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Judges hammer used for declaring outcome judgement.

Luigi Faneyte gagne son procès à Curaçao 

Le tribunal de première instance de Curaçao a rejeté, le 2 novembre 2026, l’ensemble des demandes déposées contre Luigi Faneyte par Mario Fiorini, Phaedra Hanst et IGA Trust B.V. Le journaliste d’investigation et enquêteur judiciaire peut maintenir ses publications concernant de possibles irrégularités dans le secteur des jeux d’argent en ligne. 

Une victoire judiciaire dans une affaire sensible 

La justice de Curaçao vient de trancher un litige opposant Luigi Faneyte à plusieurs acteurs liés au secteur des jeux d’argent. Au cœur du dossier : des publications évoquant de possibles faits de corruption, de fraude et de conflits d’intérêts dans l’industrie locale. 

Les plaignants, Mario Fiorini, Phaedra Hanst et la société IGA Trust B.V., estimaient que les déclarations de Faneyte portaient atteinte à leur réputation. Ils réclamaient la suppression des publications contestées, leur rectification ainsi qu’une interdiction de tenir des propos similaires à l’avenir. 

Leur demande comprenait également une avance de 130 000 florins caribéens, soit environ 65 000 euros, sur les dommages et intérêts réclamés. 

Mais le tribunal a écarté toutes ces exigences dans son jugement du 2 novembre 2026. 

Pourquoi le tribunal a-t-il donné raison à Luigi Faneyte ? 

La décision repose notamment sur l’intérêt public des questions soulevées par l’enquêteur. Selon le tribunal, les publications litigieuses concernent les relations entre les autorités de Curaçao et l’industrie des jeux d’argent en ligne. Ce sujet présente une importance particulière dans un territoire engagé dans une réforme de son système de réglementation. 

Les magistrats ont considéré que Luigi Faneyte remplissait une fonction de surveillance et d’information du public. Son travail critique s’inscrit ainsi dans un débat concernant la transparence des décisions administratives et les pratiques du secteur. 

Un autre élément a pesé dans l’appréciation du tribunal : la participation de Mario Fiorini au débat public. En février 2024, celui-ci avait été présenté comme investisseur lors d’une réunion d’information devant le Parlement de Curaçao. Il s’était également exprimé publiquement en qualité de représentant d’IGA Group. 

Pour la justice, une personne qui intervient volontairement dans un débat d’intérêt général doit accepter un niveau de critique plus important qu’un particulier qui ne recherche pas l’attention publique. 

Des accusations suffisamment étayées, mais pas prouvées 

Le rejet des demandes ne signifie pas que les accusations formulées par Luigi Faneyte ont été confirmées par la justice. 

Le tribunal devait déterminer si ses déclarations reposaient sur des éléments factuels suffisants pour justifier leur diffusion et si elles constituaient un comportement illicite à l’égard des plaignants. 

Les investigations de Faneyte portaient notamment sur l’attribution de licences de jeux d’argent et sur l’adoption de la nouvelle législation encadrant ce secteur à Curaçao. En novembre et décembre 2024, il avait déposé des plaintes concernant de possibles irrégularités liées à ces procédures. L’ancien organisme de contrôle des jeux de Curaçao avait alors qualifié ses accusations de fausses. 

Le tribunal a néanmoins estimé que l’enquêteur disposait de raisons suffisantes pour soulever des interrogations concernant la rapidité de délivrance de certaines licences et l’intervention de conseillers externes. Ses publications relatives à IGA Group, à la plateforme de jeux BC.Game ainsi qu’aux faillites des sociétés BlockDance B.V. et Small House B.V. ont également été jugées suffisamment étayées pour permettre leur traitement critique. 

La justice refuse aussi la demande de Luigi Faneyte 

Si Luigi Faneyte a obtenu gain de cause face aux plaignants, il n’a pas remporté l’intégralité de sa propre bataille judiciaire. L’enquêteur avait également présenté une demande reconventionnelle. Il soutenait que la procédure engagée contre lui visait à l’intimider et à le réduire au silence. Il souhaitait que le tribunal reconnaisse le caractère abusif de cette action, qu’il considérait comme une procédure destinée à décourager la participation au débat public. 

Cette demande a été rejetée. 

Pour les magistrats, le fait que les plaignants aient perdu leur procès ne suffisait pas à démontrer qu’ils avaient abusé de leur droit d’agir en justice. Compte tenu de la gravité des accusations, ils étaient en droit de demander à un tribunal d’examiner la légalité des déclarations contestées. 

Sur le réseau professionnel LinkedIn, Luigi Faneyte a indiqué respecter cette conclusion. Il a reconnu le droit des parties adverses de soumettre ses propos à un examen judiciaire et rappelé que le tribunal n’avait constaté aucun abus de procédure. 

Luigi Faneyte salue une décision favorable à la liberté de la presse 

Après l’annonce du jugement, Luigi Faneyte a exprimé sa satisfaction sur Facebook. 

Il a présenté cette décision comme une victoire dépassant sa situation personnelle, estimant qu’elle représentait également un résultat important pour la liberté de la presse, les lanceurs d’alerte et les personnes engagées en faveur de la transparence à Curaçao. Il a notamment défendu l’idée que les chercheurs et enquêteurs critiques ne devraient pas être réduits au silence par des procédures judiciaires. 

Curaçao secoué par un piratage majeur du secteur des jeux d’argent 

La réforme des jeux d’argent à Curaçao fait également face à une importante affaire de piratage informatique. En septembre 2026, l’autorité de régulation des jeux d’argent de Curaçao (CGA) a révélé un accès non autorisé à son portail de gestion des licences. Selon une enquête journalistique internationale, des dizaines de milliers de documents confidentiels concernant 646 entreprises de jeux d’argent ont été obtenus, dévoilant notamment l’identité de propriétaires, des informations financières et des évaluations internes du régulateur.  

Ces révélations ont soulevé de nouvelles interrogations sur la transparence des procédures d’attribution des licences. Parmi les entreprises concernées figure l’exploitant du casino Stake, qui aurait obtenu une licence conditionnelle en juin 2025 alors que des questions subsistaient sur sa structure de propriété. Ces éléments ne démontrent toutefois pas que les autorisations accordées étaient illégales.  

Face à cette situation, la CGA a déposé plainte auprès des autorités de Curaçao, des Pays-Bas et d’Allemagne. Elle a également engagé des démarches pour limiter la diffusion des données confidentielles et lancé une enquête technique indépendante. Cette affaire, distincte du procès de Luigi Faneyte, ravive néanmoins les interrogations sur le contrôle et la transparence de l’industrie des jeux d’argent à Curaçao.

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