les seuls concernés.
En Belgique aussi, la réglementation relative à la publicité pour les jeux d’argent a été considérablement renforcée ces dernières années. Les opérateurs en ligne agréés ont de moins en moins la possibilité de promouvoir leurs services.
Dans le même temps, la Loterie nationale est restée très présente dans la sphère publique.
Cela a donné lieu à un débat similaire à celui qui a lieu aux Pays-Bas.
Les détracteurs se demandent si, en accordant de telles exceptions, le gouvernement limite réellement la visibilité des jeux d’argent, ou si l’attention se déplace simplement des opérateurs commerciaux vers les jeux de hasard gérés par l’État.
Les partisans de la politique actuelle soulignent que les loteries présentent un profil de risque différent de celui des casinos en ligne et des paris sportifs. Selon eux, cela justifie un traitement différent.
Les opposants y voient toutefois avant tout une inégalité des chances.
Le risque des titulaires de licence invisibles
Le débat dépasse désormais le simple cadre de la publicité.
Les autorités de régulation soulignent régulièrement l’importance de l’orientation des joueurs : ceux-ci doivent être dirigés vers des opérateurs agréés, soumis à une surveillance et tenus de protéger les joueurs.
Selon de nombreux acteurs du marché, c’est précisément là que réside le problème.
Lorsque les opérateurs légaux deviennent pratiquement invisibles, il devient plus difficile pour les consommateurs de faire la distinction entre les opérateurs réglementés et les sites illégaux.
Ces opérateurs illégaux ne tiennent guère compte des interdictions nationales de publicité, des obligations de diligence ou de la protection des joueurs.
C’est précisément pour cette raison que divers experts avertissent qu’une interdiction totale de la publicité pourrait avoir des conséquences imprévues.
Après tout, moins de publicité ne signifie pas automatiquement moins de demande.
Au-delà d’un simple débat sur le marketing
Le cœur du débat se situe ailleurs.
Le gouvernement doit-il traiter toutes les formes de jeux d’argent de la même manière ?
Ou est-il justifié d’accorder un statut exceptionnel aux loteries, car elles sont considérées comme moins risquées ?
Cette question ne se pose pas uniquement aux Pays-Bas.
La Belgique est elle aussi confrontée à ce même exercice d’équilibre entre protection des consommateurs, forces du marché et visibilité.
Car lorsque presque tous les opérateurs agréés disparaissent de la scène, le débat se porte naturellement sur ceux qui sont autorisés à rester visibles.

