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BAGO alerte sur les jeux illégaux face aux chiffres de Sciensano

Les derniers chiffres de Sciensano sur les jeux de hasard en Belgique montrent une stabilité des comportements de jeu à risque depuis plus de cinq ans. Pour BAGO, ces données confirment surtout la nécessité d’une politique publique plus cohérente, centrée sur l’offre illégale, la protection des joueurs et l’application effective des règles.

Des chiffres qui relancent un débat sensible

Selon la dernière Enquête de santé de Sciensano, la prévalence des comportements de jeu à risque reste stable depuis plus de cinq ans. Elle s’établit à 2,6 % de la population belge. Parmi les joueurs, 0,6 % présentent un risque élevé de développer un comportement problématique.

Dans un marché composé de loteries, de paris, de casinos, de salles de jeux, de sites agréés et d’acteurs illégaux, la lecture des chiffres exige de la précision. Neuf joueurs belges sur dix participent à des jeux de loterie. Cette donnée occupe une place centrale dans l’analyse de BAGO, car elle montre une différence de traitement entre plusieurs catégories d’acteurs. Pour l’association, il faut regarder qui est soumis aux restrictions, qui en est exempté et qui agit en dehors de tout cadre contrôlable.

Une exposition publicitaire réelle, mais fragmentée

L’Enquête de santé met également en évidence l’exposition de la population à la publicité et au sponsoring liés aux jeux de hasard, aux paris et aux loteries. 52,2 % de la population déclare être exposée chaque semaine à au moins une forme de publicité pour les jeux de hasard. Cette exposition se fait notamment par la télévision, les sites internet ou les réseaux sociaux.

BAGO insiste sur un élément : cette exposition ne peut pas être attribuée automatiquement aux seuls opérateurs privés agréés. L’enquête ne distingue pas l’offre légale du marché illégal. Elle ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier précisément l’origine de toutes les publicités vues par les répondants.

Le sponsoring présente, lui aussi, un tableau plus nuancé. Environ un Belge sur dix rapporte une exposition fréquente au sponsoring lié aux jeux de hasard. À l’inverse, quatre Belges sur dix disent y être peu ou pas exposés. L’exposition s’inscrit dans un paysage publicitaire fragmenté, où plusieurs canaux se superposent.

La télévision, le sport et la couverture médiatique sportive restent des points de contact dominants pour le sponsoring. Les réseaux sociaux et les influenceurs jouent également un rôle croissant. Cette évolution rend le contrôle plus complexe, en particulier lorsque certains messages proviennent d’acteurs non agréés ou de canaux numériques difficiles à encadrer.

Les hommes et les groupes d’âge plus jeunes déclarent une exposition plus élevée que les femmes et les groupes plus âgés. Ce constat correspond aux observations internationales sur la portée publicitaire et l’utilisation des plateformes numériques. Il souligne aussi la nécessité d’une politique qui tienne compte des publics réellement exposés, plutôt que de mesures générales dont l’efficacité pourrait rester limitée.

Un cadre belge parmi les plus stricts d’Europe

Pour comprendre les chiffres de Sciensano, il faut les replacer dans le cadre juridique actuel. Depuis le 1er juillet 2023, la Belgique applique l’un des régimes les plus stricts d’Europe en matière de publicité pour les jeux de hasard.

Pour les opérateurs privés agréés, la publicité est aujourd’hui interdite à la télévision, à la radio, dans les journaux et magazines, sur les réseaux sociaux, ni par courrier, courriel ou message téléphonique. Des exceptions limitées demeurent possibles, par exemple dans les points de vente propres, sur le site internet de l’opérateur ou, sous conditions, à travers certaines annonces ciblées dans les moteurs de recherche.

Cette sévérité place les opérateurs agréés dans une situation très encadrée. Elle répond à un objectif de protection, mais elle entraîne aussi une conséquence que BAGO juge préoccupante : la visibilité de l’offre légale peut diminuer au profit d’acteurs moins contrôlés, voire totalement illégaux.

La visibilité de l’offre agréée n’est pas seulement une question commerciale. Elle relève aussi de la protection du joueur. Dans un cadre légal, des mécanismes existent : contrôle de l’âge, système d’exclusion, limites, suivi, devoir de vigilance et contrôle par les autorités compétentes. Ces outils ne peuvent être appliqués efficacement que si les joueurs se dirigent vers une offre reconnue et surveillée.

Ce que BAGO demande aux responsables politiques

Pour BAGO, les chiffres de Sciensano appellent une politique ciblée, cohérente et réellement applicable. L’association considère que l’exposition à la publicité et au sponsoring liés aux jeux de hasard reste une réalité sociale, mais qu’elle ne provient pas exclusivement des opérateurs privés agréés.

Elle identifie trois priorités : renforcer la lutte contre les opérateurs illégaux, garantir des règles publicitaires cohérentes pour tous les produits de jeux de hasard, et préserver une visibilité claire de l’offre agréée.

BAGO plaide également pour un renforcement de la Commission des jeux de hasard. L’objectif est de lui permettre d’agir plus efficacement contre les opérateurs illégaux. Cette demande s’inscrit dans une logique d’application des règles plutôt que dans une simple logique d’interdiction supplémentaire.

Une politique de protection ne peut ignorer l’origine du risque

Les chiffres de Sciensano confirment une réalité complexe. Le jeu à risque existe, mais sa prévalence reste stable à 2,6 %. L’exposition publicitaire existe aussi, avec plus de la moitié de la population déclarant être exposée chaque semaine à au moins une forme de publicité liée aux jeux de hasard. Mais cette exposition provient d’un environnement diversifié, où se mêlent loteries, sponsoring, canaux sportifs, réseaux sociaux, opérateurs agréés et acteurs illégaux.

C’est précisément cette complexité qui rend le débat politique délicat. Une mesure peut paraître protectrice sur le papier, tout en produisant des effets inverses si elle réduit la visibilité de l’offre contrôlée et laisse davantage d’espace aux acteurs non encadrés.

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